Melikraton, le vin d'Ogygie adouci de miel
Du vin rouge coupé d'eau de source et lié de miel, parfumé d'un soupçon de thym, servi à température. Une boisson de symposion, douce et vive à la fois, où le miel arrondit l'acidité du vin antique.
Du vin rouge coupé d'eau de source et lié de miel, parfumé d'un soupçon de thym, servi à température. Une boisson de symposion, douce et vive à la fois, où le miel arrondit l'acidité du vin antique.
Le soir venu, quand la mer s'assombrit devant ma grotte, je remplis le cratère. Jamais je ne te tends le vin pur — cela rend les hommes furieux comme des bêtes ; je le coupe d'eau de ma source et j'y fonds le miel, comme on le fait pour honorer un hôte cher. Tiens ta coupe, écoute la résine crépiter dans la torche. Bois lentement : c'est ainsi qu'on oublie, un instant, jusqu'à la patrie qu'on pleure.
- •Vin rouge des vignes d'Ogygie — une mesure (base)
- •Eau de source fraîche — deux à trois mesures (adoucissement (coupage))
- •Miel sauvage — à volonté (douceur, signature)
- •Thym et un éclat de cannelle de l'Orient — une pincée (parfum)
Melikraton, le vin d'Ogygie adouci de miel
Du vin rouge coupé d'eau de source et lié de miel, parfumé d'un soupçon de thym, servi à température. Une boisson de symposion, douce et vive à la fois, où le miel arrondit l'acidité du vin antique.
Pourquoi ce plat ? L'Odyssée précise que Calypso possède ses vignes et offre du vin à Ulysse. Boire le vin pur passait pour barbare : on le coupait d'eau et, pour les hôtes de marque ou les libations, on l'adoucissait de miel. Cette coupe mêlée, le melikraton, scelle l'hospitalité que la nymphe tend chaque soir à son captif.
Le soir venu, quand la mer s'assombrit devant ma grotte, je remplis le cratère. Jamais je ne te tends le vin pur — cela rend les hommes furieux comme des bêtes ; je le coupe d'eau de ma source et j'y fonds le miel, comme on le fait pour honorer un hôte cher. Tiens ta coupe, écoute la résine crépiter dans la torche. Bois lentement : c'est ainsi qu'on oublie, un instant, jusqu'à la patrie qu'on pleure.
Ingrédients (version d’époque)
- Vin rouge des vignes d'Ogygie — une mesure (base)
- Eau de source fraîche — deux à trois mesures (adoucissement (coupage))
- Miel sauvage — à volonté (douceur, signature)
- Thym et un éclat de cannelle de l'Orient — une pincée (parfum)
Ingrédients
- Vin rouge sec léger — 200 ml (base)
- Eau de source — 300 ml (coupage)
- Miel — 2 à 3 c. à soupe (douceur)
- Brin de thym + petit bâton de cannelle — 1 de chaque (parfum)
Préparation
- Tiédir légèrement une louche de vin (sans bouillir) et y dissoudre le miel.
- Reverser dans le reste du vin avec le thym et la cannelle.
- Ajouter l'eau de source froide selon le degré souhaité — traditionnellement 2 à 3 parts d'eau pour 1 de vin.
- Laisser infuser 10 minutes, retirer les aromates.
- Servir frais ou à température, dans des coupes basses.
Comment on faisait : Les Grecs mélangeaient toujours le vin dans un grand cratère avant de le servir ; boire pur était jugé excessif. Le miel servait à corriger des vins souvent âpres ou oxydés. Le melikraton (miel + eau ou vin) servait aussi de boisson rituelle et de remède.
Le twist contemporain : Version estivale : servir bien frappé sur quelques glaçons avec un zeste d'orange — un « spritz d'Ogygie » qui garde l'esprit du cratère antique.
Sources : Homère, Odyssée, chant V · Athénée de Naucratis, Les Deipnosophistes · Andrew Dalby, Siren Feasts (1996)
Calypso · Charactorium