Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Gertrude Bell

par Charactorium · Gertrude Bell (1868 — 1926) · Exploration · Politique · Lettres · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Gertrude Bell
Wikimedia Commons, Public domain — Edward Poynter

Bagdad, un soir de 1925. Dans une maison à cour intérieure au bord du Tigre, tapis persans et tessons mésopotamiens veillent sur une femme qui a redessiné une carte. Gertrude Bell nous reçoit entre deux dépêches, le café cardamomé fumant.

Comment une jeune femme de votre génération parvient-elle à Oxford, et qu'y avez-vous trouvé ?

J'avais vingt ans en 1888 lorsque j'ai quitté Oxford avec la mention first class en histoire moderne — en deux années au lieu de quatre. On m'a félicitée, puis on m'a rappelée à l'ordre : une femme n'obtenait pas de diplôme, seulement le droit d'avoir étudié. J'ai appris là ce que Lady Margaret Hall m'a enseigné mieux que ses livres : l'esprit se forme, mais l'institution ne suit pas toujours. Je dois à mon père, Hugh Bell, et à sa fortune d'acier, d'avoir pu m'asseoir sur ces bancs. Beaucoup de mes sœurs de classe n'ont eu que le mur. J'en ai gardé une certitude froide : l'intelligence d'une femme peut égaler celle d'un homme sans que le monde daigne l'inscrire au registre.

On ne m'accordait pas de diplôme, seulement le droit d'avoir étudié.

Vous fûtes une pionnière, et pourtant vous vous êtes opposée au vote des femmes. Comment expliquer ce paradoxe ?

Cela choque, je le sais, et je ne m'en défends pas mollement. J'ai combattu publiquement le suffrage des suffragettes, non par mépris de mon sexe, mais par une conviction que je crois lucide : la plupart des femmes — comme la plupart des hommes, d'ailleurs — n'ont pas reçu l'instruction politique qui rend un vote autre chose qu'un caprice. On me répond que j'ai gravi l'Engelhorn, traversé le désert, tracé une frontière ; que je m'exclus donc de ma propre règle. Peut-être. Je n'ai jamais prétendu que ma vie fût un argument universel. J'ai exigé de moi une exigence que je n'osais imposer à toutes. C'est un orgueil, sans doute, mais un orgueil sincère.

J'ai exigé de moi une exigence que je n'osais imposer à toutes.

Racontez-nous ce moment où, en Arabie, la ville de Haïl vous a retenue prisonnière.

L'hiver 1913-1914. J'ai poussé ma caravane jusqu'à Haïl, au cœur du Nedjd, là où nul Européen n'était admis, sur les terres des Rachid, ces rivaux de la maison des Saoud. On m'a reçue avec une courtoisie exquise et une méfiance de fer. J'écrivais à mon père : les Arabes m'ont traitée avec une remarquable politesse, mais la ville est fortifiée et défiante envers l'étranger. J'étais l'invitée de l'émir — c'est-à-dire sa captive dorée. Des semaines durant, on m'a nourrie, honorée, surveillée, sans jamais me dire si je repartirais. J'ai pris des notes sur tout : les rivalités des cheikhs, l'humeur des puits, le silence des palais. Ces carnets, plus tard, ont valu de l'or à Londres.

J'étais l'invitée de l'émir — c'est-à-dire sa captive dorée.

Qu'est-ce qui vous poussait à partir seule dans des contrées où l'on refusait votre présence ?

Il y a un instant que peu de gens connaissent : celui où l'on franchit le seuil du voyage sauvage. Je l'ai écrit dans The Desert and the Sown — les portes du jardin clos s'ouvrent, la chaîne du sanctuaire s'abaisse. Née dans une société d'horloges et de convenances, à Washington dans le comté de Durham, j'ai su très tôt que ma respiration se trouvait ailleurs. Une tente légère, une petite caravane de chameaux, un revolver dans ma sacoche — et le désert s'ouvrait comme une page à écrire. Je refusais de me déguiser en homme, contrairement à d'autres voyageuses. J'entrais en femme, en robe claire et chapeau à larges bords, et j'imposais mon autorité telle quelle.

Les portes du jardin clos s'ouvrent, la chaîne du sanctuaire s'abaisse.

La guerre a transformé la voyageuse en officier. Comment vos carnets sont-ils devenus une arme ?

En 1915, les services de renseignement britanniques m'ont recrutée et affectée au Bureau arabe du Caire. Songez à l'ironie : ce que j'avais consigné par pure passion — les alliances des tribus, les routes caravanières, les rancunes entre cheikhs — devenait soudain matière d'état-major. Mes cartes et mes relevés d'arpentage, dressés sous la tente à la lueur d'une lampe, valaient des régiments. Je fus la première femme à porter le titre d'officier politique dans l'armée. À Bassorah, puis à Bagdad, je travaillais aux côtés d'un jeune homme brillant et insupportable, T. E. Lawrence. Nous cartographiions des loyautés comme d'autres cartographient des fleuves. Une connaissance amassée par amour du monde arabe se muait en instrument de puissance : j'y ai gagné et perdu quelque chose à la fois.

