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Œuvres & réalisations
Cixi finança la reconstruction du Palais d'Été, détruit par les Franco-Britanniques en 1860, en détournant des fonds de la marine impériale. Ce complexe architectural de 2,9 km², classé patrimoine mondial de l'UNESCO, est son œuvre la plus visible.
Après le désastre des Boxers, Cixi lança un vaste programme de modernisation : abolition des examens mandarinaux (1905), création d'écoles modernes, réforme de l'armée, envoi d'étudiants à l'étranger, ébauche d'une constitution. Ces réformes, trop tardives, ne purent sauver la dynastie.
Première régence de Cixi, durant laquelle elle gouverna la Chine au nom de son fils mineur. Elle stabilisa l'empire après les ravages de la révolte des Taiping et négocia avec les puissances étrangères.
Cixi mit fin aux réformes libérales de l'empereur Guangxu après seulement 103 jours, fit arrêter les réformateurs dont Kang Youwei et Tang Sitong (exécuté), rétablissant le conservatisme de la cour. Cet épisode est encore débattu par les historiens quant à ses motivations réelles.
Premier portrait officiel de l'impératrice réalisé par la peintre américaine Katherine Carl, destiné à présenter la Chine impériale sous un jour favorable à l'Occident. Il constitue un témoignage unique sur l'apparence et la mise en scène du pouvoir de Cixi.
Anecdotes
Cixi entra dans la Cité interdite à l'âge de seize ans comme concubine de rang inférieur de l'empereur Xianfeng. Grâce à son intelligence exceptionnelle et à sa maîtrise de la calligraphie — une compétence rare chez les femmes de la cour — elle devint rapidement indispensable à l'empereur qui lui dictait ses édits, gagnant ainsi une influence politique considérable.
En 1861, à la mort de l'empereur Xianfeng, Cixi organisa un coup d'État avec l'impératrice Ci'an pour renverser le conseil de régence composé de huit princes. Elle fit arrêter les régents, en exécuter trois, et s'empara du pouvoir au nom de son fils de cinq ans, le futur empereur Tongzhi. C'est l'une des rares fois dans l'histoire chinoise où des femmes s'emparèrent ainsi du pouvoir d'État.
Cixi était passionnée de théâtre d'opéra de Pékin (jingju). Elle fit construire dans le palais d'Été un théâtre à trois étages, le Grand Théâtre de la Vertu Harmonieuse, et assistait régulièrement aux représentations. Elle finançait des troupes entières et connaissait par cœur des centaines de rôles, participant parfois elle-même aux répétitions.
En 1908, quelques heures seulement avant sa mort, Cixi désigna comme successeur Puyi, un enfant de deux ans et demi. Elle avait auparavant fait emprisonner puis probablement empoisonner l'empereur Guangxu, son neveu, qui mourut le 14 novembre 1908, la veille de sa propre mort. Cixi avait ainsi maintenu le contrôle de la Chine jusqu'à son dernier souffle.
La photographe américaine Katherine Carl réalisa le premier portrait officiel de Cixi vers 1903, destiné à l'Exposition universelle de Saint-Louis. Cixi, méfiante envers les technologies occidentales, imposa des conditions très strictes à la séance : la photographe devait se prosterner, ne jamais lever les yeux vers l'impératrice, et les clichés furent longuement négociés. Ce portrait fut une tentative de Cixi de soigner son image auprès des puissances occidentales après le désastre de la révolte des Boxers.
Sources primaires
Les huit régents ont failli à leurs devoirs et agi de manière contraire à la volonté impériale. Nous ordonnons leur arrestation immédiate et la saisie de leurs sceaux officiels, afin que la régence soit assurée conformément aux rites et à la loi.
Sa Majesté se levait chaque matin avant l'aube. Elle priait devant les statues de Bouddha, puis procédait à sa longue toilette assistée de nombreuses dames de compagnie. Ses ongles, protégés par de longs étuis en or et en jade, étaient l'objet de soins constants et symbolisaient son rang absolu.
L'impératrice douairière reçut le corps diplomatique avec une magnificence calculée. Elle distribua elle-même des gâteaux aux épouses des ambassadeurs, manifestant une affabilité soudaine qui contrastait singulièrement avec l'hostilité aux étrangers qu'elle avait affichée lors des événements de 1900.
