
Arthur Rimbaud
Arthur Rimbaud
1854 — 1891
France
Poète français du XIXe siècle (1854-1891), Rimbaud est une figure majeure de la poésie moderne et visionnaire. Il révolutionne la poésie par ses innovations formelles et son exploration de l'inconscient, avant d'abandonner la littérature à l'âge de 20 ans pour une vie d'aventurier en Afrique.
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Citations célèbres
« Je est un autre »
« Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens »
« L'amour est à réinventer »
Faits marquants
- 1870 : Composition du Cahier de Douai, recueil contenant ses premiers poèmes majeurs
- 1871 : Rencontre avec Paul Verlaine à Paris et participation à l'atmosphère littéraire parisienne
- 1873 : Publication d'Une Saison en Enfer, autobiographie poétique
- 1874-1875 : Composition d'Illuminations, poèmes en prose de caractère visionnaire
- 1891 : Décès à Marseille après une décennie d'aventures commerciales et d'exploration en Afrique
Œuvres & réalisations
Poème de cent vers écrit à 16 ans, décrivant un voyage maritime hallucinatoire. Chef-d'œuvre de virtuosité qui impressionna Verlaine et les poètes parisiens.
Seul ouvrage publié par Rimbaud de son vivant, ce recueil en prose autobiographique est une exploration tourmentée de la condition humaine et de l'échec poétique.
Recueil de poèmes en prose et en vers libres d'une modernité radicale. Publié par Verlaine sans l'accord de Rimbaud, il influence toute la poésie du XXe siècle.
Sonnet célèbre qui associe à chaque voyelle une couleur et des images. Ce poème incarne la démarche synesthésique et visionnaire de Rimbaud.
Sonnet écrit à 16 ans pendant la guerre franco-prussienne, décrivant un jeune soldat endormi dans la nature, dont la chute révèle qu'il est mort. Un des poèmes les plus étudiés au collège.
Sonnet autobiographique évoquant les fugues de l'adolescent sur les routes. Poème joyeux et libre qui célèbre l'errance et l'inspiration poétique.
Lettre-manifeste adressée à Paul Demeny où Rimbaud expose sa théorie du poète voyant. Ce texte est considéré comme un des grands manifestes de la poésie moderne.
Anecdotes
À 15 ans, Rimbaud fugue de Charleville pour rejoindre Paris en train, mais il est arrêté à la gare du Nord car il n'a pas payé son billet. Il est envoyé à la prison de Mazas avant que son professeur Georges Izambard ne vienne le récupérer. Cette fugue est la première d'une longue série.
Lors d'un dîner organisé par les poètes parnassiens à Paris en 1871, le jeune Rimbaud, invité par Verlaine, choque l'assemblée par son comportement provocateur. Il ponctue chaque vers lu à haute voix par les convives d'un « Merde ! » retentissant, scandalisant les poètes établis.
Rimbaud a composé « Le Bateau ivre », un poème de cent vers décrivant un voyage maritime halluciné, alors qu'il n'avait encore jamais vu la mer. Il avait 16 ans et vivait à Charleville, dans les Ardennes, loin de tout océan. Ce poème fut sa carte de visite pour se présenter aux poètes parisiens.
Après avoir abandonné la poésie vers 20 ans, Rimbaud mène une vie d'aventurier et devient négociant en café et en peaux à Harar, en Éthiopie. Il ignore totalement que ses œuvres de jeunesse sont en train de devenir célèbres en France. Verlaine avait publié ses poèmes en le croyant mort.
En février 1891, Rimbaud développe une tumeur au genou droit à Harar. Il doit être transporté sur un brancard par des porteurs pendant douze jours jusqu'au port de Zeila, dans des souffrances atroces. Il sera amputé de la jambe à Marseille et mourra quelques mois plus tard à 37 ans.
Sources primaires
Je dis qu'il faut être voyant, se faire voyant. Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d'amour, de souffrance, de folie.
Moi ! moi qui me suis dit mage ou ange, dispensé de toute morale, je suis rendu au sol, avec un devoir à chercher, et la réalité rugueuse à étreindre !
Je m'ennuie beaucoup, toujours ; je n'ai même jamais connu personne qui s'ennuyât autant que moi. Et puis, n'est-ce pas misérable, cette existence sans famille, sans occupation intellectuelle ?
Comme je descendais des Fleuves impassibles, / Je ne me sentis plus guidé par les haleurs : / Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, / Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.
Lieux clés
Ville natale de Rimbaud dans les Ardennes, qu'il appelait « Charlestown » avec mépris. Il y a grandi, y a écrit ses premiers poèmes et en a fugué à plusieurs reprises.
Rimbaud y fréquente les cercles littéraires à partir de 1871. Il y rencontre Verlaine et les poètes parnassiens, vivant dans la bohème la plus totale.
C'est dans un hôtel bruxellois, en juillet 1873, que Verlaine tire deux coups de revolver sur Rimbaud, le blessant au poignet. Cet épisode met fin à leur relation tumultueuse.
Rimbaud s'y installe comme négociant à partir de 1880. Il y passe une dizaine d'années, commerçant le café et les peaux, loin de toute activité littéraire.
Rimbaud y est amputé de la jambe droite en mai 1891 et y meurt le 10 novembre 1891, à 37 ans, veillé par sa sœur Isabelle.
Ferme familiale où Rimbaud rédige Une saison en enfer durant l'été 1873. C'est dans cette ferme isolée qu'il compose son œuvre la plus autobiographique.
Objets typiques
Rimbaud écrivait ses poèmes dans des cahiers d'écolier qu'il remplissait d'une écriture serrée. Plusieurs de ses manuscrits nous sont parvenus sous cette forme modeste.
