Diplomate et explorateur français (1766-1834), il participa à l'expédition de La Pérouse comme interprète et fut le seul membre à rentrer en Europe avant le naufrage. Il traversa la Sibérie pour rapporter les journaux de bord à Paris.
Barthélemy de Lesseps(1766 — 1834)
Barthélemy de Lesseps
France
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Questions fréquentes
Faits marquants
- 1766 : naissance à Saint-Pétersbourg, fils d'un consul français en Russie
- 1785-1788 : participe à l'expédition de La Pérouse comme vice-consul et interprète
- 1788 : débarqué au Kamtchatka, traverse la Sibérie pour rapporter les journaux de l'expédition à Paris
- 1790 : publie son récit 'Voyage de Lesseps' relatant sa traversée de la Sibérie
- Seul membre de l'expédition La Pérouse à avoir survécu, les autres ayant péri dans le naufrage de 1788
Œuvres & réalisations
Principal ouvrage de Lesseps, ce récit en deux volumes décrit sa traversée de la Sibérie depuis Petropavlovsk jusqu'à Saint-Pétersbourg puis Paris. C'est un document à la fois scientifique et littéraire, témoignage unique sur les peuples et les paysages de Sibérie orientale à la fin du XVIIIe siècle.
En sa qualité de consul de France à Cronstadt, Lesseps rédigea de nombreux rapports diplomatiques sur la situation commerciale et politique de l'Empire russe, constituant une source précieuse pour l'histoire des relations franco-russes.
Lesseps contribua aux notes et corrections de la publication posthume du Voyage de La Pérouse en 1797, apportant son témoignage direct sur les événements auxquels il avait participé et authentifiant les documents de l'expédition.
Anecdotes
En septembre 1787, La Pérouse décide de faire débarquer Barthélemy de Lesseps à Petropavlovsk-Kamtchatski pour qu'il rapporte en France les précieux journaux de bord de l'expédition. Ce choix s'explique par la maîtrise du russe par Lesseps, héritée de son enfance à Saint-Pétersbourg où son père était consul. Il devient ainsi le seul membre de l'équipage à quitter l'expédition avant le naufrage.
Le voyage de retour de Lesseps à travers la Sibérie constitue un exploit en soi : il parcourut près de 10 000 kilomètres en traîneaux, à cheval et à pied, traversant des territoires glacés et quasiment inhabités. Il arriva à Paris en octobre 1788, après quatorze mois de périple, portant les documents scientifiques qui allaient révéler au monde les découvertes de La Pérouse.
Lesseps remit les journaux de bord et les cartes à Louis XVI en personne à Versailles, quelques mois seulement avant que la Révolution française ne bouleverse l'ordre monarchique. Le roi, passionné de géographie et de navigation, avait lui-même contribué à planifier l'expédition de La Pérouse, et selon la tradition, aurait demandé des nouvelles de l'explorateur jusqu'à la fin.
Lorsque les navires de La Pérouse firent naufrage près de l'île de Vanikoro (Pacifique) en 1788, Lesseps était déjà en sécurité en France. Il devint ainsi le dernier témoin capable de raconter l'expédition de l'intérieur. Son récit, publié en 1790, fut l'une des sources principales permettant aux historiens de reconstituer les derniers mois de La Pérouse avant la catastrophe.
Barthélemy de Lesseps était l'oncle de Ferdinand de Lesseps, le futur constructeur du canal de Suez. Le goût de l'aventure et des grandes entreprises semblait couler dans les veines de cette famille. Barthélemy poursuivit une carrière diplomatique après son retour de Sibérie, servant notamment comme consul de France à Cronstadt et à Lisbonne.
Sources primaires
Le 6 octobre 1787, je débarquai à Petropavlovsk, chargé de la mission la plus précieuse que pût me confier M. de La Pérouse : porter en France les journaux, les cartes et les observations scientifiques de notre expédition, traversant pour ce faire les vastes contrées de la Sibérie.
M. de Lesseps, interprète de l'expédition, fut chargé de porter en Europe les papiers et les journaux de notre voyage. Sa connaissance de la langue russe le désignait naturellement pour cette mission de la plus haute importance.
Je fais partir M. de Lesseps avec tous nos journaux et nos cartes. Si par quelque malheur notre expédition venait à périr, ces documents seraient au moins sauvés pour la science et pour la gloire de la France.
M. de Lesseps a accompli avec un courage et une persévérance remarquables la mission dont l'avait chargé M. de La Pérouse. Il est arrivé à Paris après un voyage de plus de quatorze mois à travers les contrées les plus inhospitalières de l'Empire russe.
Lieux clés
Port militaire d'où la Boussole et l'Astrolabe appareillèrent le 1er août 1785. C'est depuis ce port breton que Lesseps embarqua pour l'aventure qui allait changer sa vie.
Port russe sur la presqu'île du Kamtchatka où La Pérouse fit escale en septembre 1787 et d'où Lesseps commença sa traversée de la Sibérie pour rapporter les journaux de bord en France.
Capitale de l'Empire russe où Lesseps avait grandi, son père y étant consul de France. Il y retrouva des connaissances après sa traversée de la Sibérie avant de poursuivre vers Paris.
Résidence royale où Lesseps remit en personne les journaux de bord à Louis XVI en 1788. Cette remise symbolique marqua l'accomplissement de sa mission extraordinaire.
Ville principale de la Sibérie orientale que Lesseps traversa lors de son épopée. Cette étape représentait l'une des haltes majeures de son voyage à travers des territoires pratiquement vierges.
Objets typiques

