La carte de Carlos Fuentes
Chiles en nogada
retourner
Plato fuerte de fiesta (plat fort de fête)

Chiles en nogada

FestifDocumentée🍯 🧂 🌶️difficile2 h
Plato fuerte de fiesta (plat fort de fête)

Chiles en nogada

Pourquoi ce plat ? Aucun plat n'incarne mieux l'identité mexicaine que Fuentes aimait sonder : ses trois couleurs — chile vert, nogada blanche, grenade rouge — sont celles du drapeau national, et on le sert autour des fêtes de l'Indépendance de septembre. Pour un écrivain qui interrogeait sans relâche le métissage et l'héritage de la conquête, ce mets baroque, mariant ingrédients indiens et fruits du Vieux Monde, était une véritable allégorie comestible du Mexique.

cliquer pour retourner
Plato fuerte de fiesta (plat fort de fête)

De larges piments poblano farcis d'un picadillo doux-salé de viande, fruits et épices, nappés d'une sauce froide de noix fraîches et couronnés de grains de grenade. Un chef-d'œuvre baroque de la cuisine de Puebla.

Permettez que je vous présente ce plat comme on présente une patrie : il porte sur lui nos trois couleurs, le vert du piment, le blanc de la noix, le rouge de la grenade. À notre table, ma mère exigeait que la nogada fût battue à la main, sans une once d'amertume, et que la grenade vînt des derniers jours de l'été. Voyez-vous, ce mets est tout le Mexique dans une assiette : la conquête et l'Indien, le sucre et le sel, la mémoire et l'invention. On ne le mange pas, on le déchiffre.
Carlos Fuentes
Ingrédients
  • Piments poblanoquelques-uns, grands et charnus (écrin vert, grillé et pelé)
  • Viande de porc et de bœuf hachée au couteauune bonne portion (base du picadillo)
  • Pomme, poire, pêche, plantainà parts égales, en petits dés (douceur fruitée)
  • Raisins secs et amandesune poignée de chaque (moelleux et croquant)
  • Cannelle, clou de girofle, poivreau goût, moulus au metate (épices chaudes)
  • Noix fraîches de Castillebeaucoup, pelées de leur peau amère (sauce nogada)
  • Lait, fromage frais, un soupçon de xérèsselon la liaison (onctuosité de la sauce)
  • Grenadeune, bien mûre (couronne de grains rouges)
Comment on faisait : La tradition attribue le plat aux religieuses augustines de Puebla qui l'auraient créé en 1821 pour fêter l'Indépendance et honorer Agustín de Iturbide, en composant les couleurs du drapeau de l'Armée des Trois Garanties. On le moulait au metate, on pelait les noix une à une, et l'on ne servait le plat qu'à la saison des noix fraîches et des grenades, fin août-septembre.
Sources : Diana Kennedy, The Cuisines of Mexico · Patricia Quintana, Mexico's Feasts of Life

Voir aussi