Yan Zhengzai(1984 — ?)
Álvaro García
Uruguay
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Yan Zhengzai (颜征在, vers 568–535 av. J.-C.) est la mère de Confucius, philosophe fondateur du confucianisme. Veuve très jeune, elle se consacra entièrement à l'éducation de son fils dans le royaume de Lu (actuelle Chine). Sa dévotion maternelle est célébrée comme un modèle dans la tradition confucéenne.
Faits marquants
- Née vers 568 av. J.-C. dans le royaume de Lu (actuelle province du Shandong, Chine)
- Épouse de Shuliang He, noble guerrier de Lu, avec qui elle eut Kong Qiu — futur Confucius — vers 551 av. J.-C.
- Veuve alors que Confucius était très jeune (moins de 3 ans selon certaines sources), elle l'éleva seule dans la pauvreté
- Elle encouragea activement l'instruction de Confucius malgré des ressources limitées, contribuant directement à la vocation intellectuelle de son fils
- Décédée vers 535 av. J.-C. ; Confucius, âgé d'environ 17 ans, lui rendit des funérailles solennelles qui marquèrent sa prise de conscience des rites
Œuvres & réalisations
La contribution principale de Yan Zhengzai à l'histoire est d'avoir éduqué seule son fils dans les rites, la musique et les traditions des Zhou, posant les fondements intellectuels et moraux du futur philosophe. Sans son dévouement, la pensée confucéenne — qui allait transformer la civilisation chinoise pendant vingt-cinq siècles — n'aurait peut-être jamais vu le jour.
Yan Zhengzai initia Confucius aux cérémonies rituelles fondamentales de la société des Zhou, notamment les rites funéraires, les offrandes aux ancêtres et les cérémonies saisonnières. Cette transmission pratique constitue l'une des sources directes de l'intérêt de Confucius pour les rites (li) tout au long de sa vie.
La vie de Yan Zhengzai, veuve courageuse se consacrant entièrement à l'éducation de son fils, est devenue un modèle de la mère vertueuse dans les textes moraux confucéens. Son exemple a influencé pendant des siècles les idéaux d'éducation familiale en Chine, aux côtés de figures comme la mère de Mencius.
Anecdotes
Yan Zhengzai épousa Shuliang He, un officier militaire du royaume de Lu réputé pour sa force extraordinaire, alors qu'il avait plus de soixante ans et qu'elle n'en avait qu'une vingtaine. Cette union, jugée irrégulière par les chroniqueurs de l'époque en raison de l'écart d'âge considérable, fut désignée par Sima Qian dans le Shiji par le terme 'union des champs' (野合, yěhé). C'est pourtant de cette union atypique que naquit Confucius, vers 551 av. J.-C.
Shuliang He mourut lorsque Confucius n'avait que trois ans environ, laissant Yan Zhengzai veuve très jeune avec un enfant en bas âge. Exclue de la famille officielle de son mari selon les règles du système lignager (zong fa), elle dut subvenir seule aux besoins de son fils dans le modeste quartier de Queli, à Qufu. Cette épreuve forgea en elle une détermination exceptionnelle pour assurer l'éducation et l'avenir de Confucius.
Yan Zhengzai initia très tôt son fils aux rites (禮, lǐ), ces pratiques cérémonielles fondamentales de la société chinoise antique. On rapporte que le jeune Confucius, encore enfant, aimait imiter les gestes des cérémonies qu'il observait avec sa mère, disposant de petits vases comme s'il officiait lors d'un banquet rituel. Cette initiation précoce est à l'origine de la passion du futur philosophe pour les questions de morale et d'ordre social.
Yan Zhengzai garda secrète l'identité et le lieu de sépulture du père de Confucius pendant toute sa vie. Ce n'est qu'après sa mort, alors que Confucius avait environ seize à vingt ans, qu'un inconnu lui indiqua enfin l'emplacement de la tombe à Fangshan, lui permettant de réunir les dépouilles de ses deux parents. Cet épisode, rapporté dans le Liji, illustre à la fois la fragilité de la situation sociale de Yan Zhengzai et le soin qu'elle prit de préserver son fils des complications familiales.
Après sa mort, Yan Zhengzai fut progressivement élevée au rang de figure exemplaire dans la tradition confucéenne. Les dynasties successives lui accordèrent des titres honorifiques posthumes ; sous les Song puis les Ming, elle reçut le titre de Qi Sheng Mu (启圣母), 'Mère qui a éveillé le Sage', reconnaissant officiellement son rôle fondamental dans la formation du plus grand philosophe de Chine.
Sources primaires
Shuliang He et une femme de la famille Yan s'unirent à Nishan. Yan Zhengzai porta Confucius et l'enfanta. À la naissance de Confucius, le sommet de sa tête était creux comme la colline Ni, c'est pourquoi on lui donna le prénom Qiu. Il reçut le nom de style Zhongni et porta le clan Kong.
Zhongni dit : 'Autrefois, ma mère est morte alors que je ne connaissais pas encore la tombe de mon père. Je ne pouvais donc pas les enterrer ensemble.' Un inconnu lui indiqua l'emplacement de la tombe à Fangshan. C'est ainsi qu'il put réunir les sépultures.
La mère du maître Kong s'installa à Queli et consacra tous ses soins à l'éducation de son fils. Elle lui enseigna les six arts et l'initia aux rites des ancêtres, afin qu'il devînt un homme accompli selon les voies de la vertu.
Confucius dit : 'Je suis né dans la pauvreté, et c'est pourquoi j'ai appris beaucoup de métiers vulgaires.' Cette allusion à sa jeunesse modeste reflète indirectement les conditions dans lesquelles sa mère l'éleva seule à Qufu.
Lieux clés
Ville où Yan Zhengzai s'installa dans le quartier populaire de Queli pour élever son fils après la mort de son mari. C'est dans cette cité, gardienne des rites des Zhou, que Confucius passa son enfance et son adolescence sous la tutelle de sa mère.
Colline sacrée située à environ 30 km au sud-est de Qufu, traditionnellement associée à la naissance de Confucius selon le Shiji. Le prénom Qiu (colline) et le surnom Zhongni donnés à Confucius font référence à ce lieu où Yan Zhengzai aurait prié pour avoir un fils.
Colline aux environs de Qufu où fut enterré Shuliang He, père de Confucius. C'est ici que Confucius put enfin réunir les tombes de ses deux parents après la mort de Yan Zhengzai, qui lui avait caché ce lieu sa vie durant.
Temple érigé en l'honneur de Yan Zhengzai au sein du complexe confucéen de Qufu, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ce lieu de mémoire, agrandi sous diverses dynasties, témoigne de la vénération que la tradition confucéenne a accordée à la mère de Confucius.