Phidias est considéré comme le plus grand sculpteur de la Grèce antique au Ve siècle av. J.-C. Il réalisa la statue chryséléphantine d'Athéna Parthénos et celle de Zeus à Olympie, comptée parmi les Sept Merveilles du monde antique.
Phidias(499 av. J.-C. — 429 av. J.-C.)
Phidias
Athènes
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Vers 490 av. J.-C. : naissance présumée à Athènes
- Vers 447-432 av. J.-C. : supervision des chantiers artistiques du Parthénon sous Périclès
- 438 av. J.-C. : achèvement de la statue chryséléphantine d'Athéna Parthénos
- Vers 435 av. J.-C. : réalisation de la statue de Zeus à Olympie, l'une des Sept Merveilles du monde
- Vers 432 av. J.-C. : accusé d'impiété et de détournement d'ivoire, emprisonné à Athènes
Œuvres & réalisations
Colossale statue de bronze représentant Athéna guerrière, haute d'environ 9 mètres, érigée sur l'Acropole entre les Propylées et le Parthénon. Elle était si imposante que son casque et sa lance dorés servaient de point de repère pour les marins entrant dans le port du Pirée.
Statue de bronze représentant Athéna tenant son casque à la main et montrant son visage sans armure, commandée par les colons athéniens de Lemnos. Elle était considérée par Pausanias comme la plus belle de toutes les œuvres de Phidias.
Chef-d'œuvre absolu de la sculpture grecque : statue de 12 mètres en or et ivoire représentant Athéna dans le Parthénon. Elle portait sur son bouclier des scènes sculptées (Amazonomachie), une Nike dans la main droite et une armure complète ornée de scènes mythologiques.
Frise de 160 mètres en marbre du Pentélique sculptée en bas-relief représentant la procession des Grandes Panathénées avec cavaliers, porteurs d'offrandes et dieux de l'Olympe. Phidias en conçut le programme iconographique et supervisa l'exécution par son atelier.
Statue assise de Zeus haute d'environ 13 mètres en or et ivoire, classée parmi les Sept Merveilles du monde antique. Si imposante que selon Strabon, si le dieu se levait il percerait le toit du temple ; elle fut admirée pendant près de neuf siècles avant de disparaître.
Statue d'Athéna guerrière en bois de cèdre doré avec visage, mains et pieds en marbre pentélique, commandée en remerciement pour la victoire de Platées. Elle illustre la technique mixte (akrolithe) que Phidias maîtrisait avant de passer à la technique chryséléphantine.
Anecdotes
Phidias était le grand ami personnel de Périclès, l'homme d'État le plus puissant d'Athènes. C'est à lui que Périclès confia la supervision de l'ensemble du chantier de l'Acropole vers 447 av. J.-C. Cette amitié lui valut l'inimitié des ennemis politiques du stratège, qui l'attaquèrent à travers lui vers 432 av. J.-C. en l'accusant d'avoir détourné l'or et l'ivoire destinés à la statue d'Athéna.
Pour prévenir toute accusation de vol, Phidias avait eu l'idée de fixer les plaques d'or de la statue d'Athéna de manière à ce qu'elles puissent être démontées et pesées à tout moment. Malgré cette précaution, ses adversaires l'accusèrent d'impiété pour avoir représenté son propre visage et celui de Périclès sur le bouclier d'Athéna — un sacrilège aux yeux des Athéniens.
Dans son atelier à Olympie — retrouvé par les archéologues en 1954-1958 — on découvrit des outils de sculpteur, des moules en terre cuite et une coupe portant l'inscription grecque 'J'appartiens à Phidias' (ΦΕΙΔΙΟΥ ΕΙΜΙ). Cette trouvaille a permis de localiser avec certitude le lieu de création de la statue de Zeus, permettant d'affirmer que l'atelier était contemporain du sculpteur.
