
Agnès Varda
Agnès Varda
1928 — 2019
France, Belgique
photographe, plasticienne, réalisatrice et scénariste française
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Faits marquants
Œuvres & réalisations
Premier long-métrage de Varda, tourné dans un village de pêcheurs près de Sète avec des non-professionnels. Considéré comme le film fondateur de la Nouvelle Vague avant l'heure.
Film en temps réel suivant une chanteuse pendant deux heures d'attente d'un diagnostic médical. Chef-d'œuvre de la Nouvelle Vague et manifeste féministe avant-gardiste.
Film sur une jeune femme vagabonde retrouvée morte dans un fossé. Lion d'or à Venise, ce film radical interroge la liberté, la marginalité et le regard de la société sur les femmes.
Hommage à son mari Jacques Demy, mourant, reconstituant son enfance à Nantes. Un film d'amour et de deuil d'une grande sincérité, mêlant fiction et documentaire.
Documentaire personnel tourné en caméra numérique légère, explorant la pratique du glanage en France. Varda s'y montre elle-même vieillissante, réinventant le rapport entre auteure et sujet filmé.
Autoportrait cinématographique en forme de promenade mémorielle sur les plages qui ont marqué sa vie. César du meilleur documentaire, il confirme son statut d'icône du cinéma d'auteur.
Documentaire co-réalisé avec l'artiste JR, sillonnant la France pour photographier et afficher des portraits géants. Nommé aux Oscars, ce film célèbre la rencontre intergénérationnelle et l'art dans l'espace public.
Anecdotes
Agnès Varda a réalisé son premier film, La Pointe Courte, en 1955, sans jamais avoir suivi de formation cinématographique. Elle s'est inspirée directement de la littérature américaine, notamment de William Faulkner, et a tourné avec des acteurs non professionnels dans un village de pêcheurs près de Sète. Ce film est souvent considéré comme le premier film de la Nouvelle Vague, avant même ceux de Godard ou Truffaut.
En 1962, Varda a réalisé Cléo de 5 à 7, un film tourné en temps réel suivant une chanteuse pendant deux heures d'attente médicale angoissante. Pour être au plus près du réel, elle a tourné dans les vraies rues de Paris sans autorisation officielle, avec une caméra légère portée à l'épaule, ce qui était révolutionnaire pour l'époque.
À 80 ans passés, Agnès Varda a co-réalisé Visages Villages avec le photographe JR, parcourant la France rurale à bord d'un camion-photomaton géant. Ce film, sorti en 2017, a été nommé aux Oscars et lui a valu un Oscar d'honneur. Elle est ainsi devenue la première femme à recevoir un Palme d'honneur à Cannes, en 2015.
Agnès Varda était également une plasticienne reconnue. Elle installait des cabanes construites avec des bobines de pellicule de ses propres films dans des musées et galeries du monde entier. Cette démarche incarnait sa conviction que le cinéma n'était pas seulement un spectacle mais une matière vivante, transformable, recyclable comme la mémoire.
Son mari, le réalisateur Jacques Demy, est mort du sida en 1990. Pour lui rendre hommage, Varda a réalisé Jacquot de Nantes en 1991, reconstruisant l'enfance de Demy à partir de ses propres souvenirs. Elle a intercalé dans le film des plans de ses mains et de son visage filmés dans ses derniers jours, créant une œuvre d'une tendresse et d'une honnêteté bouleversantes.
Sources primaires
Je n'ai pas appris le cinéma, je l'ai pratiqué. J'avais une caméra et j'avais envie de raconter des histoires. Le reste, c'est du travail, de la curiosité et de l'amour des gens.
Je remercie le cinéma de m'avoir permis d'être curieuse, de voyager, de rencontrer des gens formidables et de ne jamais m'ennuyer. C'est un métier magnifique quand on aime les humains.
La Nouvelle Vague, c'était une liberté. On pouvait filmer dans la rue, improviser, ne pas avoir de gros budget. Mais moi, j'étais déjà dans cette liberté avant qu'on lui donne un nom.
La pellicule, quand elle est épuisée, devient matière. Je construis avec ce qui reste de mes films. C'est une façon de ne pas laisser mourir les images.
Lieux clés
Varda a vécu et travaillé toute sa vie adulte rue Daguerre. Elle en a fait le sujet de son documentaire Daguerréotypes (1975) et c'est là que se trouve sa maison-studio.
Ville de son adolescence et cadre de son premier film La Pointe Courte (1955). Sète reste une référence fondamentale dans son imaginaire méditerranéen et populaire.
Varda y a présenté de nombreux films et y a reçu la Palme d'honneur en 2015. Elle est une figure incontournable de l'histoire du festival.
Elle y a exposé ses installations plastiques, notamment L'Île et Elle en 2006, confirmant son statut d'artiste visuelle au-delà du cinéma.
