Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Fan Bingbing

par Charactorium · Fan Bingbing (1981 — ?) · Spectacle · Culture · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Fan Bingbing
Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — Avery Ng

Un salon feutré d'un hôtel de Pékin, à la nuit tombée. Loin des projecteurs qui ont fait sa légende et des caméras qui l'ont un temps effacée, Fan Bingbing reçoit sans maquillage, une théière de baies de goji fumant sur la table basse. Elle parle lentement, comme on se déplie après un long tournage.

Comment une adolescente devient-elle, presque du jour au lendemain, un visage que des centaines de millions de foyers reconnaissent ?

J'avais dix-sept ans et je ne pensais qu'à ne pas trébucher sur mes répliques. On m'avait confié Jin Suo, la servante — pas la princesse, pas l'héroïne, la fille qui apporte le thé et baisse les yeux. Dans My Fair Princess, j'étais à la lisière du cadre, mais le cadre, lui, entrait dans quatre cents millions de foyers en même temps. Vous n'imaginez pas ce que cela fait, de marcher dans une rue de province et de voir des inconnus vous appeler par le nom d'un personnage. J'ai compris très tôt que le public chinois n'aime pas seulement une actrice : il l'adopte, il la porte, et un jour il peut aussi la lâcher. Cette servante m'a tout donné, et elle m'a appris à me méfier de tout.

Le public chinois n'aime pas seulement une actrice : il l'adopte, il la porte, et un jour il peut aussi la lâcher.

Passer de cette servante à une impératrice qui a réellement régné sur la Chine, qu'est-ce que cela change pour une actrice ?

Incarner Wu Zetian dans La Concubine impériale, c'était toucher la seule femme qui ait tenu le trône de Chine non pas derrière un homme, mais à sa place. Je passais quatre heures sous les perruques et les broderies de cour avant même le premier plan, et quand je relevais enfin la tête, ce n'était plus tout à fait moi. Puis la censure est passée. La NRTA, notre administration de la radio et de la télévision, a jugé certains décolletés trop suggestifs ; on a recadré, resserré l'image sur les visages, et la série est revenue à l'antenne amputée de sa chair. J'ai trouvé cela cruel et instructif à la fois : même une impératrice, chez nous, doit passer sous les ciseaux de l'État.

Même une impératrice, chez nous, doit passer sous les ciseaux de l'État.

En 2014, vous entrez dans un blockbuster américain. Que représentait vraiment ce rôle de mutante dans X-Men ?

Blink, la mutante qui ouvre des portails d'un lieu à un autre — je souris encore de l'ironie du symbole. À Los Angeles, sur ce plateau où l'on tournait X-Men: Days of Future Past, je savais parfaitement pourquoi j'étais là. Ce n'était pas seulement mon jeu qu'on voulait : c'était le piàofáng, le box-office chinois, devenu si vertigineux qu'aucun studio américain ne pouvait plus l'ignorer. Hollywood avait besoin d'un visage que mon pays reconnaîtrait, et ce visage, ce mois-là, c'était le mien. Je créais des portails à l'écran ; dans la réalité, mon nom était le portail. Cela ne m'a pas humiliée — cela m'a fait mesurer, très concrètement, quel poids un milliard de spectateurs peut jeter dans la balance de la plus grande industrie du monde.

Je créais des portails à l'écran ; dans la réalité, mon nom était le portail.

Diriez-vous alors que le cinéma chinois est devenu une forme de puissance en soi ?

On parle beaucoup de soft power, cette puissance douce qui n'a besoin ni d'armées ni de sanctions. Quand je siégeais au jury du Festival de Cannes en 2017, sous la présidence de Pedro Almodóvar, je sentais que je n'étais pas seulement une actrice invitée : je représentais quelque chose de plus grand que moi, la montée d'un cinéma d'Asie qui ne demandait plus la permission d'exister. La mondialisation du cinéma n'a pas été qu'un flux d'argent ; ce fut une bataille de récits, de visages, de langues sur les écrans du monde. J'ai porté cela avec fierté, sans naïveté non plus : une star peut être un drapeau, et un drapeau, on le hisse comme on peut le baisser.

Une star peut être un drapeau, et un drapeau, on le hisse comme on peut le baisser.

On a parlé d'un « effet Fan Bingbing » sur la mode et la consommation. Que recouvrait ce pouvoir ?

Il suffisait que je porte une veste, une paire de boucles d'oreilles, et quelques heures plus tard les rayons en ligne étaient vides. On appelait cela « l'effet Fan Bingbing », et je vous avoue que le phénomène me dépassait un peu. J'étais devenue ce que l'on nomme chez nous une wǎnghóng, une célébrité du réseau, une KOL — une leader d'opinion que les marques s'arrachaient. Sur mon Weibo, plus de soixante millions de personnes lisaient chacune de mes photos comme une recommandation. La frontière entre l'actrice et la marchande de désir s'était dissoute sans que je m'en aperçoive. C'était grisant et vaguement inquiétant : mon corps, mes tenues, mon simple goût étaient devenus une monnaie.

