Cixi(1835 — 1908)

Cixi

dynastie Qing

10 min de lecture

PolitiqueMonarquePolitiqueXIXe siècleLe XIXe siècle chinois est marqué par le déclin de la dynastie Qing, les guerres de l'opium, les traités inégaux imposés par les puissances occidentales et japonaises, et de profondes crises internes comme la révolte des Taiping.

Cixi, impératrice douairière de Chine, a dominé la politique de la dynastie Qing pendant près de cinquante ans. Régente habile et autoritaire, elle a gouverné un empire confronté aux pressions coloniales occidentales et aux révoltes internes, laissant une empreinte ambivalente sur la modernisation de la Chine.

Questions fréquentes

Cixi, impératrice douairière de la dynastie Qing, a gouverné la Chine pendant près de cinquante ans, de 1861 à 1908. Ce qui la rend singulière, c'est qu'elle est partie d'un rang modeste — concubine de cinquième classe — pour devenir la femme la plus puissante de l'empire. Pour comprendre son importance, il faut se rappeler qu'elle a gouverné à une époque de crises profondes : guerres de l'Opium, révolte des Taiping, pressions coloniales. Contrairement à une idée reçue, elle n'était pas une simple conservatrice : après 1901, elle a lancé les réformes Xinzheng, abolissant les examens mandarinaux et modernisant l'armée. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle incarne à la fois la résistance et l'adaptation forcée de la Chine impériale face à la modernité.

Faits marquants

  • 1852 : Entrée dans la Cité interdite comme concubine de l'empereur Xianfeng
  • 1861 : Après la mort de l'empereur, elle devient régente au nom de son fils, l'empereur Tongzhi
  • 1875–1908 : Régente effective pendant le règne de l'empereur Guangxu, son neveu, qu'elle fait emprisonner en 1898
  • 1898 : Coup d'État contre les réformes des Cent Jours, arrêtant la modernisation libérale du pays
  • 1900 : Soutien à la révolte des Boxeurs contre les puissances étrangères, suivie de la fuite de la cour et des protocoles de Pékin humiliants

Œuvres & réalisations

Reconstruction du Palais d'Été (Yiheyuan) (1886-1895)

Cixi finança la reconstruction du Palais d'Été, détruit par les Franco-Britanniques en 1860, en détournant des fonds de la marine impériale. Ce complexe architectural de 2,9 km², classé patrimoine mondial de l'UNESCO, est son œuvre la plus visible.

Réformes Xinzheng (新政) (1901-1908)

Après le désastre des Boxers, Cixi lança un vaste programme de modernisation : abolition des examens mandarinaux (1905), création d'écoles modernes, réforme de l'armée, envoi d'étudiants à l'étranger, ébauche d'une constitution. Ces réformes, trop tardives, ne purent sauver la dynastie.

Régence au nom de l'empereur Tongzhi (1861-1873)

Première régence de Cixi, durant laquelle elle gouverna la Chine au nom de son fils mineur. Elle stabilisa l'empire après les ravages de la révolte des Taiping et négocia avec les puissances étrangères.

Suppression des Cent Jours de réforme (1898)

Cixi mit fin aux réformes libérales de l'empereur Guangxu après seulement 103 jours, fit arrêter les réformateurs dont Kang Youwei et Tang Sitong (exécuté), rétablissant le conservatisme de la cour. Cet épisode est encore débattu par les historiens quant à ses motivations réelles.

Portrait officiel pour l'Exposition universelle de Saint-Louis (1903-1904)

Premier portrait officiel de l'impératrice réalisé par la peintre américaine Katherine Carl, destiné à présenter la Chine impériale sous un jour favorable à l'Occident. Il constitue un témoignage unique sur l'apparence et la mise en scène du pouvoir de Cixi.

Anecdotes

Cixi entra dans la Cité interdite à l'âge de seize ans comme concubine de rang inférieur de l'empereur Xianfeng. Grâce à son intelligence exceptionnelle et à sa maîtrise de la calligraphie — une compétence rare chez les femmes de la cour — elle devint rapidement indispensable à l'empereur qui lui dictait ses édits, gagnant ainsi une influence politique considérable.

En 1861, à la mort de l'empereur Xianfeng, Cixi organisa un coup d'État avec l'impératrice Ci'an pour renverser le conseil de régence composé de huit princes. Elle fit arrêter les régents, en exécuter trois, et s'empara du pouvoir au nom de son fils de cinq ans, le futur empereur Tongzhi. C'est l'une des rares fois dans l'histoire chinoise où des femmes s'emparèrent ainsi du pouvoir d'État.

