La carte de Charles Darwin
Ship's & camp fare (la pitance du voyage)

Tatou rôti dans sa carapace, à la mode du Beagle

VoyageDocumentée🧂 🍄moyen1 h 45

Une viande lentement rôtie sur la braise dans sa carapace naturelle, salée simplement, à la manière des gauchos d'Amérique du Sud qui régalèrent l'expédition. Pour aujourd'hui : une volaille fermière rôtie peau croustillante, en hommage.

Ship's & camp fare (la pitance du voyage)

Une viande lentement rôtie sur la braise dans sa carapace naturelle, salée simplement, à la manière des gauchos d'Amérique du Sud qui régalèrent l'expédition. Pour aujourd'hui : une volaille fermière rôtie peau croustillante, en hommage.

Au sud des pampas, j'ai vécu à la table rude des gauchos, et je vous assure qu'un naturaliste affamé fait peu le difficile. Ils rôtissaient les tatous à même leurs écailles, posés sur la braise comme dans un plat de terre, et la chair en sortait tendre et goûteuse, salée du seul sel de la pampa. Un soir, je dévorais un oiseau que je croyais commun, quand je compris à demi-rongé qu'il s'agissait d'une espèce encore inconnue — j'en sauvai prestement la tête et les pattes ! De toutes mes observations, peu me coûtèrent un repas ; celle-ci, presque.
Charles Darwin
Ingrédients
  • Tatou entier (ou nandou)une pièce (viande de chasse)
  • Selà la main (assaisonnement unique)
  • Braise de boisun bon feu (cuisson lente)
Comment on faisait : Les gauchos de Patagonie cuisaient le gibier au feu ouvert, à l'asado, avec pour seul assaisonnement le sel. Le tatou, protégé de sa carapace osseuse, se prêtait à une cuisson « en cocotte naturelle » sur les braises. Darwin décrit ces repas dans le Journal du voyage du Beagle — tatou, agouti, puma (« comme du veau ») et nandou.
Sources : Charles Darwin, Journal of Researches (The Voyage of the Beagle), 1839