Enciam amb oli i un crostó de pa (laitue à l'huile d'olive et croûton)
Quelques feuilles de laitue croquante, un peu de sel, un généreux filet d'huile d'olive vierge et un croûton de pain de campagne frotté. C'est moins une recette qu'un acte de sobriété : la cuisine ramenée à l'essentiel, comme une prière.
Quelques feuilles de laitue croquante, un peu de sel, un généreux filet d'huile d'olive vierge et un croûton de pain de campagne frotté. C'est moins une recette qu'un acte de sobriété : la cuisine ramenée à l'essentiel, comme une prière.
Tu me regardes manger et tu t'étonnes, n'est-ce pas ? Une feuille d'enciam, un filet de bon oli, une croûte de pain — voilà tout ce qu'il me faut. Le corps n'est qu'un échafaudage : on ne le charge pas plus qu'il ne faut pour tenir debout devant l'ouvrage. Notre-Seigneur a jeûné quarante jours ; moi, je demande seulement assez de force pour dresser encore une voûte vers Lui. Mange peu, mon ami, et lève les yeux.
- •Laitue de marché (enciam) — quelques belles feuilles (base fraîche et amère)
- •Huile d'olive vierge de Catalogne — un bon filet (corps gras, signature)
- •Sel de mer — une pincée (assaisonnement)
- •Pain de campagne rassis — un crostó (croûton) (accompagnement nourrissant)
Enciam amb oli i un crostó de pa (laitue à l'huile d'olive et croûton)
Quelques feuilles de laitue croquante, un peu de sel, un généreux filet d'huile d'olive vierge et un croûton de pain de campagne frotté. C'est moins une recette qu'un acte de sobriété : la cuisine ramenée à l'essentiel, comme une prière.
Pourquoi ce plat ? Vers la fin de sa vie, Gaudí mangeait quasiment cela et rien d'autre : de la laitue arrosée d'huile d'olive, parfois trempée de pain. Son jeûne du Carême de 1894 faillit le tuer. Ce plat presque rien est l'image la plus juste de son ascèse de bâtisseur tourné vers le ciel.
Tu me regardes manger et tu t'étonnes, n'est-ce pas ? Une feuille d'enciam, un filet de bon oli, une croûte de pain — voilà tout ce qu'il me faut. Le corps n'est qu'un échafaudage : on ne le charge pas plus qu'il ne faut pour tenir debout devant l'ouvrage. Notre-Seigneur a jeûné quarante jours ; moi, je demande seulement assez de force pour dresser encore une voûte vers Lui. Mange peu, mon ami, et lève les yeux.
Ingrédients (version d’époque)
- Laitue de marché (enciam) — quelques belles feuilles (base fraîche et amère)
- Huile d'olive vierge de Catalogne — un bon filet (corps gras, signature)
- Sel de mer — une pincée (assaisonnement)
- Pain de campagne rassis — un crostó (croûton) (accompagnement nourrissant)
Ingrédients
- Cœur de laitue romaine ou batavia — 1 petite, lavée (base)
- Huile d'olive vierge extra (idéalement d'Espagne) — 2 c. à soupe (signature)
- Fleur de sel — 1 pincée (assaisonnement)
- Pain de campagne — 1 tranche épaisse (croûton grillé)
- Gousse d'ail (facultatif) — 1/2 (à frotter sur le pain)
Préparation
- Laver et essorer soigneusement la laitue, déchirer les feuilles à la main dans un saladier.
- Griller la tranche de pain, la frotter à l'ail si on le souhaite, la couper en gros croûtons.
- Arroser la laitue d'huile d'olive, saler d'une pincée de fleur de sel et mélanger sans excès.
- Disposer les croûtons par-dessus et servir aussitôt, en silence si l'on veut être tout à fait fidèle à l'esprit du maître.
Comment on faisait : À la fin du XIXe siècle, la salade à l'huile était le repas maigre par excellence des jours de jeûne. On utilisait l'huile d'olive locale, souvent un peu verte et amère, et le pain rassis ne se jetait jamais : on le trempait ou on le grillait. Gaudí poussa cette frugalité à l'extrême par dévotion.
Le twist contemporain : Quelques copeaux de fromage de brebis affiné et une pluie de noix concassées transforment l'ascèse du maître en entrée moderniste, sans trahir l'esprit de l'huile et de la feuille.
Antoni Gaudí · Charactorium