La statue de Zeus à Olympie était si colossale (environ 13 mètres) que le géographe Strabon écrivit que si Zeus s'était levé de son trône, il aurait défoncé le toit du temple. Le général romain Paul-Émile, vainqueur de la Macédoine en 168 av. J.-C., déclara qu'il croyait voir le dieu lui-même en la contemplant.
Quintilien, rhéteur romain du Ier siècle ap. J.-C., formula un jugement resté célèbre sur Phidias : il avait su 'ajouter quelque chose à la religion reçue', tant la majesté de ses œuvres égalait celle des dieux eux-mêmes. Cette formule exprime bien l'idée que Phidias n'avait pas seulement représenté les dieux mais leur avait donné une forme définitive dans l'imaginaire du monde antique.
Sources primaires
Phidias présidait à tout et surveillait tout pour Périclès, bien que de grands architectes et artistes fussent employés aux différents travaux. [...] Les ennemis de Périclès jalousaient sa gloire et l'attaquèrent à travers Phidias, l'accusant d'impiété pour avoir représenté sur le bouclier d'Athéna son propre portrait et celui de Périclès.
La statue de Zeus est en or et en ivoire ; le dieu est assis sur un trône. Dans sa main droite il tient une Niké en or et en ivoire, et dans sa main gauche un sceptre orné de tous les métaux, avec un aigle posé au sommet. Les sandales du dieu sont en or, son manteau de même ; des figures et des fleurs de lis y sont ciselées.
Phidias est généralement considéré comme ayant révélé la gloire de l'art de la sculpture chryséléphantine. Son Athéna au Parthénon est haute de vingt-six coudées et est entièrement en ivoire et en or ; au milieu de son casque est placée une image du Sphinx.
Phidias créa la statue de Zeus en chrysélephantine pour le temple d'Olympie. Elle était si grande que, bien que le temple fût lui-même très vaste, l'artiste parut avoir manqué de proportion : il fit asseoir le dieu mais la tête touche presque le plafond, de sorte que si Zeus se levait il soulèverait le toit.
Phidias est jugé le plus habile à représenter les dieux plutôt que les hommes. En ivoire, nul ne peut lui être comparé, et cela serait vrai même si l'on ne prenait en compte que le Jupiter d'Olympie et la Minerve d'Athènes. Il a su ajouter quelque chose à la religion reçue, tant la majesté de l'œuvre égale la majesté du dieu.
Lieux clés
Temple d'Athéna Parthénos construit entre 447 et 438 av. J.-C. sur le rocher de l'Acropole. Phidias supervisa l'ensemble du chantier et créa la statue chryséléphantine colossale d'Athéna qui y était abritée, haute d'environ 12 mètres.
Site des Jeux olympiques dans le Péloponnèse, où Phidias créa entre 435 et 432 av. J.-C. la statue de Zeus classée parmi les Sept Merveilles du monde antique. Son atelier, retrouvé par les archéologues en 1954, jouxtait le temple.
Bâtiment de plan rectangulaire découvert à l'ouest du temple de Zeus, de dimensions identiques à la nef du temple pour permettre de travailler à l'échelle réelle. Les fouilles y ont livré des outils, des moules et la fameuse coupe portant son nom.
Cœur de la vie civique et intellectuelle athénienne où Phidias, en tant qu'artiste officiel de Périclès, côtoyait philosophes, architectes et hommes politiques. C'est également là que se déroulaient les procès, dont celui qui le condamna.
Entre les Propylées et le Parthénon s'élevait la gigantesque statue de bronze d'Athéna Promachos réalisée par Phidias vers 460 av. J.-C. Sa pointe de lance dorée et son casque brillant au soleil étaient visibles depuis le cap Sounion, à plus de 50 km.
Objets typiques

