Gogol-mogol du médecin
Un battu mousseux et doré de jaunes d'œuf et de sucre, parfois adouci de miel et allongé de lait tiède. Onctueux, réconfortant, à mi-chemin entre la friandise et le remède : on l'avale lentement pour apaiser une gorge irritée.
Un battu mousseux et doré de jaunes d'œuf et de sucre, parfois adouci de miel et allongé de lait tiède. Onctueux, réconfortant, à mi-chemin entre la friandise et le remède : on l'avale lentement pour apaiser une gorge irritée.
En ma double qualité de plumitif et de médecin de campagne, permettez-moi une ordonnance qui ne ruinera pas l'apothicaire : le gogol-mogol. Battez le jaune avec le sucre jusqu'à ce qu'il blanchisse et mousse, une larme de miel, un peu de lait tiède si la gorge gratte vraiment. Les chanteurs s'en gargarisent avant l'opéra, les enfants en réclament en faisant semblant de tousser — et je ne suis pas certain que mes confrères aux grands mots fassent beaucoup mieux. Buvez doucement, couvrez-vous, et laissez le temps faire le reste : c'est lui le vrai médecin.
- •Jaunes d'œuf frais — deux (base onctueuse)
- •Sucre — une bonne cuillerée (douceur)
- •Miel — un peu (adoucissant pour la gorge)
- •Lait tiède — un demi-verre (allongeur (facultatif))
Gogol-mogol du médecin
Un battu mousseux et doré de jaunes d'œuf et de sucre, parfois adouci de miel et allongé de lait tiède. Onctueux, réconfortant, à mi-chemin entre la friandise et le remède : on l'avale lentement pour apaiser une gorge irritée.
Pourquoi ce plat ? Tchekhov était médecin de formation et soignait gratuitement les paysans de Mélikhovo. Lui-même tuberculeux, il connaissait intimement les remèdes de maison comme le gogol-mogol, ce battu d'œuf et de sucre que les familles russes donnaient aux enfants enroués et aux chanteurs avant de monter sur scène.
En ma double qualité de plumitif et de médecin de campagne, permettez-moi une ordonnance qui ne ruinera pas l'apothicaire : le gogol-mogol. Battez le jaune avec le sucre jusqu'à ce qu'il blanchisse et mousse, une larme de miel, un peu de lait tiède si la gorge gratte vraiment. Les chanteurs s'en gargarisent avant l'opéra, les enfants en réclament en faisant semblant de tousser — et je ne suis pas certain que mes confrères aux grands mots fassent beaucoup mieux. Buvez doucement, couvrez-vous, et laissez le temps faire le reste : c'est lui le vrai médecin.
Ingrédients (version d’époque)
- Jaunes d'œuf frais — deux (base onctueuse)
- Sucre — une bonne cuillerée (douceur)
- Miel — un peu (adoucissant pour la gorge)
- Lait tiède — un demi-verre (allongeur (facultatif))
Ingrédients
- Jaunes d'œuf très frais — 2 (base onctueuse)
- Sucre — 2 c. à soupe (douceur)
- Miel — 1 c. à café (adoucissant)
- Lait — 100 ml, tiédi (allongeur (facultatif))
- Zeste de citron ou pointe de vanille — au goût (parfum (facultatif))
Préparation
- Séparez les jaunes des blancs (réservez les blancs pour un autre usage).
- Battez énergiquement les jaunes avec le sucre jusqu'à obtenir une crème pâle et mousseuse.
- Incorporez le miel, puis le lait tiède (non bouillant) en filet, sans cesser de battre.
- Parfumez d'un peu de zeste ou de vanille si vous le souhaitez.
- Buvez aussitôt, tiède, à petites gorgées.
Comment on faisait : Le gogol-mogol était un remède de maison répandu dans toute l'Europe de l'Est, donné contre les maux de gorge et la fatigue. Faute de réfrigération, on le préparait à la minute avec des œufs du jour. On le servait cru à l'époque ; aujourd'hui, par prudence sanitaire, on préfère des œufs extra-frais (ou pasteurisés) et l'on évite de le donner aux jeunes enfants, femmes enceintes et personnes fragiles.
Le twist contemporain : Servez-le dans une petite tasse à café, coiffé d'une râpure de zeste de citron, comme un « zabaglione russe » à boire au coin du feu.
Anton Tchekhov · Charactorium