Imaginary interview

Kids interview Copi

by Charactorium · Copi (1939 — 1987) · Literature · Visual Arts · Performing Arts · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.

Deux élèves de 12 ans, en classe découverte à Paris, poussent la porte d'un petit théâtre de la rive gauche. Assis parmi les fauteuils vides, un homme au sourire malicieux les attend, un carnet de dessins sur les genoux. C'est Copi, et il a très envie de leur parler.

C'est bizarre comme nom, Copi. C'est votre vrai prénom ?

Ah, tu as l'œil ! Non, mon vrai nom c'est Raúl Damonte Botana. « Copi », c'est ma grand-mère qui m'appelait comme ça, tout petit, en Argentine. C'était un mot tendre, un surnom de câlin, tu vois ? Imagine une grand-mère qui te prend dans ses bras et qui invente un nom rien que pour toi. Eh bien ce petit mot d'amour, je l'ai gardé toute ma vie. Je l'ai même mis au bas de mes dessins, comme une signature. Beaucoup de gens ne savaient pas que j'avais un autre nom. Pour eux, j'étais juste Copi. Et au fond, c'est resté le nom qui me ressemblait le plus.

J'ai gardé toute ma vie un petit mot d'amour comme signature.

Vous êtes né où ? Et pourquoi vous êtes venu vivre à Paris ?

Je suis né à Buenos Aires, en Argentine, en 1939. Ma famille était célèbre là-bas : mon grand-père Natalio Botana avait fondé un grand journal qui s'appelait Crítica. Mais tu sais, quand on fait un journal, on se fâche parfois avec les gens au pouvoir. À cause de la politique, ma famille a dû partir, revenir, repartir. J'ai grandi entre deux rives, entre deux langues, l'espagnol et le français. Et un jour, vers 1962, j'ai posé mes valises à Paris pour de bon. C'était ma ville d'adoption. J'y ai tout fait : dessiner, écrire, jouer. Imagine un oiseau qui a beaucoup voyagé et qui choisit enfin son arbre.

J'ai grandi entre deux rives et deux langues.

C'est quoi, cette petite dame assise sur une chaise que vous dessiniez ?

Ah, ma Femme assise ! C'était mon petit personnage préféré. Chaque semaine, dans un journal parisien, je dessinais une toute petite dame posée sur sa chaise. Elle ne bougeait jamais de là, tu comprends ? La chaise, c'était tout son monde. Et à côté d'elle, il y avait un canard. Ils discutaient de la vie, de la mort, de l'ennui, en disant des choses complètement loufoques. Imagine deux voisins qui bavardent sur un banc, sauf que rien de ce qu'ils disent n'a de sens. Les gens adoraient ça. Ils riaient sans trop savoir pourquoi. Moi, avec quelques traits de plume, je fabriquais du rire à partir de presque rien.

Avec quelques traits de plume, je fabriquais du rire à partir de presque rien.

Ça vous prenait beaucoup de temps de dessiner ça chaque semaine ?

Tu sais, j'étais un peu noctambule, un couche-tard. Le matin, je m'installais devant ma planche à dessin, avec ma plume. Il fallait trouver l'idée de la semaine, celle qui ferait sourire les lecteurs. Mon trait était simple, nerveux, rapide — pas de grands décors compliqués. Juste la petite dame, sa chaise, le canard, et une phrase absurde. C'était comme raconter une minuscule histoire drôle en trois secondes. Parfois l'idée venait tout de suite, parfois je restais planté devant ma feuille blanche. Mais j'aimais ce rendez-vous. Imagine que chaque semaine, des milliers de gens attendent ton petit gribouillage pour rire un peu. C'est une belle responsabilité, non ?

Raconter une minuscule histoire drôle en trois secondes.

Vous écriviez vos pièces en français alors que ce n'était pas votre langue ?

Oui, et c'est ça qui est amusant ! Le français n'était pas ma langue de naissance, mais je l'ai choisi pour écrire. Je tapais mes pièces directement sur ma machine à écrire, en français. Comme je venais d'ailleurs, je jouais avec les mots d'une drôle de façon, un peu de travers, et ça donnait un humour bien à moi. Imagine que tu inventes des blagues dans une langue que tu apprends encore : parfois tu fais des trouvailles qu'un habitant n'aurait jamais osées. En 1971, j'ai écrit une pièce au titre provocateur, L'Homosexuel ou la difficulté de s'exprimer. Rien que le titre faisait sursauter les gens. Et moi, ça me faisait rire.

Écrire dans une langue apprise, c'est oser des mots que personne n'oserait.
Copi y Susana Giménez
Copi y Susana GiménezWikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

Pourquoi vous vouliez tellement choquer les gens ?

