Kids interview Albert Dubout
by Charactorium · Albert Dubout (1905 — 1976) · Visual Arts · Performing Arts · 5 min read
Deux jeunes visiteurs de 12 ans poussent la porte d'un vieil atelier baigné de lumière méditerranéenne. Des chats de papier traînent partout, et un vieux monsieur au sourire malicieux les accueille, une plume à la main. Albert Dubout pose son dessin et se penche vers eux pour répondre à leurs questions.
—C'était comment, votre journée quand vous dessiniez toutes ces foules ?
Ah, tu sais, mon enfant, mes après-midis étaient longs et silencieux. Je m'installais avec ma plume et mon encre de Chine, cette encre noire très dense, et je traçais des silhouettes une par une. Imagine une plage remplie de centaines de petits bonshommes minuscules, chacun avec son geste rigolo. L'un court, l'autre tombe, un troisième vole un chapeau ! Je leur inventais à tous une petite histoire. Il fallait presque une loupe pour tous les découvrir. C'était patient, comme remplir une immense fourmilière. Le soir venait souvent avant que ma foule ne soit finie.
Dans ma foule, chaque petit bonhomme avait sa propre histoire.
—Ça vous fatiguait pas les yeux, tous ces détails minuscules ?
Un peu, oui ! Mais c'était mon plaisir, tu comprends. Chaque personnage était grand comme un grain de riz, parfois plus petit encore. Je penchais la tête tout près de la feuille, la plume ne devait pas trembler. Imagine que tu écris ton nom cent fois sur un timbre-poste : voilà ce que je faisais, mais avec des gens ! Un stade bondé, une gare grouillante. Les gens riaient en cherchant les détails cachés. C'est ça qui a fait mon style, ce fourmillement joyeux. Je ne voulais pas dessiner une foule triste. Je voulais qu'on ait envie de plonger dedans.
Chaque personnage était grand comme un grain de riz.
—Pourquoi vous avez dessiné autant de gros chats ?
Parce que je les aimais, tout simplement ! Le soir, quand j'achevais mes dessins à la lampe, mes chats familiers rôdaient autour de ma table. Ils me regardaient travailler avec leurs gros yeux gourmands. Alors je les ai dessinés : de gros matous tout ronds, espiègles, toujours en train de guetter un poisson. Imagine un chat si dodu qu'il déborde de son coussin ! Les gens les ont tellement aimés que je les ai mis sur des cartes postales. Aujourd'hui encore, paraît-il, ces chats ornent des calendriers et des affiches. Ils sont devenus ma petite marque à moi.
Mes chats me regardaient dessiner, alors je les ai dessinés eux aussi.
—C'était quoi une carte postale, à votre époque ?
Ah, bonne question ! À mon époque, tu prenais un petit carton illustré, tu écrivais un mot au dos, et tu l'envoyais par la poste à ta famille. La carte postale humoristique, c'était pour faire rire celui qui la recevait. Moi, j'y mettais mes chats gourmands et mes couples rigolos. Imagine une petite image qui voyage de ville en ville, dans les sacs du facteur, et qui fait sourire des inconnus. C'est comme ça que mon humour est entré dans toutes les maisons de France, même les plus modestes. Un tout petit dessin peut faire un très long voyage.
Un tout petit dessin peut faire un très long voyage.
—Vous veniez d'où ? On dit que vous aimiez beaucoup le sud.
Je suis né à Marseille, en 1905, une ville de port, bruyante et pleine de soleil. Le Midi — c'est le nom qu'on donne au sud de la France — ne m'a jamais quitté. J'aimais croquer les marchés provençaux, les corridas, ces combats de taureaux si populaires chez nous, et les plages de la Méditerranée. Imagine l'odeur du poisson frais, les cris des marchands, la lumière qui tape fort. Tout ça vivait dans mes dessins. Plus tard, je me suis installé près de Montpellier, dans le Languedoc, dans ma maison-atelier. Le Sud était mon décor et mon inspiration à la fois.
Le soleil du Midi ne m'a jamais quitté, il vivait dans mes dessins.

—C'est vrai que vous avez dessiné des affiches pour le cinéma ?