Le système des examens traditionnels, en vigueur depuis plus de mille ans, est désormais aboli. Les nouvelles écoles enseignant les sciences et les langues étrangères seront établies dans chaque province, afin de former les serviteurs dont l'Empire a besoin face aux défis du temps présent.
Une femme ne doit jamais prendre le pouvoir en Chine. Il ne faut plus jamais permettre qu'une femme dirige les affaires de l'État, comme je l'ai fait. Cela est contraire à l'ordre naturel des choses et ne peut que conduire le pays à sa perte.
Lieux clés
Résidence officielle des empereurs et siège du gouvernement impérial, la Cité interdite fut le centre du pouvoir de Cixi pendant près de cinquante ans. Elle y vécut depuis son arrivée comme concubine en 1851 jusqu'à sa mort en 1908.
Cixi fit reconstruire ce palais impérial entre 1886 et 1895, détourner à cet effet des fonds destinés à la marine impériale. Il devint sa résidence favorite et le lieu où elle recevait les ambassadeurs étrangers après 1902.
Résidence d'été impériale de montagne où l'empereur Xianfeng mourut en 1861. C'est là que Cixi, présente à ses côtés, organisa le coup d'État qui allait lui permettre de s'emparer du pouvoir.
Cixi s'y réfugia en fuite lors de la prise de Pékin par les troupes alliées pendant la révolte des Boxers en 1900. Ce repli humiliant en palanquin à travers des centaines de kilomètres marqua profondément son règne.
Grand temple bouddhiste où Cixi se rendait régulièrement en pèlerinage, notamment pour son anniversaire. Sa dévotion bouddhiste était sincère et influença de nombreuses décisions politiques et artistiques de sa cour.
Objets typiques
Cixi portait de longs étuis dorés et incrustés de pierres précieuses pour protéger ses ongles démesurément longs, symbole absolu du rang impérial. Ils témoignaient qu'elle ne travaillait jamais de ses mains et détenait le pouvoir suprême.
Le sceau de jade gravé aux armes impériales était l'instrument de pouvoir par excellence : toute loi, tout édit n'avait force qu'apposé de ce sceau. Cixi s'en empara lors du coup d'État de 1861 pour légitimer son autorité.
Cixi était connue pour fumer régulièrement la pipe à eau, une pratique courante dans les cours aristocratiques chinoises. Les dames de compagnie préparaient et allumaient sa pipe selon un rituel précis lors des moments de détente.
Cixi se déplaçait exclusivement en palanquin, porté par seize porteurs en livrée jaune impériale. Aucun regard ne devait croiser le sien lors de ses déplacements dans la Cité interdite ou vers le Palais d'Été.
Passionnée de jingju (opéra de Pékin), Cixi possédait une vaste collection de costumes et accessoires de scène. Elle finançait les meilleures troupes de l'empire et assistait aux représentations depuis un balcon privé.
La maîtrise de la calligraphie avait été l'une des premières qualités qui avaient distingué la jeune Cixi à la cour de l'empereur Xianfeng. Elle continua toute sa vie à écrire des inscriptions en grands caractères, offrant ses calligraphies comme récompenses suprêmes.
Programmes scolaires
Vie quotidienne
Matin
Cixi se levait avant l'aube, vers 5 heures, et commençait par des prières bouddhistes devant les autels de ses appartements, brûlant de l'encens et récitant des sutras. Ses dames de compagnie l'aidaient ensuite pour une toilette élaborée d'une à deux heures : soins du visage au lait de riz, coiffure en ailes de phénix, application de maquillage blanc et de rouge, pose des étuis à ongles en jade et or.
Après-midi
Les après-midis étaient consacrés aux audiences politiques et à la réception des mémoires des ministres derrière un rideau de soie jaune, conformément au protocole qui interdisait de regarder en face l'impératrice douairière. Cixi aimait aussi se promener dans les jardins du Palais d'Été en barque sur le lac Kunming, superviser ses collections de peinture et de porcelaine, ou assister à des répétitions d'opéra.
Soir
Les soirées comprenaient souvent des représentations d'opéra de Pékin dans le grand théâtre du Palais d'Été, suivies d'un souper tardif avec ses dames de compagnie. Cixi jouait parfois au mahjong ou à des jeux de cartes avant de se retirer. Elle consacrait également du temps à la calligraphie et à la lecture de romans classiques chinois.
