Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Li Ling

par Charactorium · Li Ling (1985 — ?) · Sport · 7 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Li Ling
Wikimedia Commons, Public domain — Giles, Herbert Allen, 1845-1935

Nous l'avons rencontrée dans le hall feutré d'un ancien centre d'entraînement de Pékin, là où la magnésie flotte encore dans l'air comme une poussière de mémoire. Li Ling, née en 1985, spécialiste des agrès pour la Chine au tournant du siècle, a accepté de revenir sur ces années où la poutre ne faisait que dix centimètres de large et où l'enfance tenait dans un sac de sport. Elle parle bas, les mains ouvertes, comme si elle cherchait encore une barre à saisir.

Vous souvenez-vous du moment où l'on vous a repérée ?

Je devais avoir cinq ou six ans. Un homme est venu dans mon école primaire, en Chine centrale, et il nous a fait tendre les jambes, cambrer le dos, tenir en équilibre sur un pied. Je ne comprenais pas que c'était un examen. On regardait ma souplesse, ma légèreté, ma manière de tomber sans me faire mal. Quelques semaines plus tard, ma mère préparait un petit sac et je partais vivre à l'académie sportive provinciale, loin de la maison. On m'expliquait que c'était une chance, et c'en était une. Mais un enfant de six ans ne mesure pas ce que veut dire dormir chaque nuit dans une chambre partagée avec trois filles qu'il n'a pas choisies, à des heures de route de sa mère. J'ai appris la gymnastique et, en même temps, j'ai appris à me passer des bras qui me manquaient.

J'ai appris la gymnastique et, en même temps, j'ai appris à me passer des bras qui me manquaient.

Comment vivait-on dans ces internats sportifs ?

On y vivait en vase clos, et je crois que c'était le but. La chambre, le réfectoire, la salle d'entraînement et la salle de classe tenaient dans le même complexe : on pouvait passer des semaines sans franchir le portail. Le luxe n'existait pas, mais la propreté et l'ordre, oui. Chaque objet avait sa place, chaque heure son usage. Mes vraies sœurs, à cette époque, ce n'étaient pas mes sœurs de sang, c'étaient les filles avec qui je partageais la chambre et la peur des sélections. On se relevait les cheveux les unes des autres avant les passages, on se massait les poignets le soir. Pékin ou la province, l'idée était la même : vous immerger si complètement dans l'entraînement qu'il ne reste plus de place pour autre chose. On appelait ça la discipline. Moi, longtemps, je l'ai appelée ma maison.

Mes vraies sœurs, à cette époque, c'étaient les filles avec qui je partageais la chambre et la peur des sélections.

À quoi ressemblait une journée d'entraînement ordinaire ?

Le réveil sonnait vers six heures et demie dans le dortoir. Petit-déjeuner calculé au gramme près — du riz, des protéines, jamais de superflu — puis premier bloc dès huit heures, une demi-heure d'échauffement et déjà les agrès. L'après-midi était plus long, trois ou quatre heures, à répéter les exercices complets et à reprendre l'élément qui, ce jour-là, refusait de venir. Huit heures par jour, six jours sur sept. Les entraîneurs nous filmaient parfois, et voir mon propre passage sur l'écran était plus dur que n'importe quelle réprimande : on ne triche pas avec une image. Le soir, cours scolaires, étirements de récupération, dîner en commun, extinction vers vingt-deux heures. Le repos faisait partie du travail, on nous le répétait. Ce rythme, aujourd'hui, on le trouverait peut-être inhumain. À l'époque, c'était simplement lundi, puis mardi, puis mercredi.

Voir mon propre passage sur l'écran était plus dur que n'importe quelle réprimande : on ne triche pas avec une image.

Comment le corps encaisse-t-il une telle charge, année après année ?

Le corps parle, et on apprend à ne pas trop l'écouter. Les poignets brûlaient après les barres, les tibias se souvenaient de chaque réception ratée sur la poutre. Sous les agrès, on posait d'épais tapis de réception, ces matelas de mousse qui absorbaient les chutes quand on apprenait un élément difficile ; sans eux, aucune de nous n'aurait tenté un lâcher risqué. L'alimentation était surveillée par des nutritionnistes : riz, légumes, poisson, tofu, des soupes le soir, jamais de quoi alourdir le corps mais toujours de quoi le nourrir. Il fallait rester puissante sans jamais être lourde, un équilibre plus difficile que n'importe quel équilibre sur la poutre. On étirait les articulations parfois au-delà du confortable. Je ne dirai pas que c'était sans douleur. Je dirai que la douleur était une compagne si familière que son absence, les jours de repos, me rendait presque inquiète.

Les barres asymétriques et la poutre étaient vos agrès de prédilection. Qu'aimiez-vous en elles ?

Deux mondes opposés dans le même corps. Aux barres asymétriques, tout est élan, vertige, lâcher : on quitte la barre, on tourne dans le vide, on la rattrape — et pendant cette fraction de seconde, on n'appartient plus à la terre. J'appliquais la magnésie sur mes paumes avant chaque passage, ce geste presque rituel, la poudre blanche qui vous rendait la barre fidèle et vous évitait les ampoules. La poutre, elle, c'est l'exact contraire : dix centimètres de large, soixante-dix à quatre-vingt-dix secondes où le moindre tremblement se voit. Aux barres je me jetais, sur la poutre je me retenais. Les gymnastes chinoises ont toujours excellé sur ces deux agrès, et je crois que ce n'est pas un hasard : ils demandent tous deux une chose que l'on nous inculquait dès l'enfance, le contrôle absolu de ce que l'on ressent à l'intérieur.