Varda a vécu plusieurs années à Los Angeles avec Jacques Demy dans les années 1960-1970, période durant laquelle elle a réalisé Lions Love et documenté la contre-culture américaine.
Objets typiques
Varda a été parmi les premières cinéastes à utiliser des caméras légères portatives pour filmer dans la rue sans contraintes. Cet outil lui permettait de capter le réel avec spontanéité et liberté.
La pellicule n'était pas seulement son outil de travail mais aussi sa matière artistique. Elle construisait des installations et des cabanes avec des bobines de ses propres films usagés.
Avant d'être cinéaste, Varda était photographe professionnelle. Son Rolleiflex lui a permis de documenter le monde du théâtre et de développer son œil artistique singulier.
Dans le cadre de sa collaboration avec JR, Varda a sillonné la France à bord d'un camion transformé en photomaton géant, permettant de tirer des portraits monumentaux sur les murs des villages.
Varda préparait ses films avec des carnets remplis d'idées visuelles et de notes écrites à la main. Sa méthode de travail mêlait rigueur conceptuelle et improvisation créative.
Dans Les Glaneurs et la Glaneuse, le panier utilisé par les glaneurs symbolise sa philosophie : récupérer ce que les autres laissent, que ce soit des pommes de terre difformes ou des images abandonnées.
Programmes scolaires
Vie quotidienne
Matin
Agnès Varda commençait ses journées tôt, souvent à son bureau de la rue Daguerre où elle lisait la presse et annotait ses carnets de préparation. Elle aimait observer les commerçants de sa rue ouvrir leurs boutiques, trouvant dans ce quotidien populaire une source d'inspiration permanente.
Après-midi
Ses après-midis étaient consacrés au tournage, au montage ou aux réunions de production dans son atelier attenant à sa maison. Elle était réputée pour sa présence constante sur le plateau, supervisant personnellement la prise de vue et le son.
Soir
Les soirées étaient souvent sociales : projections, débats au cinéma La Pagode ou dîners avec des cinéastes, artistes et intellectuels de la rive gauche. Elle restait cependant attachée à son quartier et à ses voisins, loin des mondanités du tout-Paris.
Alimentation
Varda avait un rapport simple et méditerranéen à la nourriture, hérité de ses années à Sète : poissons, légumes du marché, fromages. Elle aimait cuisiner pour ses amis et accordait une importance symbolique aux repas partagés, comme en témoigne sa fascination pour le glanage alimentaire.
VĂŞtements
Elle portait une signature vestimentaire reconnaissable : cheveux coupés court avec une frange asymétrique bicolore (gris et roux), et des vêtements confortables et colorés, souvent des tuniques ou robes amples. Elle revendiquait un style personnel affirmé, refusant les codes de la mode conventionnelle.
Habitat
Elle vivait et travaillait dans la même maison-atelier de la rue Daguerre, dans le 14e arrondissement de Paris. Ce lieu unique mêlait espace de vie, salle de montage et atelier d'art, reflétant sa conviction que la vie et l'œuvre ne peuvent être séparées.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie
Agnès Varda (Guadalajara) 11
Agnès Varda (Guadalajara) 12
Agnès Varda (Berlinale 2019) (cropped)
Franse actrices voor Cinemanifestatie op Schiphol Mag Bodard (filmproducente) en, Bestanddeelnr 925-3551 (cropped)

MJK 37447 Agnès Varda (Berlinale 2019) (cropped)
Style visuel
Esthétique documentaire à la main, lumière naturelle parisienne et méditerranéenne, mélange de noir et blanc granuleux et de couleurs saturées, avec une sensibilité d'artiste plasticienne toujours présente.
Prompt IA
French New Wave documentary aesthetic: grainy 16mm black-and-white footage alternating with warm, saturated color film stock of the 1960s-70s. Handheld camera movement, natural Parisian light filtering through windows, rue Daguerre storefronts with hand-painted signs. Close-up portraits of ordinary people with direct gazes. Collage and installation art: film reels repurposed as sculpture, photographs enlarged to mural scale on rough stone walls. Soft Mediterranean light on fishing villages, bleached colors of sun-drenched harbors. Visual warmth mixed with intellectual rigor — personal yet universal.
Ambiance sonore
Un mélange de bruits de rue parisienne populaire, du ronronnement d'une salle de montage et des sons du bord de mer méditerranéen qui ont bercé la vie et l'œuvre de Varda.
Prompt IA
Ambient sounds of a 1960s Parisian street market in the 14th arrondissement: merchants calling out, cobblestones under footsteps, a distant accordion, children playing. Then the quiet hum of a 16mm film projector in a small editing room, the rhythmic clatter of the reel, muffled street noise through a half-open window. Occasional sounds from a photography darkroom: water running, paper sliding. Outdoors, Mediterranean wind along a fishing harbor, wooden boats creaking, seagulls, waves against stone piers. A woman's calm voice narrating off-screen, intimate and curious.
Source du portrait
Wikimedia Commons