Choquer, oui, mais gentiment, pour réveiller ! Tu sais, à mon époque, il y avait beaucoup de choses dont on n'avait pas le droit de parler. Alors moi, je fonçais dessus avec le rire. Dans mes pièces, je me déguisais, je mettais des robes, des perruques, du maquillage — c'est ce qu'on appelle le travestissement, se déguiser en quelqu'un d'un autre genre. Ça surprenait le public, ça le secouait un peu. Mais je ne voulais pas être méchant. Je voulais que les spectateurs sortent en riant et en pensant : « Tiens, on peut donc en parler ? » Imagine une fête un peu folle où soudain on ose tout dire. Mes spectacles, c'était ça : des scandales joyeux.

Je faisais des scandales joyeux pour qu'on ose enfin en parler.

C'est vrai que vous jouiez tout seul sur scène, comme dans Loretta Strong ?

Tout seul, oui ! Loretta Strong, c'était un monologue — ça veut dire qu'un seul personnage parle sur scène, pendant toute la pièce. Et ce personnage, c'était moi ! Une folle histoire de science-fiction, complètement délirante, où je parlais, je criais, je m'agitais dans les petites salles de la rive gauche, du côté du Quartier latin. Imagine une seule personne qui doit tenir en haleine toute une salle, sans partenaire pour lui donner la réplique. C'est vertigineux ! Il faut du souffle, du courage, un peu de folie. Les gens en sont ressortis bouleversés, et cette performance est devenue culte. C'était épuisant, mais quel bonheur de sentir tous ces regards braqués sur moi.

Tenir toute une salle en haleine, seul, sans personne pour te donner la réplique.

Ça faisait quoi, d'être sur scène le soir, dans ces petits théâtres ?

Ah, le soir, c'était mon moment préféré ! Le matin je dessinais, l'après-midi j'écrivais, mais le soir, je courais vers les petits théâtres de la rive gauche pour répéter ou jouer. Ce sont ces quartiers de Paris, au sud de la Seine, remplis d'artistes et de minuscules salles. J'enfilais mon costume de scène — robe, perruque, maquillage — et je devenais quelqu'un d'autre. Imagine l'odeur de la poussière et du fard, la lumière chaude sur ton visage, le silence juste avant que tu parles. Mon cœur battait fort. La scène, c'était l'endroit où j'étais le plus libre, le plus vivant. Je pouvais y être drôle, monstrueux, tendre, tout à la fois.

La scène, c'était l'endroit où j'étais le plus vivant.
Image copi
Image copiWikimedia Commons, CC BY 4.0 — முத்துராமன்1974

Vous vous êtes battu pour quelque chose d'important dans votre vie ?

Oui, mon enfant. Au début des années 1970, à Paris, j'ai rejoint un mouvement qu'on appelait le FHAR, le Front homosexuel d'action révolutionnaire. C'était un groupe de gens qui réclamaient le droit de vivre et d'aimer librement, sans se cacher. À mon époque, tu sais, c'était très courageux de le dire tout haut. On sortait à peine de Mai 68, ce grand moment où la jeunesse française avait crié qu'elle voulait changer les choses. Moi, mon arme à moi, ce n'était pas les poings : c'était la dérision, l'art de se moquer de tout avec le sourire. Rire ensemble, c'est déjà une façon de dire : nous existons, et nous n'avons pas honte.

Rire ensemble, c'est déjà une façon de dire : nous existons.

C'est quoi la dérision, et pourquoi c'était si important pour vous ?

La dérision, c'est se moquer de tout, même des choses graves, avec de l'humour et de la légèreté. Pour moi, ce n'était pas une méchanceté, c'était une force. Tu vois, quand on rit d'une chose qui fait peur, elle nous fait tout de suite un peu moins peur. J'appartenais à ce qu'on appelait la contre-culture : tous ces artistes qui contestaient la société bien rangée des grandes personnes. Imagine une classe où tout le monde doit rester sérieux, et où soudain un élève fait une blague juste et lumineuse : d'un coup, tout le monde respire. Voilà ce que je cherchais à faire. Désarmer la peur et la bêtise avec un éclat de rire.

Quand on rit d'une chose qui fait peur, elle nous fait déjà moins peur.

Vous avez écrit jusqu'à la fin de votre vie ?

Jusqu'au bout, oui. Ma dernière pièce s'appelle Une visite inopportune, en 1987. Elle raconte l'histoire d'un comédien qui va mourir à l'hôpital. Et tu sais quoi ? J'étais moi-même très malade quand je l'ai écrite. J'ai donc parlé de ma propre fin, mais à ma manière : avec de la tendresse et un dernier sourire, sans larmoyer. Imagine quelqu'un qui, même au moment le plus difficile, choisit encore de faire rire ceux qu'il aime. C'était ma façon à moi de dire au revoir. Je crois qu'on peut regarder les choses tristes bien en face, et quand même y mettre de la lumière. C'est peut-être ça, le plus beau des courages.

On peut regarder les choses tristes en face et y mettre quand même de la lumière.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Copi's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.