François Truffaut (1932-1984) est l'un des pionniers de la Nouvelle Vague française. Critique aux Cahiers du Cinéma, il devient réalisateur emblématique avec des films comme Les 400 Coups et Jules et Jim.
François Truffaut(1932 — 1984)
François Truffaut
France
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Le cinéma, c'est vingt-quatre fois la vérité par seconde.»
« Un film doit exprimer soit la joie de faire du cinéma, soit l'angoisse de faire du cinéma.»
Faits marquants
- 1932 : Naissance à Paris le 6 février
- 1954 : Débute comme critique influent aux Cahiers du Cinéma
- 1959 : Les 400 Coups remporte le Prix de la mise en scène à Cannes
- 1973 : La Nuit américaine obtient l'Oscar du meilleur film étranger
- 1984 : Décès le 21 octobre à Neuilly-sur-Seine
Œuvres & réalisations
Premier long métrage de Truffaut, autobiographique, qui suit le jeune Antoine Doinel dans un Paris populaire. Prix de la mise en scène à Cannes, il révèle la Nouvelle Vague au monde entier et reste l'un des films français les plus influents de l'histoire.
Adaptation d'un roman noir américain de David Goodis, avec Charles Aznavour. Film hybride mêlant comédie, drame et polar, emblématique du goût de la Nouvelle Vague pour le cinéma américain de genre transposé dans un cadre français.
Drame sentimental avec Jeanne Moreau, sur une amitié franco-allemande traversée par la guerre et un amour impossible à trois. Considéré comme l'un des plus grands films français, salué pour sa liberté narrative et son lyrisme.
Reconstitution de l'histoire vraie de Victor de l'Aveyron, enfant sauvage recueilli par le Dr Itard au XVIIIe siècle. Truffaut y joue lui-même le rôle du médecin et filme avec une sobriété documentaire qui tranche avec ses œuvres précédentes.
Film sur le tournage d'un film, déclaration d'amour au cinéma et à ceux qui le font. Oscar du meilleur film étranger en 1974, c'est l'œuvre la plus joyeuse et la plus personnelle de Truffaut sur son propre métier.
Portrait de la fille de Victor Hugo consumée par une passion amoureuse obsessionnelle. Isabelle Adjani y livre une performance bouleversante qui révèle le goût de Truffaut pour les personnages féminins complexes et les destins tragiques.
Drame sur un théâtre parisien sous l'Occupation allemande, avec Catherine Deneuve et Gérard Depardieu. Record de dix César en 1981, dont meilleur film et meilleur réalisateur, il constitue son plus grand succès public.
Anecdotes
Adolescent turbulent, François Truffaut séchait régulièrement les cours pour passer ses journées dans les salles de cinéma parisiennes. Rattrapé par son père, il fut placé dans un centre de redressement pour mineurs. Cette expérience douloureuse nourrit directement son premier long métrage, Les 400 Coups (1959), dont le héros Antoine Doinel est son alter ego autobiographique.
Le critique de cinéma André Bazin, cofondateur des Cahiers du Cinéma, prit le jeune Truffaut sous son aile et l'aida à sortir du centre de détention. Bazin devint pour lui une figure paternelle de substitution, lui transmettant sa passion et sa rigueur intellectuelle. Lorsque Bazin mourut en octobre 1958, Truffaut lui dédia Les 400 Coups, sorti quelques mois plus tard à Cannes.
En janvier 1954, Truffaut publia dans les Cahiers du Cinéma un article incendiaire intitulé 'Une certaine tendance du cinéma français'. Il y attaquait violemment le 'cinéma de papa', ces adaptations littéraires figées qu'il opposait à un cinéma d'auteur vivant. Ce texte provocateur devint le manifeste officieux de la future Nouvelle Vague.
En mai 1968, lors du Festival de Cannes, Truffaut fut l'une des figures de proue d'une action spectaculaire : avec Godard et d'autres cinéastes, il interrompit physiquement une projection en s'accrochant aux rideaux de la salle, en solidarité avec les grèves et les étudiants parisiens. Le festival fut suspendu — un événement sans précédent dans l'histoire du cinéma mondial.
En 1977, Steven Spielberg, grand admirateur de Truffaut, lui proposa de jouer le rôle du scientifique français Claude Lacombe dans Rencontres du troisième type. Truffaut, qui n'était pas acteur professionnel, accepta par curiosité et livra une prestation remarquée par la critique internationale, lui ouvrant une notoriété encore plus large aux États-Unis.
Sources primaires
Il est donc une 'Tradition de la Qualité' qui mérite depuis dix ans les éloges de la revue étrangère. Ces scénaristes, en adaptant les grandes œuvres littéraires, croient rendre hommage à la littérature française. Je pense au contraire qu'ils en trahissent l'esprit en ne retenant que la trame psychologique au détriment de la vision proprement cinématographique.
Je voulais réaliser un livre sur Hitchcock qui soit aussi technique que possible et, en même temps, révèle l'homme derrière les films. Hitchcock est le seul cinéaste au monde capable de filmer et de faire ressentir la pensée — un sentiment, une émotion abstraite — par les seuls moyens du cinéma pur.
Un film n'est pas fait pour être analysé, mais pour être ressenti. Chaque film que j'ai aimé m'a donné envie de faire des films moi-même, et c'est peut-être cela la définition du cinéphile : quelqu'un qui aime le cinéma plus que tout autre chose.
Ce que nous cherchions tous, à cette époque des Cahiers, c'était une façon de parler du cinéma qui ne soit ni universitaire ni mondaine, mais intime et fiévreuse — comme on parlerait d'une personne aimée dont on découvrirait chaque jour un nouveau visage.
Lieux clés
Quartiers où Truffaut grandit dans une enfance difficile, entre Pigalle et Montmartre. Ces rues populaires, leurs cinémas de quartier et leur atmosphère particulière imprègnent profondément l'univers visuel des 400 Coups.
Temple du cinéphile fondé par Henri Langlois, où le jeune Truffaut passait ses journées à découvrir des films du monde entier. C'est là qu'il rencontra Godard, Rivette et Rohmer, futurs réalisateurs de la Nouvelle Vague.
Truffaut y triompha en 1959 avec Les 400 Coups (Prix de la mise en scène), consacrant la Nouvelle Vague sur la scène internationale. En 1968, il y contribua à l'interruption historique du festival en solidarité avec Mai 68.
Truffaut y tourna notamment La Nuit américaine (1973), film sur le tournage d'un film qui reçut l'Oscar du meilleur film étranger. Ce lieu illustre son amour du processus cinématographique lui-même.
Société de production créée par Truffaut en 1957, depuis laquelle il géra en totale indépendance l'ensemble de sa carrière. Nommée en hommage au film Le Carrosse d'or de Jean Renoir, cinéaste qu'il admirait.
Objets typiques

