Vermicelles du pont (过桥米线, guòqiáo mǐxiàn) du Yunnan
Un bouillon de volaille brûlant, scellé par une fine pellicule d'huile qui retient la chaleur, dans lequel le convive plonge lui-même, à table, vermicelles de riz et fines lamelles qui cuisent instantanément. Réconfort chaud par excellence.
Un bouillon de volaille brûlant, scellé par une fine pellicule d'huile qui retient la chaleur, dans lequel le convive plonge lui-même, à table, vermicelles de riz et fines lamelles qui cuisent instantanément. Réconfort chaud par excellence.
Pendant la guerre, nous avions fui jusqu'à Kunming, où mon père enseignait et où j'ai étudié à l'Université associée du Sud-Ouest, dans des baraques sous les bombardements. Le Yunnan nous offrit ses mǐxiàn, ces vermicelles de riz que l'on plonge soi-même, au dernier instant, dans un bouillon si brûlant qu'une mince couche d'huile le scelle comme un couvercle invisible. On y jetait des lamelles si fines qu'elles cuisaient à la seule chaleur du bol. Dans ces années de privation, ce repas vivant valait tous les festins ; j'en garde le souvenir comme d'une leçon de thermodynamique appliquée à la faim.
- •Poule grasse et os — pour un bouillon long (bouillon riche)
- •Vermicelles de riz frais (mǐxiàn) — une portion par bol (féculent)
- •Filet de volaille ou de porc cru, tranché finement — quelques lamelles (à pocher au bol)
- •Pousses de soja, ciboule, coriandre — à garnir (fraîcheur)
- •Graisse de volaille / huile — une couche en surface (scellé thermique)
- •Sel, gingembre — selon le goût (assaisonnement)
Vermicelles du pont (过桥米线, guòqiáo mǐxiàn) du Yunnan
Un bouillon de volaille brûlant, scellé par une fine pellicule d'huile qui retient la chaleur, dans lequel le convive plonge lui-même, à table, vermicelles de riz et fines lamelles qui cuisent instantanément. Réconfort chaud par excellence.
Pourquoi ce plat ? Pendant la guerre, la famille Yang se réfugie à Kunming, où son père enseigne et où Yang étudie à l'Université associée du Sud-Ouest (Lianda). Le Yunnan et ses mǐxiàn sont la nourriture de ces années d'exil studieux sous les bombardements.
Pendant la guerre, nous avions fui jusqu'à Kunming, où mon père enseignait et où j'ai étudié à l'Université associée du Sud-Ouest, dans des baraques sous les bombardements. Le Yunnan nous offrit ses mǐxiàn, ces vermicelles de riz que l'on plonge soi-même, au dernier instant, dans un bouillon si brûlant qu'une mince couche d'huile le scelle comme un couvercle invisible. On y jetait des lamelles si fines qu'elles cuisaient à la seule chaleur du bol. Dans ces années de privation, ce repas vivant valait tous les festins ; j'en garde le souvenir comme d'une leçon de thermodynamique appliquée à la faim.
Ingrédients (version d’époque)
- Poule grasse et os — pour un bouillon long (bouillon riche)
- Vermicelles de riz frais (mǐxiàn) — une portion par bol (féculent)
- Filet de volaille ou de porc cru, tranché finement — quelques lamelles (à pocher au bol)
- Pousses de soja, ciboule, coriandre — à garnir (fraîcheur)
- Graisse de volaille / huile — une couche en surface (scellé thermique)
- Sel, gingembre — selon le goût (assaisonnement)
Ingrédients
- Bouillon de poule maison concentré — 1,2 L (base brûlante)
- Vermicelles de riz — 200 g (féculent)
- Blanc de poulet très finement tranché — 150 g (cuit au bol)
- Filet de poisson ou crevettes (option) — 100 g (garniture)
- Pousses de soja — 1 poignée (croquant)
- Ciboule + coriandre — 2 c. à soupe (herbes)
- Huile de pépins ou graisse de poulet — 2 c. à soupe (couche isolante)
- Gingembre, sel, poivre blanc — selon le goût (assaisonnement)
Préparation
- Préparer un bouillon de poule bien concentré et le porter à ébullition vive.
- Réhydrater ou cuire à peine les vermicelles de riz, les égoutter et les répartir... non : les garder à part, prêts à plonger.
- Trancher la viande crue le plus finement possible et disposer toutes les garnitures crues dans des coupelles.
- Verser le bouillon brûlant dans un grand bol épais préchauffé, ajouter aussitôt l'huile en surface pour former la pellicule isolante.
- À table, le convive plonge d'abord les lamelles de viande (elles blanchissent en quelques secondes), puis les légumes, puis les vermicelles.
- Mélanger, ajuster en sel, parsemer d'herbes et déguster sans attendre.
Comment on faisait : La légende attribue ce plat à une épouse du Yunnan portant chaque jour le repas à son mari qui étudiait sur une île, « de l'autre côté du pont » : la couche de graisse maintenait le bouillon chaud durant le trajet. Vrai ou non, c'est cette technique de scellé thermique qui définit le plat, cuisiné dans de lourds bols de céramique au charbon de bois.
Le twist contemporain : Servi en « expérience » à table : on chronomètre la cuisson éclair des lamelles dans le bouillon, transformant le repas en petite démonstration de transfert de chaleur.
Chen-Ning Yang · Charactorium