Asherah est une grande déesse mère du panthéon cananéen et syrien, vénérée comme reine des cieux et épouse du dieu El. Son culte, attesté dès le IIe millénaire av. J.-C., s'étendait de la Phénicie à l'Ugarit et influença les pratiques religieuses du Proche-Orient ancien, y compris en Israël.
Asherah
Ashera
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Attestée dans les textes cunéiformes d'Ugarit (actuelle Syrie) vers 1400-1200 av. J.-C.
- Épouse du dieu suprême El dans la mythologie cananéenne, mère de soixante-dix dieux
- Son symbole, l'asherah, était un poteau sacré ou un arbre stylisé dressé près des autels
- Mentionnée dans la Bible hébraïque (Ancien Testament) comme objet de culte condamné par les prophètes
- Des inscriptions du VIIIe siècle av. J.-C. (Khirbet el-Qom, Kuntillet Ajrud) l'associent à Yahvé
Œuvres & réalisations
Grande épopée mythologique en six tablettes cunéiformes où Asherah joue un rôle pivot : elle intercède auprès d'El pour que Baal obtienne son palais divin et soutient différentes factions divines selon les épisodes. C'est la source la plus développée sur sa personnalité mythologique.
Épopée ugaritique mettant en scène un roi légendaire de Canaan ; Asherah y apparaît comme puissance divine capable de maudire ou de bénir les souverains, illustrant son importance dans la légitimation du pouvoir royal.
Pratique religieuse répandue dans tout le Levant consistant à planter un poteau ou un arbre symbolisant la déesse près des autels. Mentionné des dizaines de fois dans la Bible hébraïque, ce culte est l'une des traces les plus durables de la vénération d'Asherah dans le monde sémitique occidental.
Ensemble de plusieurs milliers de statuettes féminines en argile retrouvées dans les habitations et sépultures d'Israël et de Juda, représentant très probablement Asherah dans sa fonction de protectrice du foyer et de la maternité. Ce corpus est la manifestation archéologique la plus abondante de son culte populaire.
Deux ensembles épigraphiques majeurs attestant l'association de YHWH à « son Asherah » dans les pratiques religieuses populaires israélites et judéennes. Ces textes courts sont des documents historiques de premier ordre pour comprendre l'évolution du monothéisme hébreu.
Anecdotes
Dans les mythes d'Ugarit (actuelle Syrie), Asherah est décrite comme la « Dame de la Mer » et mère de soixante-dix divinités, dont Baal et Anat. Lorsque Baal souhaitait obtenir un palais divin, c'est elle qui intercédait auprès d'El, son époux souverain, pour faire accepter sa requête — illustrant son rôle de médiatrice indispensable au sein du panthéon cananéen.
La Bible hébraïque mentionne plus de quarante fois le « pieu d'Asherah » (en hébreu : אֲשֵׁרָה), un poteau ou arbre sacré planté près des autels. Le roi Salomon lui-même aurait toléré son culte à Jérusalem, et le livre des Rois rapporte que la reine Jézabel entretenait quatre cents prophètes d'Asherah à sa cour, avant que le prophète Élie ne les affronte sur le mont Carmel.
En 1975, des archéologues découvrent à Kuntillet Ajrud, dans le désert du Sinaï, des inscriptions datant du VIIIe siècle av. J.-C. portant la formule « YHWH de Samarie et son Asherah ». Cette découverte bouleverse les historiens : elle prouve qu'une partie des Israélites associait leur dieu national à une épouse divine, bien avant la consolidation du monothéisme strict.
Les tablettes d'Ugarit, découvertes en 1929 sur le site de Ras Shamra, révèlent qu'Asherah portait le titre d'« Athirat Yam » — « Celle qui parcourt la mer ». Ce surnom évoque sa maîtrise des eaux primordiales et son rôle cosmogonique dans la création du monde selon la mythologie cananéenne.
Le roi Josias de Juda, vers 621 av. J.-C., mena une vaste réforme religieuse décrite dans le Second livre des Rois : il fit brûler la statue d'Asherah qui se trouvait dans le Temple de Jérusalem et détruisit ses autels à travers tout le royaume. Ce tournant marque l'affirmation d'un monothéisme strict dans la religion d'Israël, mettant fin à des siècles de coexistence des cultes.
Sources primaires
Athirat aperçut la marche de Baal, la marche de Baal et la démarche du vainqueur des nuages. Elle leva les yeux et vit. Elle lâcha la quenouille... et cria vers Baal : 'Pourquoi es-tu venu, Baal ? Pourquoi es-tu venu, fils de Dagan ?'
« Maintenant envoie convoquer tout Israël vers moi sur le mont Carmel, ainsi que les quatre cent cinquante prophètes de Baal et les quatre cents prophètes d'Asherah qui mangent à la table de Jézabel. »
« Je te bénis par YHWH de Samarie et par son Asherah. »
« Le roi ordonna à Hilqiyahu le grand-prêtre [...] de sortir du Temple de YHWH tous les ustensiles fabriqués pour Baal, pour Asherah et pour toute l'armée des cieux. »
« Béni soit Ouriyahu par YHWH, et par son Asherah il l'a sauvé. »
Lieux clés
Cité portuaire du Levant où ont été découvertes en 1929 les tablettes mythologiques les plus riches sur Asherah/Athirat. C'est le principal foyer documenté de son culte au IIe millénaire av. J.-C., et les textes ugaritiques font d'elle la grande reine du panthéon.
Site de relais caravanier dans le nord du Sinaï où des inscriptions du VIIIe siècle av. J.-C. mentionnent « YHWH et son Asherah ». Cette découverte est l'une des preuves les plus directes d'un culte syncrétique populaire associant YHWH à une épouse divine.
Selon la Bible, une statue d'Asherah fut placée à l'intérieur même du Temple de Jérusalem, jusqu'à sa destruction ordonnée par le roi Josias en 621 av. J.-C. Sa présence en ce lieu sacré témoigne de l'enracinement profond de son culte, y compris au sommet de l'État.
Capitale du royaume d'Israël du Nord, où la reine Jézabel d'origine phénicienne fit prospérer le culte d'Asherah avec ses quatre cents prophètes. Les inscriptions de Kuntillet Ajrud mentionnent spécifiquement « YHWH de Samarie ».
Grande cité phénicienne où le culte d'Asherah sous le titre de « Dame de Sidon » était particulièrement vivace. Jézabel, qui propagea son culte en Israël, était princesse sidonienne, faisant de Sidon un vecteur majeur de diffusion de la déesse vers les royaumes hébreux.
Objets typiques