Mon corps, mes tenues, mon simple goût étaient devenus une monnaie.
Fan Bingbing Cannes 2017 2
Fan Bingbing Cannes 2017 2Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Georges Biard

Vos apparitions sur les tapis rouges sont restées des images iconiques. Comment travailliez-vous cette part de votre légende ?

Au Met Gala de New York, en 2010, je suis montée les marches dans une robe inspirée de l'habit impérial chinois, brodée comme un manuscrit ancien. Ce soir-là, je n'ai pas seulement paru : j'ai fait entrer notre patrimoine vestimentaire dans le regard de l'Occident. Chaque tenue de tapis rouge était pensée des semaines à l'avance par mes stylistes, chaque pli calculé pour raconter une histoire — le qipao réinventé, la soie brodée d'or, l'Empire d'hier porté par une femme d'aujourd'hui. On m'a parfois reproché de trop soigner l'image. Mais dans un monde où une photographie fait le tour de la planète en une nuit, l'image n'est pas un ornement : c'est un discours.

Dans un monde où une photographie fait le tour de la planète en une nuit, l'image n'est pas un ornement : c'est un discours.

Derrière ce glamour, à quoi ressemblaient vos journées à l'apogée de votre carrière ?

On imagine la vie d'une star faite de champagne et de repos. La vérité, c'est que je me levais avant que le ciel ne pâlisse. Trois, parfois quatre heures dans le fauteuil de maquillage : perruques ajustées mèche à mèche, fards posés couche après couche, une trousse de plateau ouverte comme une boîte de peintre. Puis douze à seize heures de tournage, à enchaîner les scènes hors de l'ordre, à pleurer à neuf heures du matin pour une séquence qu'on montera en pleine nuit. Le soir, une avant-première, un gala, un dîner avec des studios — et encore mon Weibo à nourrir avant de dormir. Le glamour, croyez-moi, est le métier le plus épuisant que je connaisse.

Le glamour, croyez-moi, est le métier le plus épuisant que je connaisse.
Fan Bingbing, 2023 (cropped)
Fan Bingbing, 2023 (cropped)Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Elena Ternovaja

Cette discipline avait-elle un prix sur votre propre corps, sur votre vie intime ?

Avant chaque grand rôle, je m'imposais des régimes très stricts — bouillons, légumes de saison, soupe de poulet, un peu de gelée royale, tout ce que notre médecine, le zhōngyī, recommande pour tenir le corps. On appelle cela du perfectionnisme ; moi, j'y voyais surtout de la peur, la peur de ne pas être à la hauteur du plan suivant. Je rentrais dans mon appartement des beaux quartiers de Pékin, meublé de laque moderne et de références anciennes, et il m'arrivait de ne plus savoir à quelle heure j'avais mangé, ni ri. La star la mieux payée d'Asie possédait des propriétés à Shanghai et ne s'appartenait plus tout à fait. On paie le luxe en sommeil et en silence.

On paie le luxe en sommeil et en silence.

En 2018, un journaliste publie des documents qui font vaciller toute votre carrière. Vous souvenez-vous de ce moment ?

Mai 2018. Le journaliste Cui Yongyuan a mis en ligne, sur Weibo, des captures d'écran qui ont tout emporté. On y parlait de yīnyáng hétong, ces « contrats yin-yang » — un document officiel, sous-évalué, remis au fisc, et un autre, secret, portant la vraie somme. C'était une pratique que l'industrie entière connaissait et taisait, comme un mensonge collectif que personne ne voulait nommer. En quelques heures, la femme dont une veste vidait les boutiques est devenue le nom que tout un pays répétait avec colère. J'ai regardé mon téléphone comme on regarde une vitre qui se fissure sans bruit. Je savais, à cet instant, que le portail que j'avais ouvert vers la lumière venait de basculer dans l'autre sens.

J'ai regardé mon téléphone comme on regarde une vitre qui se fissure sans bruit.

Après des mois de silence total, vous êtes réapparue pour vous excuser publiquement. Que reste-t-il de cette épreuve ?

J'ai disparu de juillet à octobre. Trois mois sans image, moi qui n'avais vécu que par l'image. Quand j'ai enfin repris la parole sur Weibo, j'ai écrit ces mots que je pèse encore aujourd'hui : « Sans le pays, il n'y aurait pas de moi. Je n'ai pas respecté les lois fiscales et j'ai trahi la confiance du public et de ceux qui m'aiment. » L'administration de Wuxi a chiffré la sanction : huit cent quatre-vingt-trois millions de yuans, près de cent dix millions d'euros, l'une des amendes les plus lourdes jamais infligées à une artiste. On m'a beaucoup jugée. Je ne demande pas qu'on m'absolve — seulement qu'on comprenne qu'une chute publique, chez nous, se paie deux fois : en argent, puis en silence.

Une chute publique, chez nous, se paie deux fois : en argent, puis en silence.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Fan Bingbing. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.