La caméra portable et silencieuse utilisée par les cinéastes de la Nouvelle Vague pour tourner dans la rue en lumière naturelle. Sa légèreté permit à Truffaut de filmer Paris sans décors construits ni autorisations lourdes.

La revue fondée en 1951 où Truffaut fit ses armes comme critique. Ses articles dans cette publication lui permirent d'élaborer sa théorie des auteurs avant même de passer à la réalisation.

Objet emblématique du plateau cinématographique, permettant de synchroniser son et image lors du montage. Truffaut était connu pour l'atmosphère détendue et familiale qu'il instaurait sur ses tournages.

Machine sur laquelle le monteur visionne et coupe les rushes image par image. Truffaut accordait une importance capitale au montage, qu'il considérait comme la dernière réécriture d'un film.

Truffaut était un lecteur passionné d'auteurs comme David Goodis ou Cornell Woolrich (William Irish), dont il adapta plusieurs œuvres à l'écran, révélant son amour du cinéma américain de genre.

Instrument du critique et du scénariste que Truffaut utilisait pour rédiger ses scénarios et sa volumineuse correspondance, laissant derrière lui des milliers de lettres conservées à la Cinémathèque française.
Programmes scolaires
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Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Truffaut se levait tôt et consacrait ses matinées à la lecture et à l'écriture. Grand épistolier, il rédigeait des lettres à ses collaborateurs, acteurs et cinéastes du monde entier. Il parcourait la presse quotidienne et les revues de cinéma avec une attention minutieuse, annotant les articles qui l'intéressaient.
Après-midi
Ses après-midis étaient dédiés au travail de production : réunions de scénario avec ses collaborateurs, visionnages de rushes ou séances de casting. Lors des tournages, il était sur le plateau dès l'installation des décors, attentif au moindre cadrage et à la direction de ses acteurs, avec lesquels il entretenait des relations chaleureuses.
Soir
Les soirées de Truffaut se passaient souvent à la Cinémathèque française ou dans les salles de cinéma d'art et essai du Quartier latin, où il voyait plusieurs films par semaine. Il notait ses impressions dans de petits carnets et dînait fréquemment avec ses équipes dans les brasseries parisiennes, prolongeant les discussions sur le cinéma bien après minuit.
Alimentation
Truffaut avait un mode de vie bohème et citadin, déjeunant souvent dans les bistrots et cafés du 9e arrondissement près de ses bureaux. Il fumait beaucoup — trait caractéristique de sa génération d'intellectuels parisiens — et appréciait les repas simples de la cuisine française traditionnelle sans ostentation particulière.
Vêtements
Truffaut arborait une tenue sobre et décontractée d'intellectuel parisien : veste en tweed ou blouson de cuir, chemise souvent sans cravate, lunettes à fine monture. Son style vestimentaire sans ostentation reflétait une volonté d'effacement derrière l'œuvre, bien loin de la mise en scène de soi que pratiquaient certains de ses contemporains.
Habitat
Il vivait à Paris, dans des appartements du centre de la ville, non loin de ses bureaux de production. Son intérieur était envahi de livres, de scénarios et de dossiers de presse, transformé en véritable bibliothèque cinéphilique. Ses murs étaient couverts d'affiches de films et de photographies de tournage témoignant de sa passion absolue pour le septième art.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
L'esthétique de Truffaut oscille entre le noir et blanc contrasté de la Nouvelle Vague et les tons chauds ocre de ses films de maturité, toujours ancrée dans un réalisme parisien intimiste.
Ambiance sonore
Une atmosphère sonore mêlant la magie des salles obscures parisiennes des années 1950-1980 et l'effervescence créative des plateaux de tournage de la Nouvelle Vague.






