Romancier, résistant et homme d'État français (1901-1976). Auteur de La Condition humaine, il fut ministre des Affaires culturelles du général de Gaulle de 1959 à 1969 et théoricien de l'art.
André Malraux(1901 — 1976)
André Malraux
France
8 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« L'art est un anti-destin.»
« La culture ne s'hérite pas, elle se conquiert.»
« La France ne peut être la France sans la grandeur.»
Faits marquants
- 1933 : Prix Goncourt pour La Condition humaine
- 1936-1937 : Combat aux côtés des républicains espagnols lors de la guerre civile
- 1944 : Commande la brigade Alsace-Lorraine dans la Résistance
- 1959-1969 : Premier ministre des Affaires culturelles de la Ve République sous de Gaulle
- 1964 : Transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon — discours célèbre
Œuvres & réalisations
Roman se déroulant lors de l'insurrection communiste de Shanghai en 1927, récompensé par le prix Goncourt. Chef-d'œuvre de la littérature engagée, il explore les thèmes de la mort, de la fraternité et de l'absurde à travers des révolutionnaires sacrifiés.
Roman écrit pendant et après la guerre civile espagnole, dans laquelle Malraux combat personnellement. Il décrit avec un réalisme saisissant les combats aériens et les dilemmes moraux des républicains face à la montée du fascisme.
Premier grand roman de Malraux, il dépeint la révolution cantonaise de 1925 en Chine. Il établit le style et les thèmes malruciens : aventure, engagement politique, confrontation avec la mort.
Essai monumental sur l'histoire de l'art dans lequel Malraux développe le concept de musée imaginaire : grâce à la reproduction photographique, toutes les œuvres d'art de l'humanité peuvent être mentalement confrontées et dialoguer entre elles.
Œuvre autobiographique atypique dans laquelle Malraux refuse le récit chronologique pour mêler souvenirs personnels, rencontres avec les grands de ce monde (de Gaulle, Nehru, Mao) et méditations philosophiques sur la mort et le sens de l'existence.
Première grande politique culturelle française menée par Malraux, visant à rendre la culture accessible à tous les Français. Il crée les Maisons de la Culture dans les villes de province et lance le ravalement des monuments historiques de Paris.
Anecdotes
En 1923, le jeune Malraux, à peine vingt-deux ans, se rend au Cambodge avec sa femme Clara et tente de découper des bas-reliefs du temple d'Angkor Vat pour les revendre. Arrêté par les autorités coloniales françaises, il est jugé à Phnom Penh et condamné à trois ans de prison avec sursis. Cette aventure rocambolesque lui inspire ses premiers romans sur l'Asie et forge sa réputation d'aventurier.
Lors de la guerre civile espagnole (1936-1937), Malraux s'engage activement aux côtés des républicains. Il organise et commande l'Escuadra España, une escadrille aérienne composée de pilotes mercenaires et de volontaires antifascistes. Il participe personnellement à une soixantaine de missions de combat, avant de rentrer en France pour écrire L'Espoir, roman né directement de cette expérience.
En août 1944, le colonel Berger — nom de résistant de Malraux — est capturé par la Gestapo en Dordogne. Miraculeusement, il survit à l'effondrement d'un mur lors d'un bombardement et parvient à s'échapper. Quelques semaines plus tard, il prend la tête de la Brigade Alsace-Lorraine et participe à la libération de l'Alsace aux côtés des forces du général Leclerc.
En 1964, Malraux prononce le discours de panthéonisation des cendres de Jean Moulin, un texte considéré comme l'un des plus grands chefs-d'œuvre de l'éloquence française du XXe siècle. Sa phrase finale — « Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège » — est aujourd'hui mémorisée par des générations d'élèves. Il était au bord des larmes en achevant son discours.
Ministre des Affaires culturelles de 1959 à 1969, Malraux lance un chantier inédit : le ravalement et le nettoyage des façades noircies de Paris. Notre-Dame, le Palais-Royal, l'Opéra Garnier retrouvent leur blancheur d'origine sous son impulsion. Ce programme, moqué au départ sous le nom de « blanc de Malraux », transforme durablement le visage de la capitale française.
Sources primaires
« Il s'agissait de maintenir en lui, jusqu'au bout, la conscience qu'il mourait pour quelque chose. » Malraux décrit ici l'état d'esprit du révolutionnaire Katow offrant son cyanure à ses camarades avant d'être jeté vivant dans la chaudière d'une locomotive.
« Entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé. »
« Je cherche la région cruciale de l'âme où le Mal absolu s'oppose à la fraternité. » Malraux y livre une méditation sur l'aventure, la mort et le sens de l'engagement, mêlant souvenirs personnels et réflexions philosophiques.
« Il faut toujours savoir ce qu'on veut. Quand on veut la victoire, il faut faire ce qu'il faut pour ça. Pas d'autre politique. » Cette réplique résume la tension entre l'idéalisme révolutionnaire et l'efficacité militaire qui traverse tout le roman.
« L'art est un anti-destin. » Malraux y développe sa théorie du musée imaginaire : grâce à la reproduction photographique, l'humanité peut désormais confronter toutes les œuvres d'art de tous les temps et civilisations dans un espace mental universel.
Lieux clés
Malraux naît à Paris en 1901 et passe une grande partie de sa vie dans la capitale française. La ville est le centre de sa vie intellectuelle, politique et culturelle, notamment sous la Ve République.
En 1923, le jeune Malraux tente de prélever des bas-reliefs de ce temple khmer et est arrêté. Cette aventure fondatrice marque le début de sa fascination pour les civilisations non occidentales et inspire ses premiers romans.
De 1936 à 1937, Malraux combat aux côtés des républicains espagnols contre Franco, organisant et pilotant l'Escuadra España. Cette expérience directe du combat antifasciste marque profondément son œuvre et son engagement.
Malraux est arrêté par la Gestapo en Dordogne en août 1944, puis dirige la Brigade Alsace-Lorraine lors de la Libération de l'Alsace. Ces régions sont le lieu de son engagement résistant concret.
En décembre 1964, Malraux prononce devant le Panthéon le plus célèbre discours de sa carrière pour l'entrée des cendres de Jean Moulin. Ses propres cendres y seront transférées en 1996, consacrant son statut de figure nationale.