Outil essentiel du sculpteur grec en fer forgé, utilisé pour tailler le marbre ou ciseler l'ivoire. Phidias maîtrisait toutes les techniques de sculpture, du grand format en marbre aux détails de précision des statues chryséléphantines.

L'or de la statue d'Athéna était façonné en fines plaques amovibles fixées sur l'armature de bois. Phidias avait conçu ce système ingénieux pour que l'or puisse être pesé et contrôlé à tout moment, preuve de sa probité dans la gestion de ce matériau précieux.

Matériau de luxe importé d'Afrique ou d'Inde, l'ivoire servait à sculpter les parties de chair dans les statues chryséléphantines. Son travail nécessitait une technique spéciale d'assouplissement à l'eau chaude pour lui donner la forme souhaitée.

Structure interne invisible des colosses chryséléphantins, construite en bois de cyprès imputrescible. Pour la statue d'Athéna, l'armature devait aussi contenir un réservoir d'eau afin de maintenir l'humidité nécessaire à la conservation de l'ivoire.

Fragment de coupe à vernis noir portant l'inscription grecque 'J'appartiens à Phidias', découverte dans les fouilles de l'atelier à Olympie en 1958. Preuve archéologique directe et émouvante de la présence du sculpteur sur le site.

Retrouvés dans l'atelier d'Olympie, ces moules servaient à façonner les petits éléments décoratifs en or des vêtements et accessoires des statues. Ils témoignent du travail minutieux et industriel nécessaire à la réalisation des colosses chryséléphantins.

Les sculpteurs grecs utilisaient des instruments de mesure pour respecter les canons de proportions idéales du corps humain. Phidias travaillait avec ces outils pour atteindre la perfection formelle qui faisait l'admiration de ses contemporains.
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Vie quotidienne
Matin
Phidias commençait sa journée avant l'aube dans son atelier, vérifiant l'état des matériaux et préparant les tâches de ses équipes. Au lever du soleil, il inspectait le chantier du Parthénon aux côtés des architectes Ictinos et Callicratès, distribuant les consignes aux groupes de sculpteurs, charpentiers et orfèvres travaillant sous sa direction.
Après-midi
L'après-midi était consacré au travail de précision : Phidias sculptait lui-même les éléments les plus délicats des statues chryséléphantines — visages en ivoire, mains, drapés en or laminé. Il supervisait les opérations d'assemblage des pièces sur l'armature de bois et recevait parfois des représentants des cités commanditaires pour rendre compte de l'avancement des travaux.
Soir
Le soir, Phidias rejoignait parfois le cercle intellectuel de Périclès, qui réunissait le philosophe Anaxagore, le dramaturge Sophocle et la savante Aspasie. Ces échanges nourrissaient sa réflexion sur la représentation divine et la beauté idéale. Il terminait souvent sa soirée à étudier des maquettes en argile et des dessins préparatoires pour les projets en cours.
Alimentation
Comme tout Athénien aisé du Ve siècle av. J.-C., Phidias se nourrissait de pain d'orge ou de blé, d'olives et d'huile d'olive, de légumes secs (lentilles, pois chiches), de poissons frais ou séchés et de fromage de brebis. Le vin mélangé d'eau était la boisson quotidienne, et la viande était réservée aux festins suivant les sacrifices religieux lors des grandes fêtes.
Vêtements
Phidias portait le chiton, tunique de lin ou de laine attachée à l'épaule, souvent recouvert d'un himation (grand manteau de laine drapé). À l'atelier, il portait probablement une tenue courte et simple pour ne pas gêner ses mouvements, avec les vêtements protégés de la poussière blanche de marbre. En tant qu'artiste fréquentant l'élite athénienne, il soignait sa tenue lors des réceptions officielles.
Habitat
Phidias habitait dans la ville basse d'Athènes dans une maison à cour intérieure (oikos) typique des artisans prospères, avec un atelier attenant pour les travaux de petite taille et des espaces de stockage pour ses matériaux précieux. À Olympie, il logea dans le bâtiment-atelier spécialement construit pour la réalisation de la statue de Zeus, dont les fondations ont été retrouvées par les archéologues.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Style art grec classique de l'âge de Périclès : marbre blanc du Pentélique, ors chryséléphantins, frises polychromes dans la lumière dorée de l'Attique. Grandeur divine et perfection formelle incarnant le sommet de l'art grec antique.
Ambiance sonore
Ambiance de l'atelier de Phidias sur l'Acropole : coups de ciseau sur le marbre du Pentélique, craquements des échafaudages en bois, rumeur du grand chantier athénien et souffle de la brise égéenne portant les sons de la cité en contrebas.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Athéna Promachos
c. 460 av. J.-C.
Athéna Lemnienne
c. 450 av. J.-C.
Athéna Parthénos (chryséléphantine)
438 av. J.-C.
Frise des Panathénées au Parthénon (supervision)
442-438 av. J.-C.
Zeus d'Olympie (chryséléphantine)
c. 435-432 av. J.-C.
Athéna Areia à Platées
c. 460 av. J.-C.






