Akhenaton
Akhenaton
1400 av. J.-C. — 1335 av. J.-C.
Égypte antique
Pharaon de la XVIIIème dynastie égyptienne (v. 1353-1336 av. J.-C.), Akhenaton révolutionna la religion en imposant le culte monothéiste d'Aton, le disque solaire. Il déplaça la capitale à Akhetaton (Amarna) et transforma profondément l'art égyptien.
Faits marquants
- v. 1353 av. J.-C. : Accession au trône sous le nom d'Aménophis IV
- v. 1346 av. J.-C. : Changement de nom en Akhenaton et interdiction des cultes traditionnels
- v. 1346 av. J.-C. : Fondation de la nouvelle capitale Akhetaton (Akhenaton) à Amarna
- v. 1336 av. J.-C. : Mort d'Akhenaton ; restauration du polythéisme sous ses successeurs
- Après sa mort : Damnatio memoriae — son nom est effacé des monuments par ses successeurs
Œuvres & réalisations
Poème religieux majeur attribué à Akhenaton lui-même, gravé dans la tombe du vizir Ay à Amarna. Célébrant la puissance créatrice unique d'Aton, il présente des similitudes frappantes avec le Psaume 104 de la Bible hébraïque.
Création ex nihilo d'une capitale royale et religieuse entièrement dédiée à Aton, comportant le Grand Temple d'Aton, le Palais Royal, des quartiers résidentiels et des tombes rupestres. Premier exemple connu de ville planifiée à vocation idéologique.
Première tentative historique attestée d'imposition d'un culte monothéiste d'État. Akhenaton supprima le polythéisme officiel, ferma les temples des autres dieux et concentra le culte sur Aton, dont seul le pharaon était le grand prêtre.
Révolution stylistique imposée par Akhenaton rompant avec mille ans de canons artistiques égyptiens : formes allongées, scènes familiales naturalistes, représentation des rayons d'Aton. Ce style unique disparut avec le règne mais influença durablement l'art de la XVIIIe dynastie.
Statues colossales érigées dans les temples d'Aton à Karnak, représentant le pharaon dans le style amarnien caractéristique. Brisées après sa mort, les fragments furent retrouvés en 1925 et sont aujourd'hui au Musée du Caire.
Corpus de 382 tablettes en argile constituant les archives de la diplomatie internationale d'Akhenaton avec les grandes puissances du Proche-Orient ancien. Source historique exceptionnelle sur les relations internationales du Bronze Récent.
Anecdotes
Akhenaton porta d'abord le nom d'Amenhotep IV, signifiant « Amon est satisfait ». Vers la cinquième année de son règne, il abandonna ce nom pour Akhenaton, « Celui qui est utile à Aton », rompant symboliquement avec le clergé d'Amon qui dominait l'Égypte depuis des siècles.
Pour asseoir la révolution religieuse, Akhenaton fit construire en moins de cinq ans une toute nouvelle capitale, Akhetaton (aujourd'hui Tell el-Amarna), sur un site vierge au bord du Nil. Des stèles de fondation gravées dans les falaises délimitaient le territoire sacré de la ville, que le pharaon jura de ne jamais quitter.
Sous Akhenaton, l'art égyptien subit une transformation radicale : les représentations du pharaon le montrent avec un visage allongé, des hanches larges et un ventre proéminent, à l'opposé des canons habituels. Les égyptologues débattent encore pour savoir si ce style dit « amarnien » reflétait une réelle apparence physique, une convention symbolique ou une volonté délibérée de singularité divine.
Akhenaton eut avec la reine Nefertiti au moins six filles, mais aucun fils connu d'elle. L'identité de la mère de Toutankhamon reste disputée : certains chercheurs pensent qu'il s'agit d'une épouse secondaire nommée Kiya, ce qui ferait du célèbre pharaon-enfant le fils direct d'Akhenaton.
Après la mort d'Akhenaton, son successeur Horemheb et les pharaons suivants entreprirent de détruire systématiquement toutes les traces de son règne : les temples d'Aton furent démantelés, son nom martelé sur les monuments et Akhetaton abandonnée. Cette damnatio memoriae valut à Akhenaton d'être surnommé par les Égyptiens postérieurs « l'ennemi d'Akhetaton ».
Sources primaires
Tu es beau, grand, resplendissant, tu t'élèves au-dessus de toute terre. Tes rayons embrassent les pays jusqu'aux limites de tout ce que tu as créé.
Sa Majesté chevaucha dans son char d'électrum… pour fonder Akhetaton pour son père Aton, en ce lieu qu'il s'est créé lui-même, qu'aucun dieu ni aucune déesse n'a revendiqué.
Dis au roi, mon seigneur, mon dieu, mon soleil : ainsi parle Aziru, ton serviteur. Je me prosterne aux pieds du roi, mon seigneur, sept fois et sept fois.
Quand tu te lèves, toutes les fleurs s'épanouissent ; les oiseaux s'envolent de leurs nids et leurs ailes louent ton ka.
Lieux clés
Capitale fondée par Akhenaton vers 1346 av. J.-C. au bord du Nil, en Moyenne Égypte. La ville abritait palais royaux, temples d'Aton et quartiers résidentiels ; abandonnée après sa mort, elle constitue le site archéologique amarnien majeur.
Grand complexe religieux où Akhenaton fit ériger dès le début de son règne les temples du Gém-Pa-Aton et du Hout-Benben dédiés à Aton, avant que ces structures soient démolies par ses successeurs.
Tombe royale découverte en 1907, contenant une momie que les analyses ADN de 2010 ont identifiée comme père de Toutankhamon, possiblement Akhenaton lui-même. Son identité exacte reste débattue.
Ancienne capitale administrative de l'Égypte où le culte d'Aton était également présent. Memphis restait un centre économique et militaire clé pendant le règne d'Akhenaton.
Conservation des principales œuvres de la période amarnienne, dont les colosses d'Akhenaton découverts à Karnak et de nombreux objets retrouvés à Amarna témoignant de la révolution artistique et religieuse du règne.
