Charles Baudelaire(1821 — 1867)

Charles Baudelaire

France

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LettresPoète(sse)Écrivain(e)XIXe siècleXIXe siècle (1821-1867), Deuxième Empire et Troisième République

Poète français du XIXe siècle, fondateur de la poésie moderne. Baudelaire est surtout connu pour son recueil « Les Fleurs du Mal » (1857), qui a révolutionné la littérature en explorant la beauté du mal, de la décadence et des tourments existentiels. Son œuvre, jugée scandaleuse à l'époque, a profondément influencé la poésie contemporaine et les mouvements littéraires suivants.

Questions fréquentes

Charles Baudelaire (1821-1867) est un poète français dont l'œuvre a radicalement transformé la littérature. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a osé faire entrer dans la poésie des thèmes jusque-là jugés scandaleux : la beauté du mal, la mélancolie urbaine, les paradis artificiels. Son recueil Les Fleurs du Mal (1857) a été condamné pour outrage à la morale publique, ce qui montre à quel point il bousculait les normes. Moins un héritier du romantisme qu'un inventeur de la modernité poétique, il a ouvert la voie aux symbolistes et aux surréalistes.

Citations célèbres

« Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne »
« Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu'importe ? Au fond de l'Inconnu pour trouver du nouveau »
« La nature est un temple où de vivants piliers laissent parfois sortir de confuses paroles »

Faits marquants

  • 1841 : Voyage à l'île Bourbon qui marque profondément son imagination et sa poésie
  • 1857 : Publication de « Les Fleurs du Mal » ; le recueil est poursuivi en justice pour outrage à la morale publique, six poèmes sont censurés
  • 1861 : Édition augmentée de « Les Fleurs du Mal » avec 35 nouveaux poèmes
  • 1862 : Traduction des œuvres d'Edgar Allan Poe qui fascine Baudelaire et renforce son influence
  • 1867 : Mort à Paris après une longue maladie ; reconnaissance tardive de son génie littéraire

Œuvres & réalisations

Les Fleurs du Mal (1857)

Recueil poétique majeur qui fonde la modernité en poésie. L'œuvre explore le spleen, l'idéal, la beauté et la mort à travers une forme versifiée d'une perfection remarquable.

Les Paradis artificiels (1860)

Essai sur les effets du haschich et de l'opium, mêlant expérience personnelle et réflexion philosophique sur la quête de l'idéal par les substances.

Le Spleen de Paris (Petits Poèmes en prose) (1869 (posthume))

Recueil de cinquante poèmes en prose qui renouvelle radicalement le genre poétique en abandonnant le vers pour une prose musicale et libre.

Curiosités esthétiques et L'Art romantique (1868 (posthume))

Recueils de critiques d'art où Baudelaire théorise la modernité esthétique et défend des peintres comme Delacroix et Constantin Guys.

Traductions d'Edgar Allan Poe (1856-1865)

Traductions des Histoires extraordinaires et Nouvelles Histoires extraordinaires de Poe, considérées comme des œuvres littéraires à part entière.

Mon cœur mis à nu (1887 (posthume))

Journaux intimes fragmentaires où Baudelaire livre ses réflexions les plus personnelles sur l'art, la société et la condition humaine.

Anecdotes

En 1857, Baudelaire est poursuivi en justice pour « outrage à la morale publique » après la publication des Fleurs du Mal. Six poèmes sont condamnés et retirés du recueil. Il faudra attendre 1949 pour que la Cour de cassation réhabilite l'œuvre et annule la condamnation.

Baudelaire entretenait une relation passionnée avec Jeanne Duval, une actrice métisse qu'il surnommait sa « Vénus noire ». Elle fut l'une de ses principales muses et inspira de nombreux poèmes du cycle amoureux des Fleurs du Mal, notamment « La Chevelure » et « Le Serpent qui danse ».

À 21 ans, Baudelaire devait hériter de la fortune de son père, environ 75 000 francs-or. Mais sa famille, inquiète de ses dépenses extravagantes en vêtements et objets d'art, obtint la mise en place d'un conseil judiciaire qui lui versait une rente mensuelle modeste, le condamnant à des difficultés financières chroniques.

Baudelaire fut un admirateur passionné d'Edgar Allan Poe, dont il traduisit l'essentiel de l'œuvre en français pendant près de dix-sept ans. Ces traductions sont encore considérées aujourd'hui comme des chefs-d'œuvre littéraires à part entière et ont fait connaître Poe en Europe.

En 1864, Baudelaire s'installe à Bruxelles dans l'espoir de gagner de l'argent par des conférences. L'expérience est un échec cuisant : le public belge boude ses interventions. Aigri, il commence à rédiger un pamphlet virulent intitulé « Pauvre Belgique ! », resté inachevé.

Sources primaires

Lettre à sa mère, Caroline Aupick (1857)
Je me suis senti frappé d'un grand découragement. Une immense accumulation de dettes, la nécessité de travaux perpétuels, et surtout les horribles erreurs de ma jeunesse, voilà ce qui me tourmente.
Préface des Fleurs du Mal, projet de préface (1857)
Ce livre n'a pas été fait dans un autre but que de me divertir et d'exercer mon goût passionné de l'obstacle.
Réquisitoire du procureur Pinard lors du procès des Fleurs du Mal (1857)
L'auteur a voulu tout peindre, tout mettre à nu. Il fouille la nature humaine dans ses replis les plus intimes ; il emploie, pour la rendre, des tons vigoureux et saisissants, il l'exagère surtout dans ses côtés hideux.
Mon cœur mis à nu (journaux intimes) (1864)
Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l'une vers Dieu, l'autre vers Satan. L'invocation à Dieu, ou spiritualité, est un désir de monter en grade ; celle de Satan, ou animalité, est une joie de descendre.

Lieux clés

Hôtel Pimodan (Île Saint-Louis, Paris)

Baudelaire y résida de 1843 à 1845. C'est dans ce lieu qu'il fréquenta le Club des Hashischins et mena sa vie de dandy.

Quartier Latin, Paris

Quartier de la jeunesse littéraire de Baudelaire, où il fréquentait cafés, librairies et cercles artistiques de la rive gauche.

Cimetière du Montparnasse, Paris

Lieu de sépulture de Baudelaire, où il repose depuis 1867. Sa tombe est régulièrement fleurie par des admirateurs.

Honfleur, Normandie

La mère de Baudelaire y possédait une maison. Le poète y séjourna à plusieurs reprises et y trouva l'inspiration pour certains poèmes maritimes.

Bruxelles, Belgique

Baudelaire y vécut de 1864 à 1866, période d'isolement et de déclin physique marquée par l'échec de ses conférences.

Voir aussi