
Jules Ferry
Jules Ferry
1832 — 1893
France
Homme d'État français (1832-1893) qui a transformé l'école française en tant que ministre de l'Instruction publique. Il est à l'origine des lois scolaires fondamentales rendant l'école gratuite, laïque et obligatoire, jetant les bases de l'école publique moderne en France.
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Citations célèbres
« Celui qui tient l'école tient la société. »
« Le budget de l'instruction publique est le plus fructueux des placements. »
Faits marquants
- 1879-1885 : Ministre de l'Instruction publique, période des grandes réformes scolaires
- 1881 : Loi Jules Ferry rendant l'enseignement primaire gratuit
- 1882 : Loi Jules Ferry rendant l'enseignement primaire obligatoire et laĂŻque
- 1884 : Suppression de l'enseignement religieux dans les écoles publiques
- 1885-1889 : Président du Conseil (chef du gouvernement)
Œuvres & réalisations
Cette loi supprime les frais de scolarité dans toutes les écoles primaires publiques françaises, permettant aux enfants pauvres d'accéder à l'instruction. C'est la première des trois grandes lois scolaires de Ferry.
Elle rend l'instruction obligatoire pour tous les enfants de 6 à 13 ans et retire l'enseignement religieux des programmes des écoles publiques. Les crucifix sont retirés des salles de classe, remplacés par des symboles républicains.
Prolongement des lois de 1881-1882, elle impose que tout le personnel enseignant dans les écoles publiques soit laïc, excluant progressivement les congrégations religieuses. Elle complète l'édifice de l'école républicaine.
Circulaire fondatrice dans laquelle Ferry définit la mission morale des instituteurs : enseigner une morale laïque universelle, sans référence religieuse. Ce texte reste une référence de la philosophie éducative républicaine française.
Recueil en plusieurs volumes de ses principaux discours parlementaires et textes politiques. Indispensable pour comprendre sa pensée sur l'école, la laïcité, le colonialisme et la République.
Ferry organisa et développa les écoles normales pour former une armée d'instituteurs laïcs, surnommés 'les hussards noirs de la République'. Cette infrastructure forma pendant des décennies les maîtres de l'école publique française.
Anecdotes
Jules Ferry était surnommé 'Ferry-Famine' par les Parisiens lors du siège de Paris en 1870-1871 : en tant que maire de la capitale, il était chargé de gérer les maigres rations alimentaires distribuées à la population affamée. Ce surnom injuste lui colla à la peau, mais Ferry continua à exercer ses fonctions avec rigueur malgré l'hostilité populaire.
Lorsque Jules Ferry fit retirer les crucifix des salles de classe et les religieux des écoles publiques, il reçut des milliers de lettres d'insultes et fut même menacé de mort. Imperturbable, il déclara que la laïcité n'était pas une guerre contre la religion mais une garantie de liberté pour tous les enfants de France, quelle que soit leur foi.
Ferry était passionné de littérature et admirait profondément Auguste Comte, le père du positivisme. Il appliqua directement la philosophie positiviste à sa politique scolaire : l'école devait reposer sur la raison et la science, non sur la foi ou la tradition. Ses adversaires le surnommèrent 'le positiviste' avec ironie, mais lui en était fier.
En 1884, alors qu'il était président du Conseil, Jules Ferry dut affronter une violente campagne parlementaire menée par Georges Clemenceau après des revers militaires au Tonkin. Renversé par la Chambre, Ferry quitta le pouvoir sous les huées. Pourtant, quelques années plus tard, ses lois scolaires étaient saluées comme le fondement de la République moderne.
Jules Ferry mourut en 1893 en laissant comme dernier vœu que ses cendres soient enterrées face à l'Alsace-Lorraine, provinces perdues en 1871 après la défaite contre la Prusse. Ce geste symbolique illustrait son attachement viscéral à la patrie et sa conviction que l'école républicaine formerait les générations qui rendraient ces territoires à la France.
Sources primaires
Il faut que la société moderne se décide à choisir : il faut qu'elle choisisse entre l'Église qui la tient par les générations naissantes, et l'école qui peut seule la régénérer.
Vous êtes les auxiliaires et, en quelque sorte, les substituts du père de famille ; parlez à l'enfant comme vous voudriez qu'on parlât au vôtre ; avec bonté, avec gravité, au besoin avec sévérité, mais avant tout avec cette conviction profonde que vous faites, dans ces humbles fonctions, l'œuvre même de la civilisation.
Les races supérieures ont un droit vis-à -vis des races inférieures… elles ont le devoir de civiliser les races inférieures.
L'instruction primaire obligatoire est une dette de la société envers l'enfant ; c'est aussi une nécessité pour l'État démocratique, qui ne peut se maintenir que par des citoyens éclairés.
Lieux clés
Ville natale de Jules Ferry dans les Vosges, marquée par la proximité de l'Alsace-Lorraine que la France perdra en 1871. Ce contexte géographique nourrit tout au long de sa vie son patriotisme républicain.
C'est depuis ce ministère, rue de Grenelle à Paris, que Ferry orchestra ses grandes réformes scolaires entre 1879 et 1883. Il y rédigea les fameuses lois qui transformèrent durablement l'école française.
Lieu où Ferry prononça ses grands discours parlementaires défendant la laïcité, l'obligation scolaire et la politique coloniale. Il y fut aussi triomphalement renversé en 1885 après les revers du Tonkin.
Ferry en fut maire pendant le siège de Paris (1870-1871), gérant une ville affamée sous les bombardements prussiens. Cette expérience traumatisante forga son caractère inflexible et son sens du devoir républicain.
