Confiture de mûres d'avant la Saint-Michel
Une conserve épaisse et brillante de mûres sauvages, à peine sucrée au miel, relevée d'une pointe acidulée. Pourpre profond, parfum de sous-bois. Le dernier goût de l'été qu'on garde pour l'hiver.
Une conserve épaisse et brillante de mûres sauvages, à peine sucrée au miel, relevée d'une pointe acidulée. Pourpre profond, parfum de sous-bois. Le dernier goût de l'été qu'on garde pour l'hiver.
On raconte, et je ne le démens point, que lorsque je jetai l'Adversaire hors des hauteurs, il choit dans les ronces et les souilla de sa colère. C'est pourquoi les sages des campagnes te le disent : cueille la mûre AVANT ma fête, jamais après. Hâte-toi donc, mortel, tant que le fruit est pur : emplis-en ton chaudron, lie-le au miel et au feu doux, et scelle-le pour la saison froide. Ce que tu auras mis à l'abri avant les ténèbres te nourrira quand le buisson, lui, ne sera plus que ronce nue.
- •Mûres sauvages — un grand panier (fruit)
- •Miel — à proportion des fruits (sucre conservateur)
- •Pomme aigre râpée — une ou deux (liant naturel (pectine))
- •Verjus — un trait (acidité, conservation)
Confiture de mûres d'avant la Saint-Michel
Une conserve épaisse et brillante de mûres sauvages, à peine sucrée au miel, relevée d'une pointe acidulée. Pourpre profond, parfum de sous-bois. Le dernier goût de l'été qu'on garde pour l'hiver.
Pourquoi ce plat ? Une légende tenace veut que, lorsque Michel précipita Lucifer hors du Ciel, le démon tomba dans un buisson de ronces et, de rage, le maudit en y crachant. D'où l'interdit populaire : ne plus cueillir de mûres après la Saint-Michel. On se hâtait donc de récolter les dernières mûres avant la fête et de les mettre en conserve — un geste directement né du combat de l'archange contre le dragon.
On raconte, et je ne le démens point, que lorsque je jetai l'Adversaire hors des hauteurs, il choit dans les ronces et les souilla de sa colère. C'est pourquoi les sages des campagnes te le disent : cueille la mûre AVANT ma fête, jamais après. Hâte-toi donc, mortel, tant que le fruit est pur : emplis-en ton chaudron, lie-le au miel et au feu doux, et scelle-le pour la saison froide. Ce que tu auras mis à l'abri avant les ténèbres te nourrira quand le buisson, lui, ne sera plus que ronce nue.
Ingrédients (version d’époque)
- Mûres sauvages — un grand panier (fruit)
- Miel — à proportion des fruits (sucre conservateur)
- Pomme aigre râpée — une ou deux (liant naturel (pectine))
- Verjus — un trait (acidité, conservation)
Ingrédients
- Mûres — 1 kg (fruit)
- Miel — 400 g (sucre conservateur)
- Sucre — 200 g (prise de la confiture)
- Pomme aigre râpée — 1 (pectine naturelle)
- Jus de citron — 1 c. à soupe (acidité (à défaut de verjus))
Préparation
- Trier et rincer les mûres. Les mettre dans une bassine avec la pomme râpée et le jus de citron (ou verjus).
- Ajouter miel et sucre, mélanger et laisser macérer 1 h pour que le jus sorte.
- Cuire à feu doux puis vif en remuant, en écumant, jusqu'à ce qu'une goutte fige sur une assiette froide (environ 25 à 30 min).
- Pour une texture plus lisse, passer une partie au tamis afin d'ôter une part des pépins.
- Verser bouillant dans des pots ébouillantés, fermer et retourner. Conserver au frais et à l'abri de la lumière.
Comment on faisait : Sans sucre raffiné bon marché, la conservation des fruits se faisait au miel et par cuisson longue, parfois additionnée de verjus (jus de raisin vert) pour l'acidité. On scellait les pots avec un parchemin huilé ou de la cire. La pomme, riche en pectine, faisait prendre la gelée naturellement.
Le twist contemporain : Étiqueter chaque pot « cueillies avant le 29 septembre » — et glisser la légende du dragon au dos. Délicieuse sur le struan de la recette précédente.
Sources : John Brand, Observations on Popular Antiquities (interdit des mûres après la Saint-Michel)
Archange Michael · Charactorium