Kissel d'airelles rouges
Une boisson tiède et veloutée, à mi-chemin entre la compote et le sirop, faite de baies rouges acidulées légèrement liées à la fécule. On la boit lentement, dans une tasse, pour réchauffer le corps et adoucir la gorge.
Une boisson tiède et veloutée, à mi-chemin entre la compote et le sirop, faite de baies rouges acidulées légèrement liées à la fécule. On la boit lentement, dans une tasse, pour réchauffer le corps et adoucir la gorge.
Quand le corps faiblit et que la fièvre rôde, on ne va pas chez le médecin — on fait du kissel. Je passais les airelles écrasées, je sucrais juste ce qu'il fallait pour ne pas grimacer, et je liais le tout d'un peu de fécule délayée à l'eau froide, en tournant sans cesse pour qu'il n'attache point. On le boit tiède, à petites gorgées, dans une tasse qu'on tient à deux mains. Cela ne guérit pas la tristesse, croyez-moi, mais cela réchauffe assez pour écrire encore une ligne.
- •Airelles rouges ou canneberges du Nord — un bol (baies acidulées)
- •Eau — selon la consistance voulue (base liquide)
- •Miel ou sucre — au goût (douceur)
- •Fécule (de pomme de terre) — une cuillerée délayée (liaison)
Kissel d'airelles rouges
Une boisson tiède et veloutée, à mi-chemin entre la compote et le sirop, faite de baies rouges acidulées légèrement liées à la fécule. On la boit lentement, dans une tasse, pour réchauffer le corps et adoucir la gorge.
Why this dish? Le kissel de baies, boisson épaisse et acidulée, était le réconfort des malades et des convalescents dans toute la Russie du Nord. Pour Akhmatova, souvent fragile, vivant les famines et les hivers de Léningrad, une telle boisson de baies — riche en vitamines — incarnait le soin qu'on se portait avec presque rien.
Quand le corps faiblit et que la fièvre rôde, on ne va pas chez le médecin — on fait du kissel. Je passais les airelles écrasées, je sucrais juste ce qu'il fallait pour ne pas grimacer, et je liais le tout d'un peu de fécule délayée à l'eau froide, en tournant sans cesse pour qu'il n'attache point. On le boit tiède, à petites gorgées, dans une tasse qu'on tient à deux mains. Cela ne guérit pas la tristesse, croyez-moi, mais cela réchauffe assez pour écrire encore une ligne.
Ingredients (period version)
- Airelles rouges ou canneberges du Nord — un bol (baies acidulées)
- Eau — selon la consistance voulue (base liquide)
- Miel ou sucre — au goût (douceur)
- Fécule (de pomme de terre) — une cuillerée délayée (liaison)
Ingredients
- Airelles rouges ou canneberges (fraîches ou surgelées) — 250 g (baies acidulées)
- Eau — 800 ml (base liquide)
- Sucre ou miel — 60 à 80 g, au goût (douceur)
- Fécule de pomme de terre — 2 c. à soupe (liaison)
- Eau froide — 4 c. à soupe (délayage de la fécule)
Method
- Porter les baies et l'eau à ébullition, écraser et laisser frémir 5 minutes pour extraire le jus.
- Filtrer si l'on veut une boisson lisse (facultatif), ajouter le sucre ou le miel et remettre sur le feu.
- Délayer la fécule dans l'eau froide jusqu'à obtenir un lait homogène.
- Verser la fécule en filet dans le liquide frémissant en remuant sans arrêt.
- Laisser épaissir 1 à 2 minutes sans bouillir fort, jusqu'à une texture nappante (plus ou moins épaisse selon le goût).
- Servir tiède dans une tasse, à boire lentement.
How it was made : Le kissel est l'un des plus vieux mets slaves : à l'origine fermenté et à base de céréales (avoine, seigle), il devint au fil des siècles une boisson sucrée de baies liée à la fécule de pomme de terre, courante dès le XIXe siècle. Selon l'épaisseur, on le buvait à la tasse ou on le mangeait à la cuillère, souvent donné aux malades.
The contemporary twist : Servir le kissel en verrine, plus épais, surmonté d'un nuage de smetana fouettée à peine sucrée : le « kissel de la Néva ».
Sources : Darra Goldstein, A Taste of Russia, 1983 · William Pokhlyobkine, Национальные кухни наших народов (Les cuisines nationales de nos peuples), 1978
Anna Akhmatova · Charactorium