La carte de Alexandre Ier
Gruzdi solionié (champignons de lait en saumure)
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Zakouska — l'amuse-bouche froid et marin qu'on pioche en début de repas avec la vodka

Gruzdi solionié (champignons de lait en saumure)

ConservationDocumentée🧂 🫙 🍄moyen30 min (+ fermentation 3-6 semaines)
Zakouska — l'amuse-bouche froid et marin qu'on pioche en début de repas avec la vodka

Gruzdi solionié (champignons de lait en saumure)

Pourquoi ce plat ? La cueillette et la salaison des champignons des grandes forêts russes nourrissaient toutes les tables, des isbas au Palais d'Hiver. Ces champignons salés figuraient parmi les zakouski incontournables des banquets de la cour impériale, surtout pendant les longs jeûnes orthodoxes qu'Alexandre, de plus en plus pieux, observait scrupuleusement.

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Zakouska — l'amuse-bouche froid et marin qu'on pioche en début de repas avec la vodka

Champignons de lait (gruzdi) dégorgés puis conservés en saumure avec aneth, ail et feuilles de cassis. Croquants, salés, légèrement piquants et profondément umami : un trésor de garde-manger qui traverse l'hiver.

La forêt russe est généreuse à qui sait l'écouter : après la pluie d'août, les paysans m'apportent des paniers de gruzdi qu'il faut faire dégorger plusieurs jours pour ôter leur amertume de lait. On les range ensuite par couches dans le tonneau de chêne, sel, aneth, ail, feuille de cassis, et l'on pose une pierre par-dessus. Aux jours de jeûne, quand ma table renonce à la viande, ces champignons-là valent tous les rôtis. Patience et saumure : voilà comment nous gardons l'été pour le cœur de l'hiver.
Alexandre Ier
Ingrédients
  • Champignons de lait (gruzdi) fraisplein panier (ingrédient principal)
  • Gros selà couvrir chaque couche (conservation)
  • Aneth (têtes montées)plusieurs (aromate)
  • Ailquelques gousses (aromate)
  • Feuilles de cassis et de raifortune poignée (fermeté et arôme)
Comment on faisait : On salait dans de grands tonneaux de chêne ou de tilleul, lestés d'une pierre pour maintenir les champignons sous la saumure. C'était une mise en réserve massive de l'automne, indispensable pour traverser l'hiver et honorer les nombreux jours maigres du calendrier orthodoxe.
Sources : William Pokhlyobkin, « Histoire de la cuisine russe » · Elena Molokhovets, « Podarok molodym khozyaikam » (1861)

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