Cixi était passionnée de théâtre d'opéra de Pékin (jingju). Elle fit construire dans le palais d'Été un théâtre à trois étages, le Grand Théâtre de la Vertu Harmonieuse, et assistait régulièrement aux représentations. Elle finançait des troupes entières et connaissait par cœur des centaines de rôles, participant parfois elle-même aux répétitions.

En 1908, quelques heures seulement avant sa mort, Cixi désigna comme successeur Puyi, un enfant de deux ans et demi. Elle avait auparavant fait emprisonner puis probablement empoisonner l'empereur Guangxu, son neveu, qui mourut le 14 novembre 1908, la veille de sa propre mort. Cixi avait ainsi maintenu le contrôle de la Chine jusqu'à son dernier souffle.

La photographe américaine Katherine Carl réalisa le premier portrait officiel de Cixi vers 1903, destiné à l'Exposition universelle de Saint-Louis. Cixi, méfiante envers les technologies occidentales, imposa des conditions très strictes à la séance : la photographe devait se prosterner, ne jamais lever les yeux vers l'impératrice, et les clichés furent longuement négociés. Ce portrait fut une tentative de Cixi de soigner son image auprès des puissances occidentales après le désastre de la révolte des Boxers.

Sources primaires

Édit impérial du coup d'État de Xinyou (辛酉政變諭旨) (1861)
Les huit régents ont failli à leurs devoirs et agi de manière contraire à la volonté impériale. Nous ordonnons leur arrestation immédiate et la saisie de leurs sceaux officiels, afin que la régence soit assurée conformément aux rites et à la loi.
Mémoires de la cour impériale — Témoignage de Yu Deling (德齡公主回憶錄) (1903-1905)
Sa Majesté se levait chaque matin avant l'aube. Elle priait devant les statues de Bouddha, puis procédait à sa longue toilette assistée de nombreuses dames de compagnie. Ses ongles, protégés par de longs étuis en or et en jade, étaient l'objet de soins constants et symbolisaient son rang absolu.
Rapport de l'ambassadeur français Stephen Pichon au ministère des Affaires étrangères (1902)
L'impératrice douairière reçut le corps diplomatique avec une magnificence calculée. Elle distribua elle-même des gâteaux aux épouses des ambassadeurs, manifestant une affabilité soudaine qui contrastait singulièrement avec l'hostilité aux étrangers qu'elle avait affichée lors des événements de 1900.
Décret de réforme des examens impériaux (廢科舉詔書) (1905)
Le système des examens traditionnels, en vigueur depuis plus de mille ans, est désormais aboli. Les nouvelles écoles enseignant les sciences et les langues étrangères seront établies dans chaque province, afin de former les serviteurs dont l'Empire a besoin face aux défis du temps présent.
Testament politique de Cixi (慈禧太后遺詔) (1908)
Une femme ne doit jamais prendre le pouvoir en Chine. Il ne faut plus jamais permettre qu'une femme dirige les affaires de l'État, comme je l'ai fait. Cela est contraire à l'ordre naturel des choses et ne peut que conduire le pays à sa perte.

Lieux clés

Cité interdite, Pékin

Résidence officielle des empereurs et siège du gouvernement impérial, la Cité interdite fut le centre du pouvoir de Cixi pendant près de cinquante ans. Elle y vécut depuis son arrivée comme concubine en 1851 jusqu'à sa mort en 1908.

Palais d'Été (Yiheyuan), Pékin

Cixi fit reconstruire ce palais impérial entre 1886 et 1895, détourner à cet effet des fonds destinés à la marine impériale. Il devint sa résidence favorite et le lieu où elle recevait les ambassadeurs étrangers après 1902.

Rehe (Chengde), Hebei

Résidence d'été impériale de montagne où l'empereur Xianfeng mourut en 1861. C'est là que Cixi, présente à ses côtés, organisa le coup d'État qui allait lui permettre de s'emparer du pouvoir.

Xi'an (Chang'an), Shaanxi

Cixi s'y réfugia en fuite lors de la prise de Pékin par les troupes alliées pendant la révolte des Boxers en 1900. Ce repli humiliant en palanquin à travers des centaines de kilomètres marqua profondément son règne.

Temple Putuozongcheng, Chengde

Grand temple bouddhiste où Cixi se rendait régulièrement en pèlerinage, notamment pour son anniversaire. Sa dévotion bouddhiste était sincère et influença de nombreuses décisions politiques et artistiques de sa cour.

Liens externes & ressources

Œuvres

Reconstruction du Palais d'Été (Yiheyuan)

1886-1895

Régence au nom de l'empereur Tongzhi

1861-1873

Portrait officiel pour l'Exposition universelle de Saint-Louis

1903-1904

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Voir aussi