Agnès Varda(1928 — 2019)
Agnès Varda
France, Belgique
8 min de lecture
photographe, plasticienne, réalisatrice et scénariste française
Questions fréquentes
Faits marquants
- Agnès Varda réalise en 1955 'La Pointe Courte', film précurseur de la Nouvelle Vague française
- Son film 'Cléo de 5 à 7' (1962) s'impose comme une œuvre majeure du cinéma français d'auteur
- Elle cofonde avec Jacques Demy la société de production Ciné-Tamaris en 1954, affirmant son indépendance artistique
- Dans les années 2000, elle se tourne vers l'art contemporain et les installations plastiques, exposant notamment à la Fondation Cartier
- En 2017, elle devient la première femme à recevoir un Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière cinématographique
Œuvres & réalisations
Premier long-métrage de Varda, tourné dans un village de pêcheurs près de Sète avec des non-professionnels. Considéré comme le film fondateur de la Nouvelle Vague avant l'heure.
Film en temps réel suivant une chanteuse pendant deux heures d'attente d'un diagnostic médical. Chef-d'œuvre de la Nouvelle Vague et manifeste féministe avant-gardiste.
Film sur une jeune femme vagabonde retrouvée morte dans un fossé. Lion d'or à Venise, ce film radical interroge la liberté, la marginalité et le regard de la société sur les femmes.
Hommage à son mari Jacques Demy, mourant, reconstituant son enfance à Nantes. Un film d'amour et de deuil d'une grande sincérité, mêlant fiction et documentaire.
Documentaire personnel tourné en caméra numérique légère, explorant la pratique du glanage en France. Varda s'y montre elle-même vieillissante, réinventant le rapport entre auteure et sujet filmé.
Autoportrait cinématographique en forme de promenade mémorielle sur les plages qui ont marqué sa vie. César du meilleur documentaire, il confirme son statut d'icône du cinéma d'auteur.
Documentaire co-réalisé avec l'artiste JR, sillonnant la France pour photographier et afficher des portraits géants. Nommé aux Oscars, ce film célèbre la rencontre intergénérationnelle et l'art dans l'espace public.
Anecdotes
Agnès Varda a réalisé son premier film, La Pointe Courte, en 1955, sans jamais avoir suivi de formation cinématographique. Elle s'est inspirée directement de la littérature américaine, notamment de William Faulkner, et a tourné avec des acteurs non professionnels dans un village de pêcheurs près de Sète. Ce film est souvent considéré comme le premier film de la Nouvelle Vague, avant même ceux de Godard ou Truffaut.
En 1962, Varda a réalisé Cléo de 5 à 7, un film tourné en temps réel suivant une chanteuse pendant deux heures d'attente médicale angoissante. Pour être au plus près du réel, elle a tourné dans les vraies rues de Paris sans autorisation officielle, avec une caméra légère portée à l'épaule, ce qui était révolutionnaire pour l'époque.
À 80 ans passés, Agnès Varda a co-réalisé Visages Villages avec le photographe JR, parcourant la France rurale à bord d'un camion-photomaton géant. Ce film, sorti en 2017, a été nommé aux Oscars et lui a valu un Oscar d'honneur. Elle est ainsi devenue la première femme à recevoir un Palme d'honneur à Cannes, en 2015.
Agnès Varda était également une plasticienne reconnue. Elle installait des cabanes construites avec des bobines de pellicule de ses propres films dans des musées et galeries du monde entier. Cette démarche incarnait sa conviction que le cinéma n'était pas seulement un spectacle mais une matière vivante, transformable, recyclable comme la mémoire.
Son mari, le réalisateur Jacques Demy, est mort du sida en 1990. Pour lui rendre hommage, Varda a réalisé Jacquot de Nantes en 1991, reconstruisant l'enfance de Demy à partir de ses propres souvenirs. Elle a intercalé dans le film des plans de ses mains et de son visage filmés dans ses derniers jours, créant une œuvre d'une tendresse et d'une honnêteté bouleversantes.
Sources primaires
Je n'ai pas appris le cinéma, je l'ai pratiqué. J'avais une caméra et j'avais envie de raconter des histoires. Le reste, c'est du travail, de la curiosité et de l'amour des gens.
Je remercie le cinéma de m'avoir permis d'être curieuse, de voyager, de rencontrer des gens formidables et de ne jamais m'ennuyer. C'est un métier magnifique quand on aime les humains.
La Nouvelle Vague, c'était une liberté. On pouvait filmer dans la rue, improviser, ne pas avoir de gros budget. Mais moi, j'étais déjà dans cette liberté avant qu'on lui donne un nom.
La pellicule, quand elle est épuisée, devient matière. Je construis avec ce qui reste de mes films. C'est une façon de ne pas laisser mourir les images.
Lieux clés
Varda a vécu et travaillé toute sa vie adulte rue Daguerre. Elle en a fait le sujet de son documentaire Daguerréotypes (1975) et c'est là que se trouve sa maison-studio.
Ville de son adolescence et cadre de son premier film La Pointe Courte (1955). Sète reste une référence fondamentale dans son imaginaire méditerranéen et populaire.
Varda y a présenté de nombreux films et y a reçu la Palme d'honneur en 2015. Elle est une figure incontournable de l'histoire du festival.
Elle y a exposé ses installations plastiques, notamment L'Île et Elle en 2006, confirmant son statut d'artiste visuelle au-delà du cinéma.
Varda a vécu plusieurs années à Los Angeles avec Jacques Demy dans les années 1960-1970, période durant laquelle elle a réalisé Lions Love et documenté la contre-culture américaine.






