Réalisateur français (1922-2014), figure majeure du cinéma d'auteur et de la Nouvelle Vague. Pionnier dans l'exploration du temps, de la mémoire et de l'oubli à travers des œuvres comme Hiroshima mon amour et L'Année dernière à Marienbad.
Alain Resnais(1922 — 2014)
Alain Resnais
France
9 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Le montage, c'est le cinéma.»
Faits marquants
- Né le 3 juin 1922 à Vannes, mort le 1er mars 2014 à Paris
- Réalise Nuit et Brouillard (1956), documentaire de référence sur les camps de concentration nazis
- Hiroshima mon amour (1959), scénarisé par Marguerite Duras, consacre son style mêlant temps et mémoire
- L'Année dernière à Marienbad (1961), scénarisé par Alain Robbe-Grillet, bouleverse la narration cinématographique
- Reçoit un Ours d'or d'honneur à Berlin en 2009 pour l'ensemble de son œuvre
Œuvres & réalisations
Court-métrage documentaire sur le peintre, composé d'images de ses toiles et d'une voix-off poétique. Il remporta l'Oscar du meilleur court-métrage en 1950 et révéla le jeune Resnais comme un maître du documentaire artistique.
Documentaire sur les camps de concentration nazis, texte de Jean Cayrol (déporté) et musique de Hanns Eisler. Premier film majeur à affronter la Shoah au cinéma, il reste une référence mondiale de la mémoire historique.
Premier long métrage de fiction de Resnais, scénario de Marguerite Duras. Sa narration non-linéaire mêlant mémoire individuelle et collective ouvre la voie au cinéma d'auteur moderne.
Film-énigme scénarisé par Alain Robbe-Grillet, Lion d'or à Venise 1961. L'identité des personnages, le temps et la réalité y sont délibérément indéchiffrables, incarnant le Nouveau Roman à l'écran.
Film sur les traumatismes non-dits de la guerre d'Algérie à travers une famille de Boulogne-sur-Mer. Resnais y explore comment l'oubli et la culpabilité structurent le présent.
Fiction mêlant narration dramatique et théories du biologiste Henri Laborit sur le comportement humain. Prix du jury à Cannes, salué comme une réflexion originale sur le déterminisme et la liberté.
Diptyque cinématographique adapté d'Alan Ayckbourn, explorant les bifurcations possibles d'une même histoire selon les choix des personnages. Double César du meilleur film en 1994.
Dernier film de Resnais, réalisé à 91 ans. Adaptation théâtrale légère et mélancolique sur le désir de vivre face à la mort, récompensée à la Berlinale 2014, quelques semaines avant le décès du réalisateur.
Anecdotes
Passionné de bandes dessinées depuis l'enfance, Alain Resnais possédait une collection personnelle de plusieurs milliers d'albums. Il entretenait des relations d'amitié avec des auteurs comme René Goscinny et était considéré comme l'un des plus grands défenseurs du neuvième art dans le milieu du cinéma. Il tenta à plusieurs reprises d'adapter des œuvres de BD au cinéma, preuve que ses ambitions narratives dépassaient largement un seul médium.
Le court-métrage 'Van Gogh' (1948), composé d'images du peintre accompagnées d'une voix-off poétique, remporta l'Oscar du meilleur court-métrage en 1950. C'est l'un des premiers succès de Resnais, alors jeune réalisateur inconnu, qui s'imposa ainsi comme un maître du documentaire artistique avant même de tourner son premier long métrage de fiction.
Le film 'Nuit et Brouillard' (1955) fut retiré de la compétition officielle du Festival de Cannes 1956 à la suite d'une pression diplomatique : le gouvernement ouest-allemand protesta contre la sélection d'un film sur les camps nazis. Une image montrant un gendarme français gardant le camp de transit de Pithiviers alimenta également la controverse. Le film fut montré hors compétition et devint une référence mondiale de la mémoire de la Shoah.
Pour 'Hiroshima mon amour' (1959), Resnais avait initialement reçu commande d'un documentaire sur la paix et la bombe atomique. Il décida d'inventer une fiction et contacta Marguerite Duras — alors romancière étrangère au cinéma — pour écrire le scénario. Ce fut son premier scénario, et il révolutionna le traitement cinématographique de la mémoire traumatique en mêlant intimité amoureuse et catastrophe historique.
Alain Resnais signa et tourna son dernier film, 'Aimer, boire et chanter', à l'âge de 91 ans. Présenté à la Berlinale en février 2014 où il reçut l'Ours d'argent Alfred Bauer, Resnais décéda le 1er mars 2014, quelques semaines après la première mondiale, laissant une œuvre testament légère et mélancolique sur le désir de vivre face à la mort imminente.
Sources primaires
Même un paysage tranquille, même une prairie avec des vols de corbeaux, des moissons et des feux d'herbe, même une route où passent des voitures, des paysans, des couples, même un village pour vacances avec une foire et un clocher peuvent conduire tout simplement à un camp de concentration.
Tu n'as rien vu à Hiroshima. Rien. [...] J'ai tout vu. Tout. [...] Le musée de Hiroshima existe. [...] Comment ne pas avoir vu à Hiroshima ce qu'il y avait à voir ?
Une fois de plus — je marche, une fois de plus, le long de ces couloirs, à travers ces salons, ces galeries, dans cet édifice d'un autre siècle, ce grand hôtel aux allures de palais, aux décors interminables.
Ce qui m'intéresse depuis toujours, c'est le fonctionnement de la pensée humaine, de la mémoire. Le cinéma me paraît être le seul art capable de restituer simultanément le passé et le présent, le souvenir et l'oubli.
Lieux clés
Ville natale d'Alain Resnais, né le 3 juin 1922. Fils d'un pharmacien breton, il y passe son enfance et sa jeunesse avant de monter à Paris pour étudier le cinéma à l'IDHEC.
Ville où Resnais développe toute sa carrière après avoir étudié à l'IDHEC. Il y noue des relations avec les milieux intellectuels du Nouveau Roman et de la Nouvelle Vague, réalise l'ensemble de ses films et vit jusqu'à sa mort en 2014.
Site filmé par Resnais pour 'Nuit et Brouillard' (1955) : il parcourt les ruines des camps nazis en couleur, en contrepoint des images d'archives en noir et blanc. Ce voyage fut une expérience bouleversante pour toute l'équipe du film.
Ville dévastée par la bombe atomique en août 1945, elle est le cadre et le symbole du film éponyme (1959). Resnais y tourna des séquences au Mémorial de la Paix, confrontant mémoire collective japonaise et mémoire intime d'une actrice française.
Scène internationale où plusieurs films de Resnais furent présentés et reconnus, notamment 'Hiroshima mon amour' (1959, hors compétition) et 'Mon oncle d'Amérique' (Prix du jury, 1980), contribuant à sa consécration mondiale.