Aux barres je me jetais, sur la poutre je me retenais.
Li Ling, 2013 World Championships in Athletics (August, 12) -5
Li Ling, 2013 World Championships in Athletics (August, 12) -5Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — JukoFF

Que ressent-on juste avant de s'élancer sur la poutre ?

Un très grand silence. Le public s'efface, l'entraîneur s'efface, il ne reste que cette bande de bois à un mètre vingt-cinq du sol et l'air autour. On respire une fois, longuement, et on monte. Sur la poutre, la peur n'est pas votre ennemie, c'est votre déséquilibre à vous : si vous la laissez monter dans les épaules, vous tombez ; si vous la gardez basse, dans le ventre, elle vous tient droite. Je répétais mon exercice des milliers de fois à l'entraînement précisément pour que, ce jour-là, mon corps sache seul quoi faire pendant que ma tête, elle, resterait vide. Une chute coûte cher, une déduction pour déséquilibre aussi, et entre les meilleures gymnastes tout se joue en centièmes. Mais au fond, dans l'instant, je ne pensais ni au score ni aux juges. Je pensais : un appui, puis le suivant, puis le suivant.

En 2006, la note sur 10 a disparu. Comment avez-vous vécu ce bouleversement ?

En pleine carrière, ce qui est le pire moment pour changer les règles du jeu. J'avais grandi avec le rêve du 10 parfait, ce chiffre rond que tout le monde comprenait, même ceux qui ne connaissaient rien à la gymnastique. Et voilà qu'en 2006 la Fédération introduit un nouveau Code de pointage : d'un côté une note de Difficulté qui s'additionne sans plafond, de l'autre une note d'Exécution qui retranche les fautes. Du jour au lendemain, il ne suffisait plus d'être propre, il fallait être plus difficile que l'autre. On recomposait les exercices, on ajoutait des éléments plus cotés, on prenait des risques que le vieux système ne récompensait pas. Certaines anciennes n'ont jamais tout à fait retrouvé leurs marques. Moi, j'ai dû apprendre à calculer autrement, à lire ma propre routine comme une addition. Le rêve du 10 est mort cette année-là, et il a fallu rêver en deux chiffres au lieu d'un.

Le rêve du 10 est mort cette année-là, et il a fallu rêver en deux chiffres au lieu d'un.

Ce nouveau système a-t-il changé votre façon de composer un exercice ?

Profondément. Avant, on cherchait la perfection dans un cadre fermé ; après, on cherchait à repousser le cadre. Chaque élément était désormais classé par lettres, de la plus simple à la plus difficile, et chaque lettre valait des dixièmes qui grossissaient le score de Difficulté. Aux barres, cela voulait dire ajouter des lâchers plus audacieux, ces figures spectaculaires où l'on quitte la barre pour la reprendre, car ce sont elles qui rapportent. Mais plus on empile la difficulté, plus on s'expose aux déductions d'exécution : une jambe fléchie, un manque d'amplitude, une réception mal tenue, et les centièmes s'envolent. Tout l'art devenait un calcul de funambule entre l'ambition et la propreté. On travaillait avec les entraîneurs fédéraux comme des architectes penchés sur un plan, à décider quel élément valait le risque et lequel n'était qu'un caprice coûteux. La gymnastique restait un art, mais elle devenait aussi une arithmétique.

Vous évoluiez dans un système de sélection immense. Comment se faisait-on une place ?

Par une concurrence dont peu de gens mesurent la dureté. Derrière chaque gymnaste que l'on voit en compétition, il y en a des dizaines dans les académies d'État qui s'entraînent aussi dur et qui ne monteront jamais sur le podium. Le système chinois — ces tǐyù xuéxiào, ces écoles sportives d'État héritées d'un modèle vieux de plusieurs décennies — fonctionnait comme un immense entonnoir. On repérait large, très large, et on ne retenait que quelques-unes tout en haut. Résultat : un championnat national comptait autant qu'un tournoi international, parfois davantage, car c'est là que se décidaient les places en équipe nationale. On se battait contre ses propres compatriotes avant de se battre contre le monde. Cette pression interne, permanente, forgeait des athlètes redoutables et brisait aussi beaucoup de vocations. J'ai vu partir des filles plus douées que moi, simplement parce qu'un jour donné, une autre avait été un centième meilleure.

On se battait contre ses propres compatriotes avant de se battre contre le monde.

Que représentait, pour votre génération, l'horizon des Jeux de Pékin ?

Un soleil vers lequel toute une génération marchait, en sachant que peu l'atteindraient. Les Jeux de 2008, à domicile, étaient plus qu'une compétition : c'était la Chine qui se montrait au monde, et nous, les athlètes, portions cette image sur nos épaules de jeunes filles. Représenter son pays dans une salle comme le Gymnase de Pékin, sous les yeux de tout un peuple hôte, ajoutait à la difficulté technique une pression que le Code de pointage ne mesure pas. Chaque compétition avant Pékin — les Jeux Asiatiques de Doha en 2006, les Mondiaux — servait de répétition, de test, de tri. On ne s'entraînait pas seulement pour soi ; on s'inscrivait dans une dynamique collective qui avait hissé la gymnastique chinoise parmi les toutes premières. Toutes n'ont pas eu la salle de Pékin au bout du chemin. Mais je crois que chacune de nous, à sa place, a poussé la génération suivante un peu plus haut.

Nous, les athlètes, portions cette image sur nos épaules de jeunes filles.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Li Ling. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.