La carte de Ahmed Zewail
Shay — le thé, ponctuation hospitalière de toute la journée

Thé à la menthe sucré de l'enfance

BoissonDocumentée🍯facile10 min

Du thé noir infusé fort, généreusement sucré, parfumé de feuilles de menthe fraîche froissées, servi bouillant dans de petits verres transparents où l'on voit la couleur ambrée. Le rituel de l'hospitalité égyptienne par excellence.

Shay — le thé, ponctuation hospitalière de toute la journée

Du thé noir infusé fort, généreusement sucré, parfumé de feuilles de menthe fraîche froissées, servi bouillant dans de petits verres transparents où l'on voit la couleur ambrée. Le rituel de l'hospitalité égyptienne par excellence.

S'il est une chose que je n'ai jamais cessé de réclamer, où que m'aient mené les laboratoires du monde, c'est un petit verre de shay bil-na'na', le thé à la menthe de mon enfance. On le veut noir et fort, très sucré — n'ayez pas la main timide sur le sucre, ce serait offenser l'hôte ! — et l'on y froisse une poignée de menthe fraîche au dernier moment. Tenez, observez la vapeur qui monte du verre : voilà un mouvement bien plus lent que ceux que j'ai passé ma vie à filmer, mais tout aussi beau. Chez nous, offrir ce verre, c'est dire « sois le bienvenu ».
Ahmed Zewail
Ingrédients
  • Thé noir en vracune cuillerée généreuse par verre (infusion forte)
  • Menthe fraîche (na'na')une poignée de feuilles (parfum)
  • Sucreabondant, au goût égyptien (douceur)
  • Eaufraîchement bouillie (infusion)
Comment on faisait : En Égypte, le thé (shay) s'est imposé comme boisson nationale au cours du XIXe-XXe siècle. On le prépare de deux façons : le shay kushari (infusé) et le shay saiidi de Haute-Égypte (bouilli longuement, très fort). La menthe (na'na') s'y ajoute l'été pour sa fraîcheur. Le sucre, très présent, et le petit verre transparent sont indissociables du rite d'hospitalité : refuser un thé offert serait inconvenant.
Sources : Claudia Roden, A Book of Middle Eastern Food · Ahmed Zewail, Voyage Through Time: Walks in Life and the Science (autobiographie, 2002)