Objet cultuel central, ce poteau de bois (ou arbre taillé) planté près des autels symbolisait la déesse. La Bible hébraïque en ordonne la destruction répétée lors des réformes religieuses, témoignant de sa popularité tenace dans les campagnes.

Des milliers de statuettes représentant une femme aux seins prononcés, tenant ses seins à deux mains, ont été retrouvées dans les maisons et tombes d'Israël et de Juda (VIIIe–VIe siècle av. J.-C.). Les archéologues les associent majoritairement au culte domestique d'Asherah, déesse protectrice de la maternité.

Ces tablettes d'argile inscrites en alphabet cunéiforme contiennent les principaux mythes où Asherah apparaît, notamment le Cycle de Baal où elle intercède auprès d'El. Elles constituent la source documentaire la plus riche sur sa mythologie.

Dans l'iconographie du Proche-Orient ancien, Asherah est souvent représentée comme un arbre de vie flanqué de chèvres broutant ses branches ou de lions. Ce motif, présent sur des ivoires, sceaux et plaques votives, en fait le symbole ultime de la fertilité et de la vie.

En tant qu'épouse d'El, le souverain des dieux, Asherah siège à ses côtés dans les textes ugaritiques. Le trône symbolise sa royauté céleste et son autorité au sein du panthéon comme mère de toutes les divinités.

Animal emblématique d'Asherah dans plusieurs représentations iconographiques du Levant et d'Égypte, le lion évoque sa puissance et son aspect souverain. Elle est parfois figurée debout sur un lion, dans la tradition des grandes déesses du Proche-Orient.
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Vie quotidienne
Matin
Dans les foyers cananéens et israélites, le début de journée pouvait être placé sous la protection d'Asherah. Devant une petite figurine en argile représentant la déesse, la maîtresse de maison prononçait une prière ou versait une libation d'huile pour protéger ses enfants, assurer la fertilité et écarter les maladies.
Après-midi
Dans les sanctuaires locaux (bamot), les officiants du culte entretenaient le poteau sacré d'Asherah, arrosaient les arbres votifs et recevaient les offrandes des pèlerins — huile, farine, agneaux — pour s'attirer les faveurs de la déesse en faveur des récoltes, des naissances et des troupeaux.
Soir
Les rites nocturnes en l'honneur d'Asherah, décrits avec réprobation par les prophètes hébreux, se tenaient sur les hauteurs et sous les arbres sacrés au coucher du soleil : chants, danses rituelles et offrandes de gâteaux en forme d'étoile à la « reine des cieux », pratique encore attestée à l'époque de l'exil babylonien selon le livre de Jérémie.
Alimentation
Les offrandes alimentaires à Asherah comprenaient du pain, des gâteaux pétris à son image et parfumés au miel, de l'huile d'olive et du vin. Le livre de Jérémie (7:18 ; 44:19) décrit des familles entières préparant ces « gâteaux pour la reine des cieux », pratique que le prophète condamne mais qui témoigne de son enracinement dans la vie quotidienne.
Vêtements
Dans l'iconographie du Proche-Orient ancien, Asherah est représentée nue ou vêtue d'une longue robe à franges, portant une coiffe en forme de corne ou de disque solaire, attributs communs aux grandes déesses. Ses prêtresses et servantes portaient probablement des vêtements rituels en lin blanc lors des cérémonies officielles dans les grands temples.
Habitat
Selon les textes d'Ugarit, Asherah réside dans un palais divin au bord des sources et de la mer primordiale, aux côtés d'El son époux. Sur terre, elle était présente dans les sanctuaires à ciel ouvert (bamot), dans les temples des grandes cités phéniciennes et cananéennes, ainsi que dans les niches votives des maisons ordinaires, où ses figurines en argile trônaient comme gardiennes du foyer.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Cycle de Baal (épopée d'Ugarit, KTU 1.1–1.6)
XIVe–XIIe siècle av. J.-C.
Poème de Keret (épopée d'Ugarit, KTU 1.14–1.16)
XIVe–XIIe siècle av. J.-C.
Culte du poteau sacré (asherah)
IIe–Ier millénaire av. J.-C.
Corpus des figurines Pilier-Asherah
VIIIe–VIe siècle av. J.-C.
Inscriptions de Kuntillet Ajrud et de Khirbet el-Qom
VIIIe siècle av. J.-C.






