Sharāb à l'eau de rose et au miel (jullāb)
Un sirop de miel parfumé à l'eau de rose et relevé d'un peu de jus acidulé, qu'on allonge d'eau fraîche. Désaltérant, floral, d'un raffinement tout andalou.
Un sirop de miel parfumé à l'eau de rose et relevé d'un peu de jus acidulé, qu'on allonge d'eau fraîche. Désaltérant, floral, d'un raffinement tout andalou.
Le vin, nous l'avons chassé de nos murs, car notre foi le proscrit et l'ivresse abaisse l'homme que le savoir doit élever. Mais l'hospitalité, elle, ne se proscrit point ! À l'hôte qui franchit mon seuil, on présente le sharāb : du miel fondu, l'eau de nos roses de Séville, et juste assez d'acidité pour réveiller la langue. On l'allonge d'eau fraîche tirée des jarres mises à l'ombre. Bois-en, voyageur, et tu sentiras la douceur d'al-Andalus sans rien perdre de ta clarté d'esprit.
- •Miel — généreux (base sucrée)
- •Eau de rose — un bon trait (parfum signature)
- •Jus de citron ou vinaigre doux — un peu (acidité (sharāb/sikanjabīn))
- •Eau fraîche — à volonté (allongement)
- •Pétales de rose séchés — quelques-uns (décor et parfum)
Sharāb à l'eau de rose et au miel (jullāb)
Un sirop de miel parfumé à l'eau de rose et relevé d'un peu de jus acidulé, qu'on allonge d'eau fraîche. Désaltérant, floral, d'un raffinement tout andalou.
Pourquoi ce plat ? La rigueur religieuse almohade bannissait le vin de la cour. À sa place, on offrait des sirops parfumés allongés d'eau fraîche — eau de rose et miel — boissons d'hospitalité par excellence à la table du calife.
Le vin, nous l'avons chassé de nos murs, car notre foi le proscrit et l'ivresse abaisse l'homme que le savoir doit élever. Mais l'hospitalité, elle, ne se proscrit point ! À l'hôte qui franchit mon seuil, on présente le sharāb : du miel fondu, l'eau de nos roses de Séville, et juste assez d'acidité pour réveiller la langue. On l'allonge d'eau fraîche tirée des jarres mises à l'ombre. Bois-en, voyageur, et tu sentiras la douceur d'al-Andalus sans rien perdre de ta clarté d'esprit.
Ingrédients (version d’époque)
- Miel — généreux (base sucrée)
- Eau de rose — un bon trait (parfum signature)
- Jus de citron ou vinaigre doux — un peu (acidité (sharāb/sikanjabīn))
- Eau fraîche — à volonté (allongement)
- Pétales de rose séchés — quelques-uns (décor et parfum)
Ingrédients
- Miel — 100 g (base sucrée)
- Eau — 100 ml (pour le sirop) (dissolution)
- Eau de rose alimentaire — 2 c. à soupe (parfum signature)
- Jus de citron — 2 c. à soupe (acidité)
- Eau fraîche ou pétillante — 1 litre (allongement au service)
- Pétales de rose comestibles séchés — quelques-uns (décor)
- Glaçons — à volonté (fraîcheur (option moderne))
Préparation
- Chauffer doucement le miel avec 100 ml d'eau jusqu'à obtenir un sirop fluide, sans bouillir.
- Hors du feu, ajouter le jus de citron puis l'eau de rose (qui s'évapore à la chaleur).
- Laisser refroidir : on obtient un sirop concentré qui se conserve plusieurs jours au frais.
- Au service, verser un fond de sirop dans chaque verre et allonger d'eau fraîche selon le goût.
- Décorer de quelques pétales de rose.
Comment on faisait : Les sirops (sharāb, qui a donné notre mot "sirop") et le sikanjabīn (miel-vinaigre) étaient la grande spécialité des cours musulmanes médiévales, mêlant plaisir et pharmacopée. On les conservait concentrés et on les diluait à la demande.
Le twist contemporain : Servi sur glace pilée avec une eau pétillante et un pétale de rose — une limonade médiévale parfaite pour un goûter familial.
Sources : Lucie Bolens, La cuisine andalouse, un art de vivre, Albin Michel, 1990 · Anonyme andalou, Kitāb al-ṭabīkh fī l-Maghrib wa-l-Andalus (XIIIe s.)
Abu Yaqub Yusuf · Charactorium