Itria au sésame et au miel, douceurs du symposion
De fines galettes croquantes de graines de sésame grillées liées au miel chaud, à peine parfumées. Franchement sucrées et craquantes, elles se grignotent du bout des doigts entre deux coupes de vin coupé d'eau — l'ancêtre direct du halva et de la pasteli grecque.
De fines galettes croquantes de graines de sésame grillées liées au miel chaud, à peine parfumées. Franchement sucrées et craquantes, elles se grignotent du bout des doigts entre deux coupes de vin coupé d'eau — l'ancêtre direct du halva et de la pasteli grecque.
Le grain nourrit le corps, mais le symposion nourrit l'esprit, et il lui faut sa douceur. Je fais griller le sésame venu de Sardes jusqu'à ce qu'il danse et chante dans la poêle, je le noie dans le miel bouillant, et j'étale le tout pour qu'il prenne en plaque dure. On en pose une part sur l'autel pour les dieux, on garde le reste pour la coupe. Crois-moi : une pensée juste vient mieux quand la bouche garde le goût du miel.
- •Graines de sésame — deux mains pleines (base croquante)
- •Miel — de quoi tout enrober (liant sucré)
- •Huile d'olive — un voile (graisser le support)
Itria au sésame et au miel, douceurs du symposion
De fines galettes croquantes de graines de sésame grillées liées au miel chaud, à peine parfumées. Franchement sucrées et craquantes, elles se grignotent du bout des doigts entre deux coupes de vin coupé d'eau — l'ancêtre direct du halva et de la pasteli grecque.
Pourquoi ce plat ? Le sésame arrivait en Ionie par les routes de Lydie qui passaient par Sardes — ville où Anaximandre se rendit, comme à Sparte où il planta un gnomon. Ces petites galettes de sésame et de miel, offertes aux dieux comme partagées entre amis quand le vin coule, accompagnaient les longues discussions du symposion.
Le grain nourrit le corps, mais le symposion nourrit l'esprit, et il lui faut sa douceur. Je fais griller le sésame venu de Sardes jusqu'à ce qu'il danse et chante dans la poêle, je le noie dans le miel bouillant, et j'étale le tout pour qu'il prenne en plaque dure. On en pose une part sur l'autel pour les dieux, on garde le reste pour la coupe. Crois-moi : une pensée juste vient mieux quand la bouche garde le goût du miel.
Ingrédients (version d’époque)
- Graines de sésame — deux mains pleines (base croquante)
- Miel — de quoi tout enrober (liant sucré)
- Huile d'olive — un voile (graisser le support)
Ingrédients
- Graines de sésame — 200 g (base croquante)
- Miel liquide — 120 g (liant sucré)
- Huile d'olive — 1 c. à café (graisser le support)
- Eau de fleur d'oranger (facultatif, clin d'œil) — quelques gouttes (parfum)
Préparation
- Fais griller le sésame à sec dans une poêle, en remuant, jusqu'à ce qu'il dore et embaume (3–4 min).
- Dans une casserole, porte le miel à frémissement quelques minutes jusqu'à ce qu'il épaississe légèrement.
- Hors du feu, verse le sésame grillé dans le miel et mélange vivement pour bien enrober.
- Étale la masse sur un plan huilé ou une feuille de cuisson, sur 1/2 cm d'épaisseur, en lissant avec une cuillère humide.
- Pendant que c'est encore chaud et souple, marque des losanges ou des carrés au couteau.
- Laisse refroidir et durcir complètement, puis casse en parts le long des marques.
Comment on faisait : Les itria (ἴτρια) étaient de fines galettes de sésame et de miel mentionnées dès la poésie grecque archaïque, ancêtres de la pasteli (παστέλι) toujours vivante en Grèce. Sésame et miel formaient le cœur des friandises antiques, le sucre de canne étant inconnu du monde méditerranéen. On en offrait aux dieux et lors des mariages et des fêtes.
Le twist contemporain : Casse-les en éclats irréguliers et plante-les dans une boule de yaourt grec au miel — une « pasteli déstructurée » à dresser à la verticale.
Sources : Andrew Dalby, Food in the Ancient World from A to Z, Routledge, 2003 (entrée « sesame », « itrion ») · Athénée de Naucratis, Le Banquet des sophistes (Deipnosophistes), livre XIV (sur les pâtisseries grecques)
Anaximandre · Charactorium