Lesseps était chargé de conserver et de transporter les précieux journaux de bord de l'expédition La Pérouse à travers la Sibérie. Ces documents, rédigés quotidiennement par les officiers, constituaient la mémoire scientifique et géographique du voyage.

Lors de sa traversée de la Sibérie en hiver, Lesseps utilisa des traîneaux tirés par des chiens ou des chevaux pour franchir les immenses étendues glacées. Ce moyen de transport typique des populations sibériennes lui permit de survivre aux températures extrêmes.

Instrument de navigation essentiel à bord des frégates de La Pérouse, le sextant permettait de mesurer la hauteur des astres pour déterminer la latitude. Lesseps, familier de son usage, en comprenait l'importance scientifique pour les relevés cartographiques.

Vêtement chaud en fourrure d'ours ou de renard, indispensable pour affronter les hivers sibériens. Lesseps dut adopter la tenue locale lors de sa traversée, remplaçant son habit d'officier par des vêtements fournis par les populations sibériennes rencontrées en route.

Les cartes et relevés cartographiques de l'expédition constituaient un trésor scientifique que Lesseps devait absolument préserver. Ces documents représentaient des années d'observations et permettaient de cartographier des côtes encore inconnues des Européens.

En tant que porteur de documents officiels, Lesseps disposait de lettres de créance délivrées par les autorités russes, qui lui permirent de traverser l'Empire russe et de bénéficier de l'assistance des gouverneurs locaux tout au long de son périple sibérien.
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Vie quotidienne
Matin
Lors de sa traversée de la Sibérie, Lesseps se levait avant l'aube pour profiter des courtes heures de clarté hivernale. Il consacrait ses matinées à la vérification des attelages de traîneaux, à la consultation de ses guides locaux et à la rédaction de notes sur les paysages et les peuples rencontrés.
Après-midi
Les après-midis étaient consacrés au voyage proprement dit, avançant le plus vite possible sur les pistes sibériennes. Dans les villes-relais, Lesseps rencontrait les gouverneurs et commandants militaires russes, s'appuyant sur ses lettres de créance pour obtenir assistance et logement.
Soir
Le soir venu, Lesseps s'installait dans les auberges ou les isbas qui jalonnaient la route. Il profitait de ces haltes pour mettre à jour son journal de voyage et entretenir ses documents précieux, les protégeant du froid et de l'humidité.
Alimentation
En Sibérie, Lesseps adoptait la nourriture locale : poissons fumés, viandes séchées, pain noir et thé chaud constituaient les bases de son alimentation quotidienne. Dans les grandes villes comme Irkoutsk ou Yakoutsk, il pouvait apprécier une cuisine plus élaborée chez les notables russes qui l'accueillaient.
Vêtements
Pour affronter les rigueurs du climat sibérien, Lesseps avait troqué son habit d'officier contre les vêtements traditionnels locaux : pelisse en fourrure, bottes en peau de renne et chapka (bonnet en fourrure). Ces vêtements, fournis par les populations rencontrées, étaient essentiels à sa survie par des températures pouvant descendre sous -40°C.
Habitat
Lors de sa traversée, Lesseps logeait dans des conditions très variables : isbas paysannes enfumées dans les villages reculés, maisons de bois plus confortables chez les marchands sibériens, ou encore demeures des gouverneurs dans les grandes villes. À Paris, il résidait dans un appartement de fonctionnaire, conformément à son statut de consul.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Journal historique du voyage de M. de Lesseps, consul de France, employé dans l'expédition de M. le comte de La Pérouse
1790
Rapports consulaires sur la Russie
1790-1800
Témoignages et notes pour la publication posthume du Voyage de La Pérouse
1797






