La carte de Al-Khwârizmî
Douceur fortifiante (halwâ du maʾida)

Lawzînaj, losanges fondants à l'amande et à l'eau de rose

RemèdeDocumentée🍯moyen1 h

Pâte d'amande sucrée et parfumée à l'eau de rose, enveloppée dans une fine feuille de pâte et imbibée de sirop, découpée en losanges délicats. Une confiserie raffinée et réputée bonne pour les forces.

Pourquoi ce plat ? Les médecins abbassides tenaient l'amande et le sucre pour « réchauffants » et fortifiants de l'esprit ; on offrait ces douceurs aux convalescents et aux travailleurs intellectuels — un réconfort tout indiqué pour un esprit usé par les longues nuits de calcul à la Maison de la Sagesse.
Pour finir, l'ami, une douceur qui ranime l'esprit fatigué. Pile l'amande blanche avec le sucre jusqu'à former une pâte, parfume-la d'un soupçon d'eau de rose — pas trop, car l'excès gâte la mesure. Enferme-la dans une feuille mince comme une page de manuscrit, arrose de sirop tiède, et taille en losanges : vois, c'est la figure même du rhombe que tracent mes compas ! Les médecins la prescrivent aux esprits épuisés ; moi, j'en prenais après le calcul des étoiles, et grâce soit rendue.
Al-Khwârizmî
Ingrédients
  • Amandes émondéesen abondance (base)
  • Sucre de canneà parts généreuses (douceur)
  • Eau de rosequelques gouttes (parfum)
  • Fine feuille de pâteselon besoin (enveloppe)
  • Sirop de sucrepour imbiber (liant sucré)
Comment on faisait : Le lawzînaj (de « lawz », l'amande) est une confiserie phare des banquets abbassides, abondamment décrite dans les recueils. Sa découpe traditionnelle en losanges (rhombes) lui a donné son nom, et la médecine de l'époque lui prêtait des vertus fortifiantes.
Sources : Nawal Nasrallah, Annals of the Caliphs' Kitchens, Brill, 2007 · Lilia Zaouali, L'Islam à table, La Découverte, 2004 · Charles Perry (trad.), A Baghdad Cookery Book (Kitâb al-Tabîkh de al-Baghdâdî, 1226), Prospect Books, 2005