La carte de Alhazen
ʿAdas — lentilles au murrī et au cumin
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Ṭabīkh quotidien (plat au pot du peuple comme des savants)

ʿAdas — lentilles au murrī et au cumin

QuotidienReconstitution🧂 🍄facile50 min
Ṭabīkh quotidien (plat au pot du peuple comme des savants)

ʿAdas — lentilles au murrī et au cumin

Pourquoi ce plat ? Né à Bassora, cité des marchands et des canaux, puis savant frugal au Caire vivant en partie de la copie de manuscrits sous le règne d'al-Ḥākim, Alhazen mangeait le plat de tous les jours : légumineuses, pain et un filet de murrī. La lentille, bon marché et nourrissante, soutenait les longues nuits passées à observer la lumière et à mesurer les angles.

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Ṭabīkh quotidien (plat au pot du peuple comme des savants)

Une marmite de lentilles brunes fondues, parfumée à l'oignon doré, au cumin et au coriandre, relevée d'une cuillère de murrī qui lui donne sa profondeur. On la mange tiède, ramassée dans du pain plat, simple et rassasiante.

Écoute, ami : Dieu n'a pas fait la sagesse dépendante des viandes grasses. À ma table du Caire, quand la nuit servait à observer les rayons et non à festoyer, une écuelle de lentilles me suffisait. Je faisais dorer l'oignon dans l'huile d'olive jusqu'à ce que son odeur emplisse la pièce, j'y noyais les lentilles avec de l'eau, du cumin pilé, et au dernier moment quelques gouttes de murrī — car c'est lui qui réveille le goût comme la mesure révèle la vérité. Trempe ton pain, et rends grâce : voilà de quoi nourrir un homme qui veille.
Alhazen
Ingrédients
  • Lentilles brunesdeux poignées par convive (base nourrissante)
  • Oignonun gros (fond aromatique)
  • Huile d'oliveun trait (matière grasse)
  • Cumin et coriandre en grainsselon le goût (épices chaudes)
  • Murrī (sauce d'orge fermentée)une cuillerée (umami salé, signature)
  • Pain platà volonté (ustensile et accompagnement)
Comment on faisait : Les lentilles (ʿadas) sont l'un des plus vieux aliments cuisinés du Croissant fertile. Dans les recueils abbassides, on les enrichit selon les bourses : de murrī et d'épices chez le pauvre comme chez le savant, de viande et de queue de mouton fondue chez le riche. Le murrī, fabriqué par fermentation contrôlée de pâte d'orge salée séchée au soleil pendant des semaines, jouait alors le rôle qu'a aujourd'hui le bouillon-cube ou la sauce soja.
Sources : Nawal Nasrallah, Annals of the Caliphs' Kitchens (traduction du Kitāb al-Ṭabīkh d'al-Warrāq, Xe s.)

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