Verlaine surnommait Rimbaud « l'homme aux semelles de vent » en raison de ses fugues incessantes et de son goût pour la marche. Rimbaud parcourait des dizaines de kilomètres à pied.
Pendant sa vie africaine, Rimbaud transportait ses marchandises et ses affaires dans des malles. Sa correspondance détaille minutieusement les objets qu'il commande depuis l'Éthiopie.
À Harar, Rimbaud pesait le café et les peaux qu'il achetait et revendait. Il tenait une comptabilité rigoureuse de ses transactions commerciales.
Rimbaud se fait envoyer un appareil photo à Harar et réalise des autoportraits et des clichés documentaires. Ce sont les seules photographies connues de lui adulte.
Objet courant des cafés et des cercles littéraires parisiens que Rimbaud fréquentait adolescent. La pipe était un accessoire typique des poètes bohèmes de l'époque.
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Mouvement
Vie quotidienne
Matin
À Charleville, le jeune Rimbaud se lève tôt pour aller au collège où il est un élève brillant, raflant tous les prix. Pendant ses fugues parisiennes, il dort souvent chez des amis poètes ou sur des bancs, et erre dans les rues dès l'aube. À Harar, il se lève aux premières lueurs pour superviser ses affaires commerciales et rédiger sa correspondance.
Après-midi
Adolescent, Rimbaud passe ses après-midi à la bibliothèque municipale de Charleville, dévorant les livres des Parnassiens et de Baudelaire. À Paris, il fréquente les cafés littéraires du Quartier Latin avec Verlaine. À Harar, il consacre ses journées au négoce, pesant le café, négociant les prix et organisant les caravanes de marchandises.
Soir
Dans sa jeunesse parisienne, Rimbaud fréquente les cafés enfumés et les dîners littéraires où il lit ses poèmes et provoque les convives. Il écrit souvent la nuit, dans un état d'exaltation créatrice. En Éthiopie, les soirées sont calmes : il tient ses comptes, écrit de longues lettres à sa famille et se couche tôt, se plaignant de l'ennui.
Alimentation
À Charleville, l'alimentation est celle d'une famille modeste des Ardennes : soupe, pain, légumes du jardin et viande occasionnelle. Lors de sa vie de bohème à Paris, Rimbaud mange peu et irrégulièrement, vivant dans une grande précarité. À Harar, il adopte une alimentation locale à base de galettes injera, de café éthiopien et de viande séchée.
Vêtements
Adolescent, Rimbaud porte des vêtements trop courts car il grandit vite et sa mère, austère, ne renouvelle pas facilement sa garde-robe. À Paris, il adopte le style bohème débraillé, cheveux longs et vêtements froissés. En Afrique, il s'habille de vêtements légers en coton blanc adaptés au climat, avec un large ceinturon pour porter son argent.
Habitat
La maison familiale de Charleville, tenue par sa mère autoritaire, est un intérieur austère et rigide. À Paris, Rimbaud n'a pas de domicile fixe : il dort chez Verlaine, chez des amis, ou dans des garnis misérables. À Harar, il occupe une maison de pierre dans la vieille ville fortifiée, qu'il décrit comme modeste mais fonctionnelle pour son commerce.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie

Rimbaud by Reginald Gray
Henri Fantin-Latour (1836-1904) Hoek van de tafel (1872) Musée d'Orsay 22-8-2017 17-21-00
Henri-Fantin-Latour-By-the-Table

Léon Weissberg portrait de Rimbaud
Portrait d'Arthur Rimbaud 1923 Armand Coussens
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Méry-FR-08-épouvantail rimbaldoïdal-03
Méry-FR-08-épouvantail rimbaldoïdal-02
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Immeuble de Heug - 2019-04-27 - 01
Style visuel
Un style visuel intense et rebelle, oscillant entre les brumes vertes des Ardennes et les ocres brûlés de l'Éthiopie, avec des textures d'encre et une qualité brute évoquant la modernité radicale de Rimbaud.
Prompt IA
A bold, rebellious visual style inspired by French Symbolist art and late 19th-century bohemian culture. Moody atmospheric lighting with dramatic contrasts between shadow and golden lamplight. The palette shifts between the grey-green misty landscapes of the Ardennes — foggy rivers, rain-soaked cobblestones, dark forests — and the ochre-burnt sienna tones of Ethiopian highlands and Harar's walled city. Ink splatter textures and handwritten manuscript elements. Portraits with an intense, defiant gaze reminiscent of Étienne Carjat's famous 1871 photograph. Art Nouveau and early Impressionist influences, with a raw, unfinished quality reflecting Rimbaud's radical modernity.
Ambiance sonore
L'univers sonore de Rimbaud oscille entre la tranquillité provinciale de Charleville — cloches, rivière, plume grattant le papier — et l'effervescence exotique de Harar avec ses marchés, ses appels à la prière et ses vents secs d'Afrique.
Prompt IA
A layered soundscape blending two worlds: first, the cobblestone streets of a small French provincial town in the 1870s — distant church bells from a Gothic cathedral, horse hooves on stone, the murmur of a river (the Meuse), creaking wooden shutters, the scratch of a pen nib on paper in a quiet room. Then shifting to the sounds of East Africa in the 1880s — the call to prayer echoing over Harar's ancient walls, braying donkeys, the chatter of a bustling market with merchants weighing coffee beans, the clink of metal scales, dry wind over arid plains, and distant drums from the Ethiopian highlands.
Source du portrait
Wikimedia Commons — domaine public — Étienne Carjat — 1872
Aller plus loin
Références
Œuvres
Le Bateau ivre
1871
Une saison en enfer
1873
Illuminations
1874 (publié en 1886)
Le Dormeur du val
1870
Lettre du voyant
15 mai 1871