Mes cartes, dressées sous la tente, valaient des régiments.
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Gertrude Bell title QS:P1476,en:"Gertrude Bell "label QS:Len,"Gertrude Bell "Wikimedia Commons, Public domain — John Singer Sargent

Que ressentait-on à être la seule femme dans ces cercles d'hommes en uniforme ?

On m'y tolérait parce que j'y étais irremplaçable, ce qui n'est pas tout à fait la même chose qu'être bienvenue. À la Conférence de Paris en 1919, j'étais l'une des rares femmes des délégations, et l'on me regardait comme une curiosité savante avant de me demander, en baissant la voix, qui gouvernait quel vilayet. Le jour, j'écrivais mes dépêches au bureau, sur les bords du Tigre ; le soir, je passais de la tenue de voyage à la robe de réception pour les dîners de l'administration coloniale. Cette double vie m'amusait et m'épuisait. Un officier me confia un jour qu'il ne savait jamais s'il parlait à une exploratrice, à une espionne ou à une hôtesse. Je lui répondis que c'était précisément le but.

On m'y tolérait parce que j'y étais irremplaçable — ce n'est pas tout à fait être bienvenue.

En 1921, au Caire, vous avez contribué à faire naître un État. Comment trace-t-on les frontières d'un pays ?

À la Conférence du Caire, en 1921, nous avons réuni trois provinces ottomanes — les vilayets de Mossoul, Bagdad et Bassorah — pour en faire l'Irak. Sur une carte, cela prend une matinée ; sur le terrain, cela durera des siècles. J'ai plaidé pour Fayçal Ier, ce chérif hachémite dont la lignée remonte au Prophète, parce qu'il fallait un roi qui portât une légitimité que nos baïonnettes ne pouvaient donner. J'écrivais alors au Foreign Office que notre rôle devait être celui de conseillers, non de maîtres, si nous voulions la stabilité. On m'appelle « faiseuse de rois ». Je préfère penser que j'ai tenté de bâtir une maison pour des peuples que la guerre avait laissés sans toit — en sachant qu'elle serait imparfaite.

Sur une carte, tracer un pays prend une matinée ; sur le terrain, cela durera des siècles.
Gertrude Bell circa 1910
Gertrude Bell circa 1910Wikimedia Commons, Public domain — Historia/REX/Shutterstock.com (according to Brittanica.com)

Vous avez vous-même qualifié cet héritage de durable et de controversé. Qu'entendez-vous par là ?

Durable, parce qu'un État, une fois né, ne se défait pas comme on plie une tente. Controversé, parce que je sais quelle main l'a dessiné, et que ce n'était pas la main des Bédouins ni celle des notables de Bagdad. En 1920, la grande révolte irakienne a soulevé le pays contre notre occupation ; j'ai rédigé mon Review of the Civil Administration of Mesopotamia dans le fracas de cette colère. J'y ai écrit ma conviction : on ne pose pas impunément un système de gouvernement étranger sur un peuple ancien et fier. Le Mandat de la Société des Nations habille d'un joli mot une tutelle bien réelle. Je crois avoir œuvré pour l'autonomie de ces peuples ; l'Histoire jugera si je me suis abusée.

On ne pose pas impunément un système de gouvernement étranger sur un peuple ancien et fier.

Parmi tous vos combats, celui pour les antiquités semble le plus intime. Pourquoi tant y tenir ?

Parce que voler le passé d'un peuple, c'est le voler deux fois. De mon temps, le pillage des sites était légal : musées et collectionneurs d'Europe emportaient statues et tablettes comme on cueille des fleurs. J'avais moi-même arpenté le palais d'Ukhaydir, ce chef-d'œuvre abbasside que j'ai étudié pierre à pierre pour ma publication de 1914 ; j'ai touché ces murs, je savais ce qu'ils valaient. Alors j'ai exigé que les antiquités mésopotamiennes demeurent sur leur sol. En 1926, j'ai fondé à Bagdad le Musée des Antiquités — le futur Musée national d'Irak. Que Sumer et Babylone soient conservés là où le limon les a fait naître, et non dans une vitrine de Bloomsbury : voilà, peut-être, l'ouvrage dont je suis le moins honteuse.

Voler le passé d'un peuple, c'est le voler deux fois.

Quand vous parcourez, le soir, les salles de ce musée que vous venez d'ouvrir, à quoi songez-vous ?

Je songe que j'ai passé ma vie entre deux gestes : prendre et rendre. J'ai pris des notes, des cartes, des photographies — ma vieille chambre à plateau a fixé des centaines de visages et de ruines. Mais ici, dans ces salles fraîches au bord du Tigre, je rends. Chaque tablette cunéiforme posée sous verre est une promesse tenue à ce pays. Je me sens lasse, je l'avoue ; le désert et les fièvres ont épuisé ce corps plus vite que mon esprit. Le soir, de retour dans ma maison à cour intérieure, je lis encore un peu de persan, comme au temps où je traduisais Hafiz. Il me semble parfois que ce musée est la seule chose que je laisserai debout, quand mes frontières auront tremblé.

J'ai passé ma vie entre deux gestes : prendre et rendre.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Gertrude Bell. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.