芋艿 — Taro entier cuit à la vapeur de Mi-Automne (yùnǎi)
De petits taros cuits entiers en robe, à la chair tendre, douce et soyeuse, qu'on pèle chauds et qu'on trempe dans un peu de sel. Rusticité réconfortante qui rompt la douceur sucrée de la table.
De petits taros cuits entiers en robe, à la chair tendre, douce et soyeuse, qu'on pèle chauds et qu'on trempe dans un peu de sel. Rusticité réconfortante qui rompt la douceur sucrée de la table.
Ne crois pas que je ne me souvienne de la terre. Avant le jade et le froid, j'ai vécu près du fleuve Jaune dans la demeure de mon époux Hou Yi, l'archer. Là, les soirs d'automne, on enfouissait les petits taros sous la cendre ou on les passait à la vapeur, et on les pelait brûlants entre ses doigts. Trempe la chair pâle dans un grain de sel, rien de plus : c'est la nourriture des vivants, simple et chaude, celle que je n'ai plus. Mange-la pour moi, et pense à ceux qui partagent ta table.
- •Petits taros (芋艿) — une corbeille (racine cuite à la vapeur)
- •Sel — une pincée (trempette)
芋艿 — Taro entier cuit à la vapeur de Mi-Automne (yùnǎi)
De petits taros cuits entiers en robe, à la chair tendre, douce et soyeuse, qu'on pèle chauds et qu'on trempe dans un peu de sel. Rusticité réconfortante qui rompt la douceur sucrée de la table.
Pourquoi ce plat ? À la Mi-Automne, sous la Lune de Chang'e, on offre des taros pour leur peau lunaire et leur chair pâle, et parce qu'éplucher le taro (剥鬼皮, « peler la peau du démon ») écarte le mauvais sort — un geste protecteur la nuit où les vivants regardent l'au-delà où réside la déesse.
Ne crois pas que je ne me souvienne de la terre. Avant le jade et le froid, j'ai vécu près du fleuve Jaune dans la demeure de mon époux Hou Yi, l'archer. Là, les soirs d'automne, on enfouissait les petits taros sous la cendre ou on les passait à la vapeur, et on les pelait brûlants entre ses doigts. Trempe la chair pâle dans un grain de sel, rien de plus : c'est la nourriture des vivants, simple et chaude, celle que je n'ai plus. Mange-la pour moi, et pense à ceux qui partagent ta table.
Ingrédients (version d’époque)
- Petits taros (芋艿) — une corbeille (racine cuite à la vapeur)
- Sel — une pincée (trempette)
Ingrédients
- Petits taros — 500 g (cœur du plat)
- Sel fin — 1 c. à café (assaisonnement à tremper)
- Huile de sésame grillé — 1 c. à café (optionnel) (parfum, umami)
Préparation
- Brosser les taros sans les peler ; les laisser entiers en robe.
- Cuire à la vapeur 25 à 35 min selon la taille, jusqu'à ce qu'une pointe les traverse sans résistance.
- Servir chauds, à peler à la main (attention, la sève crue irrite : ne peler qu'une fois cuit).
- Préparer une petite coupe de sel, éventuellement relevée d'une goutte d'huile de sésame, pour y tremper la chair.
- Disposer en pyramide sur l'autel face à la Lune avant de partager.
Comment on faisait : Le taro est une racine de l'Ancien Monde, domestiquée très tôt en Asie — aucun anachronisme. À l'époque, on le cuisait sous la cendre, à l'eau ou à la vapeur, et on le mangeait nature avec un peu de sel, parfois de la sauce ou de la graisse. La coutume de l'offrir à la Mi-Automne, liée à un jeu de mots protecteur, est bien attestée dans le sud de la Chine.
Le twist contemporain : Écraser les taros pelés en purée tiède, lisser d'un trait d'huile d'osmanthe pour relier ce plat « terre » au parfum lunaire du reste de la table.
Chang'e · Charactorium