Oui, et j'en suis fier ! En 1940, j'ai dessiné l'affiche du film La Fille du puisatier, de Marcel Pagnol. Une affiche, c'est cette grande image collée dans la rue pour annoncer un film. Pagnol racontait la Provence, mes gens du Midi, alors on était faits pour s'entendre. Je dessinais ses personnages dans mon style comique, un peu exagéré, avec le soleil provençal dedans. Imagine que tu passes dans la rue et qu'une image te fait rire avant même d'avoir vu le film ! J'ai aussi illustré ses livres. Nos deux univers se ressemblaient comme deux frères.
Pagnol racontait la Provence, moi je la dessinais : on était faits pour s'entendre.
—C'est qui, le petit mari et la femme géante dont on parle ?
Ha ! Ce sont mes deux personnages farceurs. J'avais inventé un petit mari tout maigre, tout timide, écrasé par une épouse énorme et autoritaire. Imagine un homme grand comme une allumette à côté d'une dame large comme une armoire ! Elle commande, il obéit, et ça donnait des gags à n'en plus finir. Je les publiais dans les journaux humoristiques, ces revues où l'on met des dessins pour rire. Les gens attendaient de voir la nouvelle bêtise du pauvre petit mari. Ce couple a fait rire des générations entières. Le contraire de deux choses, c'est souvent là que naît le rire.
Le contraire de deux choses, c'est souvent là que naît le rire.
—Pourquoi vous vouliez toujours faire rire les gens ?
Parce que j'ai vécu des temps très durs, mon enfant. J'ai connu deux guerres, la crise, la peur. Quand je suis monté à Paris dans les années 1920 pour publier mes dessins, je voyais bien que la vie n'était pas facile pour tout le monde. Alors j'ai choisi le rire. Un dessin de presse, c'est une image drôle dans un journal, et pour quelques secondes, il fait oublier les soucis. Mes couples, mes chats, mes foules : tout ça pour arracher un sourire. Imagine un remède qui ne coûte rien et qu'on partage. Faire rire, c'était ma façon d'aider les gens.
Faire rire, c'était mon remède qui ne coûtait rien.

—Vous avez dessiné Don Quichotte ? C'était dur de l'imaginer ?
Pas dur, non, plutôt un régal ! En 1938, j'ai illustré Don Quichotte, cette vieille histoire espagnole d'un chevalier un peu fou qui prend des moulins pour des géants. Illustrer, c'est faire les dessins qui accompagnent un livre. J'ai donné au chevalier et à son écuyer Sancho un air à la fois comique et touchant. Je les ai entourés de mes foules et de mes animaux, comme toujours. Imagine chaque page transformée en petit spectacle grouillant de vie ! Ce fut l'une de mes grandes réussites. J'aimais quand mon trait comique rencontrait une belle et vieille histoire.
Chaque page devenait un petit spectacle grouillant de vie.
—Ça vous plaisait plus, dessiner pour les livres ou pour la rue ?
Les deux, franchement ! Le livre illustré, c'est un travail patient : j'ornais chaque page de dessins foisonnants, comme pour Don Quichotte ou les récits de Pagnol. L'affiche, elle, doit frapper vite les yeux du passant. Imagine : d'un côté un long voyage tranquille dans les pages, de l'autre un éclair dans la rue. J'aimais passer de l'un à l'autre, avec ma même plume et mon même humour. Ce qui comptait pour moi, c'était que le dessin raconte quelque chose. Qu'il soit petit sur un timbre ou grand sur un mur, un dessin doit toujours avoir une histoire à dire.
Petit ou grand, un dessin doit toujours avoir une histoire à raconter.
—Et aujourd'hui, on peut encore voir vos dessins quelque part ?
Oui, et ça me touche que tu le demandes ! Près de Palavas-les-Flots, cette petite station balnéaire du Languedoc, on a installé un musée qui porte mon nom. Et devine où ? Dans un ancien phare ! J'aimais tant croquer ses plages et son petit train. Imagine grimper dans une tour au bord de la mer et y trouver mes chats, mes foules, mes couples farceurs. Je suis mort en 1976, tout près de Montpellier, mais mes dessins, eux, continuent de faire sourire les visiteurs. C'est ça, la belle chose : un dessin peut faire rire longtemps après son dessinateur.
Un dessin peut faire rire longtemps après son dessinateur.
This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Albert Dubout's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.