ʿAdasiyya — pot de lentilles aux bettes et au cumin
Un épais potage de lentilles brunes fondues avec des feuilles de bette, relevé de cumin et d'une pointe de murrī. Nourrissant, économe, c'est le repas du penseur qui ne veut pas que son ventre détourne son esprit.
Un épais potage de lentilles brunes fondues avec des feuilles de bette, relevé de cumin et d'une pointe de murrī. Nourrissant, économe, c'est le repas du penseur qui ne veut pas que son ventre détourne son esprit.
Sache, ô lecteur, que le sage ne mange pas pour le plaisir de la langue, mais pour que le corps demeure le serviteur docile de l'âme. À ma table, on faisait cuire les lentilles dans l'eau claire jusqu'à ce qu'elles se défassent comme une pensée qui mûrit, puis l'on y jetait les bettes du jardin et un peu de cumin pilé. Une goutte de murrī suffit à donner du fond ; le reste n'est que vanité. J'ai vécu de ce pot durant mes longues nuits de Bagdad, et jamais il ne m'a trahi.
- •Lentilles brunes — une bonne poignée par convive (base nourrissante)
- •Feuilles de bette (silq) — une botte (légume)
- •Cumin pilé — au goût (épice maîtresse)
- •Murrī — quelques gouttes (condiment umami)
- •Huile d'olive ou de sésame — un filet (matière grasse)
- •Oignon — un (aromate)
ʿAdasiyya — pot de lentilles aux bettes et au cumin
Un épais potage de lentilles brunes fondues avec des feuilles de bette, relevé de cumin et d'une pointe de murrī. Nourrissant, économe, c'est le repas du penseur qui ne veut pas que son ventre détourne son esprit.
Pourquoi ce plat ? Les chroniqueurs rapportent qu'Al-Fârâbî vivait avec une grande sobriété, se contentant de pain, de légumes et de peu de viande, et méprisant le luxe de la table. Ce pot de lentilles, plat des gens simples et des étudiants pauvres de Bagdad, correspond exactement à sa manière de se nourrir entre deux séances d'étude.
Sache, ô lecteur, que le sage ne mange pas pour le plaisir de la langue, mais pour que le corps demeure le serviteur docile de l'âme. À ma table, on faisait cuire les lentilles dans l'eau claire jusqu'à ce qu'elles se défassent comme une pensée qui mûrit, puis l'on y jetait les bettes du jardin et un peu de cumin pilé. Une goutte de murrī suffit à donner du fond ; le reste n'est que vanité. J'ai vécu de ce pot durant mes longues nuits de Bagdad, et jamais il ne m'a trahi.
Ingrédients (version d’époque)
- Lentilles brunes — une bonne poignée par convive (base nourrissante)
- Feuilles de bette (silq) — une botte (légume)
- Cumin pilé — au goût (épice maîtresse)
- Murrī — quelques gouttes (condiment umami)
- Huile d'olive ou de sésame — un filet (matière grasse)
- Oignon — un (aromate)
Ingrédients
- Lentilles brunes ou vertes — 250 g (base)
- Bettes (ou épinards à défaut) — 300 g (légume)
- Cumin moulu — 1 c. à café (épice)
- Sauce soja ou pâte de miso clair (substitut du murrī) — 1 c. à café (umami)
- Huile d'olive — 2 c. à soupe (matière grasse)
- Oignon — 1 gros (aromate)
- Sel — au goût (assaisonnement)
Préparation
- Faire revenir l'oignon émincé dans l'huile jusqu'à ce qu'il blondisse.
- Ajouter les lentilles rincées et couvrir d'eau à hauteur de trois doigts, laisser mijoter 30 à 40 min.
- Incorporer les bettes ciselées (tiges puis feuilles) à mi-cuisson.
- Quand les lentilles se défont, écraser légèrement à la cuillère pour épaissir.
- Assaisonner de cumin, de murrī (ou substitut) et de sel, servir avec du pain plat.
Comment on faisait : Les lentilles (ʿadas) sont l'un des aliments les plus anciens et les plus humbles du Proche-Orient. Au Xe siècle, on les cuisait longuement dans l'eau avec des herbes potagères et on les relevait de murrī et d'épices. C'était le plat des modestes, des ascètes et des étudiants, par opposition aux ragoûts de viande des riches.
Le twist contemporain : Un trait d'huile d'olive nouvelle et un nuage de cumin torréfié au moment de servir, dressé en bol creux : la frugalité devient élégance.
Sources : Ibn Sayyâr al-Warrâq, Kitāb al-Tabīkh (Xe siècle) · Nawal Nasrallah, Annals of the Caliphs' Kitchens (2007)
Al-Farabi · Charactorium