Sitos (l'aliment-socle de céréales)
Maza, la galette d'orge du quotidien
QuotidienDocumentée🧂facile25 min
Une galette plate d'orge grillée, dense et rustique, servie comme base de chaque repas. On rompt un morceau et l'on y pose l'opson — quelques olives, un éclat de fromage de chèvre, une figue.
Pourquoi ce plat ? La maza était le pain de tous les jours du citoyen athénien — celui qu'Aristote partageait avec ses élèves en arpentant les allées du Lycée. Frugale, rapide, elle laissait l'esprit libre : on ne dîne pas richement quand on veut philosopher l'après-midi.
Vois donc : l'orge nourrit le corps sans alourdir la pensée, et c'est par les choses simples qu'il faut commencer toute étude. À ma table comme au Lycée, je romps cette galette et j'y dépose une olive, un peu de fromage — rien de plus. Garde-toi de l'excès, mon élève : le ventre repu engourdit l'âme, et nous avons à observer le monde avant la nuit. Mâche lentement, et que ton repas soit, comme toute vertu, un juste milieu.
Ingrédients
- •Farine d'orge grillée (alphita) — une bonne mesure (socle)
- •Eau de source — à lier (liant)
- •Huile d'olive — un filet (gras)
- •Sel marin — une pincée (assaisonnement)
Comment on faisait : L'orge poussait plus facilement que le blé dans le sol pauvre de l'Attique : la maza était donc la nourriture démocratique par excellence, du paysan au citadin. On la préparait souvent sans cuisson, simplement en pétrissant l'alphita avec de l'eau, de l'huile ou du miel.
Sources : Athénée, Les Deipnosophistes · Andrew Dalby, Siren Feasts: A History of Food and Gastronomy in Greece