Thé à la menthe sucré de l'enfance
Du thé noir infusé fort, généreusement sucré, parfumé de feuilles de menthe fraîche froissées, servi bouillant dans de petits verres transparents où l'on voit la couleur ambrée. Le rituel de l'hospitalité égyptienne par excellence.
Du thé noir infusé fort, généreusement sucré, parfumé de feuilles de menthe fraîche froissées, servi bouillant dans de petits verres transparents où l'on voit la couleur ambrée. Le rituel de l'hospitalité égyptienne par excellence.
S'il est une chose que je n'ai jamais cessé de réclamer, où que m'aient mené les laboratoires du monde, c'est un petit verre de shay bil-na'na', le thé à la menthe de mon enfance. On le veut noir et fort, très sucré — n'ayez pas la main timide sur le sucre, ce serait offenser l'hôte ! — et l'on y froisse une poignée de menthe fraîche au dernier moment. Tenez, observez la vapeur qui monte du verre : voilà un mouvement bien plus lent que ceux que j'ai passé ma vie à filmer, mais tout aussi beau. Chez nous, offrir ce verre, c'est dire « sois le bienvenu ».
- •Thé noir en vrac — une cuillerée généreuse par verre (infusion forte)
- •Menthe fraîche (na'na') — une poignée de feuilles (parfum)
- •Sucre — abondant, au goût égyptien (douceur)
- •Eau — fraîchement bouillie (infusion)
Thé à la menthe sucré de l'enfance
Du thé noir infusé fort, généreusement sucré, parfumé de feuilles de menthe fraîche froissées, servi bouillant dans de petits verres transparents où l'on voit la couleur ambrée. Le rituel de l'hospitalité égyptienne par excellence.
Pourquoi ce plat ? Le thé sucré à la menthe était la boisson d'enfance de Zewail, celle qu'il appréciait toute sa vie. En Égypte, le thé n'est pas un simple breuvage : c'est le geste d'accueil, servi brûlant et très sucré dans de petits verres, à toute heure.
S'il est une chose que je n'ai jamais cessé de réclamer, où que m'aient mené les laboratoires du monde, c'est un petit verre de shay bil-na'na', le thé à la menthe de mon enfance. On le veut noir et fort, très sucré — n'ayez pas la main timide sur le sucre, ce serait offenser l'hôte ! — et l'on y froisse une poignée de menthe fraîche au dernier moment. Tenez, observez la vapeur qui monte du verre : voilà un mouvement bien plus lent que ceux que j'ai passé ma vie à filmer, mais tout aussi beau. Chez nous, offrir ce verre, c'est dire « sois le bienvenu ».
Ingrédients (version d’époque)
- Thé noir en vrac — une cuillerée généreuse par verre (infusion forte)
- Menthe fraîche (na'na') — une poignée de feuilles (parfum)
- Sucre — abondant, au goût égyptien (douceur)
- Eau — fraîchement bouillie (infusion)
Ingrédients
- Thé noir (vrac ou sachets robustes) — 2 c. à café pour 500 ml (infusion)
- Menthe fraîche — 1 belle poignée (parfum)
- Sucre — 2 à 4 c. à café (selon le goût) (douceur)
- Eau — 500 ml (infusion)
Préparation
- Porter l'eau à pleine ébullition.
- Mettre le thé dans une théière (ou directement dans la casserole, à la manière populaire) et verser l'eau bouillante.
- Laisser infuser 3 à 5 min pour obtenir un thé bien corsé et ambré foncé.
- Froisser les feuilles de menthe entre les doigts pour libérer leur parfum et les ajouter en fin d'infusion.
- Sucrer généreusement, remuer, et verser brûlant dans de petits verres transparents.
- Servir aussitôt, en signe d'accueil.
Comment on faisait : En Égypte, le thé (shay) s'est imposé comme boisson nationale au cours du XIXe-XXe siècle. On le prépare de deux façons : le shay kushari (infusé) et le shay saiidi de Haute-Égypte (bouilli longuement, très fort). La menthe (na'na') s'y ajoute l'été pour sa fraîcheur. Le sucre, très présent, et le petit verre transparent sont indissociables du rite d'hospitalité : refuser un thé offert serait inconvenant.
Le twist contemporain : Servir avec un sucre candi sur un fil que l'on plonge dans le verre et que l'on regarde se dissoudre — une « cinétique de dissolution » à observer, hommage espiègle au chimiste de l'ultrarapide… ici, du très lent.
Sources : Claudia Roden, A Book of Middle Eastern Food · Ahmed Zewail, Voyage Through Time: Walks in Life and the Science (autobiographie, 2002)
Ahmed Zewail · Charactorium