Boris Vian
Boris Vian
1920 — 1959
France
Écrivain, musicien et artiste français (1920-1959), figure emblématique de Saint-Germain-des-Prés. Auteur de L'Écume des jours, il incarne l'esprit de la génération d'après-guerre, mêlant jazz, littérature et provocation.
Citations célèbres
« Je me suis toujours demandé pourquoi les gens faisaient des choses sérieuses. »
« Il faut bien que jeunesse se passe, et vieillesse aussi d'ailleurs. »
Faits marquants
- 1920 : Naissance à Ville-d'Avray
- 1946 : Publication de L'Écume des jours
- 1946 : Publication de J'irai cracher sur vos tombes sous pseudonyme Vernon Sullivan
- 1954 : Écriture de la chanson Le Déserteur, censurée à la radio
- 1959 : Mort à 39 ans d'une crise cardiaque
Œuvres & réalisations
Roman poétique et surréaliste considéré comme le chef-d'œuvre de Vian. L'histoire d'amour de Colin et Chloé, marquée par la maladie et la mort, mêle fantaisie, jazz et mélancolie profonde.
Roman noir présenté comme une traduction américaine, dénonçant le racisme aux États-Unis. Le scandale de sa publication et le procès qui s'ensuivit firent de Vian une figure controversée.
Roman absurde et surréaliste qui met en scène une expédition construisant une voie ferrée sans destination. Illustration parfaite du goût de Vian pour l'absurde et la dérision.
Chanson pacifiste adressée au Président de la République par un conscrit refusant de faire la guerre. Censurée à la radio, elle devint un hymne antimilitariste chanté lors des manifestations contre la guerre d'Algérie.
Dernier roman publié du vivant de Vian, refusé par plusieurs éditeurs. Récit sombre sur la relation mère-enfants et l'absurdité du monde, aujourd'hui considéré comme l'un de ses textes les plus accomplis.
Pièce de théâtre de l'absurde mettant en scène une famille fuyant un bruit inexplicable vers des appartements de plus en plus petits. Créée quelques mois avant sa mort, elle annonce le théâtre de Ionesco.
Essai critique sur la musique populaire française, mêlant humour et analyse sérieuse. Témoignage de l'engagement de Vian pour une culture vivante et populaire, contre l'académisme.
Anecdotes
Boris Vian publia L'Écume des jours en 1947, mais c'est sous le pseudonyme Vernon Sullivan qu'il écrivit J'irai cracher sur vos tombes la même année, présenté comme la traduction d'un roman américain. Le scandale fut immense : le livre fut poursuivi pour outrage aux bonnes mœurs, et Vian dut finalement avouer la supercherie, ce qui lui valut un procès retentissant.
Ingénieur diplômé de l'École Centrale, Boris Vian inventa des gadgets farfelus et déposa plusieurs brevets d'invention absurdes, dont un piano-cocktail — machine imaginaire dans L'Écume des jours — qui inspirait des boissons selon les notes jouées. Cette passion pour la mécanique loufoque illustrait son goût pour le mélange des disciplines.
Grand amateur de jazz, Boris Vian joua de la trompette dans les caves de Saint-Germain-des-Prés aux côtés de musiciens comme Claude Luter. Il fut aussi le traducteur en français de nombreux romans noirs américains et l'ami proche de Miles Davis lors des tournées parisiennes du trompettiste américain.
Boris Vian mourut le 23 juin 1959 lors de la projection privée de l'adaptation cinématographique de J'irai cracher sur vos tombes, un film qu'il désavouait publiquement. Il s'effondra dans la salle quelques minutes après le début de la séance, victime d'une crise cardiaque à seulement 39 ans, comme s'il refusait de voir son œuvre trahie.
Sources primaires
Colin avait vingt ans et il aimait Chloé. Il possédait un appartement confortable, de l'argent placé, un cuisinier appelé Nicolas et un ami nommé Chick, passionné de Jean-Sol Partre.
Je refuse ce prix parce que je ne veux pas être récupéré par une institution qui représente tout ce que je combats dans la littérature officielle.
Jacquemort était psychiatre. Il voulait l'âme des gens. Pas leur argent. Pas leur amour. Leur âme.
Le jazz n'est pas une musique de nègres ni une musique de blancs. C'est une musique vivante, qui respire, qui évolue, et qui mérite qu'on l'écoute avec ses oreilles et non avec ses préjugés.
Je suis à moitié nègre et personne ne le sait. Mon frère a été lynché parce qu'il aimait une fille blanche. Je me vengerai.
Lieux clés
Lieu de rendez-vous de l'intelligentsia d'après-guerre où Vian côtoyait Sartre, Beauvoir et Camus. C'est dans cet environnement effervescent que germa l'esprit de sa génération.
Club de jazz mythique où Boris Vian jouait de la trompette et où la jeunesse existentialiste se retrouvait pour danser et débattre. Le lieu incarna l'esprit de liberté de l'après-guerre.
Boris Vian naquit le 10 mars 1920 dans cette commune bourgeoise des Hauts-de-Seine. Son enfance aisée et sa maladie cardiaque (diagnostiquée à l'adolescence) façonnèrent son rapport à la vie et à la mort.
Grande école d'ingénieurs où Vian obtint son diplôme en 1942. Cette formation scientifique rigoureuse nourrit son goût pour la mécanique poétique et les inventions absurdes de ses romans.
Lieu de sépulture de Boris Vian, où il repose depuis 1959. Sa tombe simple est devenue un lieu de pèlerinage pour les lecteurs et les amateurs de jazz.



