La carte de Brutus
Cibus cotidianus — le plat de tous les jours, avant même le pain

Puls, la bouillie d'épeautre

QuotidienDocumentée🧂 🍄facile45 min

Une bouillie épaisse d'épeautre (le far des Romains) cuite longuement dans l'eau salée, relevée d'un trait de garum, d'un filet d'huile d'olive et de fromage râpé. Le socle même de l'alimentation romaine, du paysan au sénateur.

Cibus cotidianus — le plat de tous les jours, avant même le pain

Une bouillie épaisse d'épeautre (le far des Romains) cuite longuement dans l'eau salée, relevée d'un trait de garum, d'un filet d'huile d'olive et de fromage râpé. Le socle même de l'alimentation romaine, du paysan au sénateur.

Crois-moi, toi qui me lis : nos pères ne connaissaient ni les sauces alambiquées ni les festins qui amollissent l'âme. Ils rompaient le jour avec cette bouillie de far, comme je le fais encore. On la tourne sans relâche au-dessus de la flamme jusqu'à ce que la cuiller tienne droite, puis on y verse un peu de garum et l'huile de nos oliviers. Un homme qui se contente de cela ne sera jamais l'esclave de son ventre — et un homme libre dans son ventre l'est aussi dans sa cité.
Brutus
Ingrédients
  • Far (épeautre concassé)deux poignées par convive (céréale de base)
  • Eau de sourceà volonté (cuisson)
  • Selune pincée (assaisonnement)
  • Garumun filet (umami salé)
  • Huile d'oliveun trait (liant gras)
  • Fromage de brebis secun peu, râpé (garniture)
Comment on faisait : Pline l'Ancien rappelle que les Romains vécurent longtemps de puls plutôt que de pain. On la déclinait selon la bourse : nature pour le pauvre, enrichie d'œufs, de fromage, de viande ou de légumineuses (puls fabata aux fèves) sur les tables aisées. On la cuisait dans une marmite de terre au-dessus du foyer, en tournant sans cesse avec une spatule de bois.
Sources : Caton l'Ancien, De Agri Cultura · Pline l'Ancien, Histoire naturelle, XVIII