Sur sa demande, Jules Ferry fut inhumé dans sa ville natale, avec sa tombe orientée vers l'Alsace-Lorraine occupée. Ce vœu ultime témoigne de son attachement à la patrie et à la mémoire de la défaite de 1871.
Objets typiques
Outil quotidien du législateur et du ministre, Ferry rédigea personnellement de nombreux projets de loi et circulaires. La plume symbolise l'importance accordée à l'écrit et à la loi comme instruments de transformation sociale.
Les nouveaux manuels commandés sous Ferry bannissaient les références religieuses et mettaient en avant la morale civique, les sciences naturelles et l'histoire de France républicaine. Ils incarnaient concrètement le projet d'une école sans Dieu mais non sans valeurs.
Présente dans de nombreuses salles de classe après 1871, cette carte montrait les provinces perdues en noir ou en violet. Ferry, comme beaucoup de républicains, voulait que les enfants n'oublient jamais la défaite et rêvent de revanche.
Habit typique de la bourgeoisie républicaine de la IIIe République, Ferry la portait en toutes circonstances officielles. Cette tenue austère reflétait les valeurs de sérieux, de travail et de sobriété que les républicains opposaient au faste impérial.
Équipement central de la nouvelle école primaire républicaine que Ferry mit en place. Le tableau noir symbolisait la transmission du savoir rationnel et laïc, accessible à tous les enfants de France.
Quotidien républicain modéré que Ferry lisait assidûment et dans lequel il publia des articles de doctrine politique. La presse était pour lui un instrument essentiel de formation de l'opinion publique républicaine.
Programmes scolaires
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Concept
Vie quotidienne
Matin
Jules Ferry se levait tôt, vers six heures, et consacrait la première partie de sa matinée à la lecture des journaux — Le Temps, Le Journal des débats — pour suivre l'opinion publique et les réactions parlementaires. Il dictait ensuite son courrier à un secrétaire, répondant aux préfets, aux inspecteurs d'académie et aux parlementaires.
Après-midi
Ses après-midis étaient accaparés par les travaux parlementaires : auditions de commission, séances à la Chambre ou au Sénat, réunions avec ses collègues ministres et les hauts fonctionnaires de l'Instruction publique. Il recevait également des délégations d'instituteurs, d'universitaires ou de militants républicains venant soutenir ou contester ses projets.
Soir
Le soir, Ferry se retirait dans son bureau pour travailler à ses discours et projets de loi, souvent fort avant dans la nuit. Il fréquentait aussi les salons républicains bourgeois où se forgeaient les alliances politiques, appréciant les discussions philosophiques teintées de positivisme comtien.
Alimentation
Ferry avait une alimentation sobre, typique de la bourgeoisie provinciale française transplantée à Paris : repas structurés autour de la viande rôtie, des légumes et du pain, arrosés d'un vin de Bourgogne ou d'Alsace. Il n'était pas réputé pour ses excès de table, préférant consacrer son temps et son énergie à ses activités politiques.
VĂŞtements
Ferry portait invariablement la redingote noire boutonnée, symbole de la respectabilité républicaine et bourgeoise de la IIIe République. Un haut-de-forme, des gants noirs et une montre à gousset complétaient sa tenue pour les occasions officielles, tandis qu'il adoptait un habit plus simple au bureau.
Habitat
À Paris, Ferry habitait un appartement haussmannien dans un quartier bourgeois, meublé avec le sérieux et la sobriété propres aux notables républicains : bibliothèque garnie de livres de philosophie positiviste et d'histoire, bureau en chêne massif, portraits de figures républicaines au mur. Il conserva toute sa vie des attaches avec les Vosges, sa région natale.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie
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Style visuel
Le style visuel évoque le réalisme austère et républicain de la IIIe République : sobriété bourgeoise, décors institutionnels sombres et dignité civique des portraits officiels.
Prompt IA
Late 19th-century French realist painting style, inspired by Gustave Courbet and Édouard Manet. Dark, dignified interior scenes with high contrast between warm lamplight and deep shadows. Bourgeois republican décor: dark wood paneling, red velvet curtains, leather-bound books, tricolor flags. Portraits in the style of official Third Republic photography — stern, formal, black-and-white with high contrast. Street scenes of Haussmannian Paris: wide stone boulevards, iron lampposts, schoolchildren in grey smocks. Color palette is sober, serious, and patriotic, conveying rationalism and civic duty over emotion.
Ambiance sonore
L'ambiance sonore mêle le calme studieux des bureaux ministériels du Paris de la IIIe République au brouhaha de la ville et aux premiers sons d'une école laïque en train de naître.
Prompt IA
Sounds of a busy 19th-century French ministry: quill scratching on paper, the rustling of official documents, hushed voices of advisors in a wood-paneled office. In the background, the distant noise of Paris streets — horse-drawn carriages on cobblestones, the cries of newspaper vendors announcing parliamentary debates. Occasionally, the solemn bell of a nearby church contrasting with the secular world being built inside. The creak of heavy oak doors, the scratch of a match lighting a lamp in the evening, and the faint sound of a public school class reciting republican lessons in unison through an open window.
Source du portrait
Wikimedia Commons — domaine public
Aller plus loin
Références
Ĺ’uvres
Loi sur la gratuité de l'enseignement primaire public
16 juin 1881
Loi sur l'obligation scolaire et la laïcité des programmes
28 mars 1882
Loi sur la laĂŻcisation du personnel enseignant
30 octobre 1886
Lettre aux instituteurs
17 novembre 1883
Discours et Opinions de Jules Ferry (recueil posthume)
1893-1898
Création des écoles normales d'instituteurs dans chaque département
1879-1882