Alimentation
Cixi était réputée pour la sophistication extrême de sa table : les repas impériaux comprenaient selon la tradition cent huit plats différents, même si la plupart n'étaient que symboliques. Ses plats favoris incluaient le canard laqué de Pékin, les dumplings (jiaozi) qu'elle appréciait depuis son enfance mandchoue, les champignons séchés et les légumes du jardin impérial. Elle buvait du thé Longjing et consommait régulièrement du lait d'ânesse pour l'entretien de sa peau.
Vêtements
Cixi portait les robes qipao mandchoues (qizhuang) en soie brodée aux couleurs codifiées par le rang : le jaune impérial était réservé aux grandes cérémonies, le bleu et le violet pour le quotidien. Ses robes étaient brodées de phénix (symbole de l'impératrice), de pivoines et de chauves-souris porte-bonheur. En hiver, les doublures étaient en fourrure de zibeline ou de renard. Ses chaussures à semelle en fleur de pot, caractéristiques de la mode mandchoue, lui donnaient une démarche chaloupée distinctive.
Habitat
Cixi résidait principalement dans deux lieux : les appartements du Palais de la Sérénité dans la Cité interdite pour les affaires officielles, et le Palais d'Été (Yiheyuan) qu'elle fit reconstruire pour sa résidence personnelle. Ses appartements privés au Palais d'Été, donnant sur le lac Kunming, étaient décorés de milliers d'objets d'art, de kakémonos, de jardinières en cloisonné et de mobilier laqué. Le hall du trône dans lequel elle recevait était orné d'écrans brodés, de lanternes en soie et d'encensoirs en bronze.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie
002-The Imperial Portrait of a Chinese Emperor called "Tongzhi"
painting of the Dowager Empress Cixi (Tzu Hsi)
Chinese: 《油画袁世凯像》label QS:Lzh,"油画袁世凯像"
Chinese: 《油画庆亲王像》label QS:Lzh,"油画庆亲王像"
Chinese: 《油画李鸿章像》label QS:Lzh,"油画李鸿章像"
The Qing Dynasty Cixi Imperial Dowager Empress of China On Throne 7
The Ci-Xi Imperial Dowager Empress (9.2)
《孝钦显皇后朝服像》
Nanxun - Ancient water town - 0081
海皮岛欢乐世界 - Happy Live Park - 2015.10 - panoramio
Style visuel
L'esthétique de Cixi est celle de la cour Qing à son apogée décoratif : somptueux tissus brodés aux couleurs impériales, coiffures monumentales, symboles ésotériques du pouvoir entremêlant traditions mandchoue et chinoise.
Prompt IA
Late Qing dynasty imperial Chinese aesthetic, 1860s-1900s. Rich imperial yellow and dragon-embroidered silk robes, intricate gold headdresses with phoenixes and pearls, red lacquered palace columns and carved wooden screens. Ink wash painting style combined with Manchu court portrait tradition, formal and hieratic composition. Jade ornaments, cloisonné enamel, imperial seals. Forbidden City architectural setting with sweeping curved yellow glazed tile roofs. Dense visual symbolism: phoenixes, peonies, bats (luck), clouds, dragons. Deep crimson, imperial yellow, jade green, midnight blue color palette. Influenced by both Chinese painting tradition and early Western portrait photography.
Ambiance sonore
L'univers sonore de Cixi mêle la solennité des processions impériales, les mélodies de l'opéra de Pékin qu'elle chérissait, et le calme contemplé des jardins du Palais d'Été au fil des saisons.
Prompt IA
Imperial Chinese court ambiance, late Qing dynasty, 19th century Beijing. Sounds of silk robes rustling as court ladies walk on marble floors, distant Peking opera music with erhu strings and percussion, the rhythmic chanting of eunuchs announcing imperial processions, soft bubbling of water features in palace gardens, wind through bamboo and pine trees, the clinking of jade jewelry and ornaments, distant temple bells, the murmur of advisors in palace corridors, occasional fireworks during imperial celebrations, rain falling on curved ceramic roof tiles of the Forbidden City.
Source du portrait
Wikimedia Commons — domaine public — John Yu Shuinling — 1902
Aller plus loin
Références
Œuvres
Reconstruction du Palais d'Été (Yiheyuan)
1886-1895
Réformes Xinzheng (新政)
1901-1908
Régence au nom de l'empereur Tongzhi
1861-1873
Suppression des Cent Jours de réforme
1898
Portrait officiel pour l'Exposition universelle de Saint-Louis
1903-1904


