La carte de Artemisia Gentileschi
La minestra (le pottage-socle du repas quotidien)

Minestra de pois chiches et de bettes

QuotidienDocumentée🧂 🍄 ☕facile2 h (hors trempage)

Un pottage épais et nourrissant : pois chiches fondants, bettes au goût légèrement amer, parfumés d'ail, de romarin et d'huile d'olive. On le mange sur une tranche de pain rassis posée au fond de l'écuelle, qui s'imbibe du bouillon.

La minestra (le pottage-socle du repas quotidien)

Un pottage épais et nourrissant : pois chiches fondants, bettes au goût légèrement amer, parfumés d'ail, de romarin et d'huile d'olive. On le mange sur une tranche de pain rassis posée au fond de l'écuelle, qui s'imbibe du bouillon.

Sachez, vous qui me lisez, qu'avant de tenir le pinceau il faut emplir le ventre, et le mien fut souvent celui d'une maison pleine de garçons à peindre et à nourrir. Je faisais tremper mes pois chiches dès le soir, comme ma mère à Rome, et au matin ils cuisaient doucement avec une branche de romarin pendant que je broyais mes terres et mes ocres. Les bettes amères, je les jetais à la fin, un trait d'huile par-dessus, et le tout sur une croûte de pain dur — voilà de quoi tenir debout jusqu'à la nuit tombée. Ne méprisez pas ce plat de pauvres : il a porté plus d'un chef-d'œuvre.
Artemisia Gentileschi
Ingrédients
  • Pois chiches secsune bonne écuellée (base nourrissante)
  • Bettes (ou autres fanes amères de saison)une botte (verdure amère)
  • Ailquelques gousses (aromate)
  • Romarinune branche (parfum)
  • Huile d'oliveun bon filet (liaison et goût)
  • Pain rassisdes tranches (socle dans l'écuelle)
  • Selà discrétion (assaisonnement)
Comment on faisait : Les légumineuses (pois chiches, fèves, lentilles) et les fanes vertes formaient l'essentiel de la minestra populaire dans l'Italie du XVIIe siècle. On cuisait à l'eau, sans viande la plupart du temps, et le pain rassis évitait tout gaspillage : posé au fond de l'écuelle, il devenait la part la plus consistante du repas.
Sources : Bartolomeo Scappi, Opera dell'arte del cucinare, Venise, 1570 · Bartolomeo Sacchi (Platina), De honesta voluptate et valetudine, 1474