Acqua d'orzo — l'eau d'orge des malades
Une décoction tiède d'orge, claire et légèrement nacrée, à peine adoucie d'un peu de miel et parfumée d'écorce de citron. Reconstituante et apaisante, c'est le breuvage que l'on porte à celle qui ne peut plus rien avaler de solide.
Une décoction tiède d'orge, claire et légèrement nacrée, à peine adoucie d'un peu de miel et parfumée d'écorce de citron. Reconstituante et apaisante, c'est le breuvage que l'on porte à celle qui ne peut plus rien avaler de solide.
Ne crains rien pour moi, ma fille, mais puisque Frère François l'a ordonné, je boirai. Fais bouillir longuement l'orge dans l'eau, jusqu'à ce qu'elle rende toute sa douceur, puis passe le bouillon dans un linge propre. Une larme de miel, un zeste pour la senteur, et porte-le-moi tiède. J'ai trop demandé à ce pauvre corps ; il faut, dit-on, le ménager un peu pour mieux servir Dieu encore quelque temps.
- •Orge mondé — une poignée (base de la décoction médicinale)
- •Eau de source — plein un pot (support)
- •Miel — une cuillerée (douceur et réconfort)
- •Écorce de citron ou de cédrat — un éclat (parfum (agrume connu en Italie médiévale))
Acqua d'orzo — l'eau d'orge des malades
Une décoction tiède d'orge, claire et légèrement nacrée, à peine adoucie d'un peu de miel et parfumée d'écorce de citron. Reconstituante et apaisante, c'est le breuvage que l'on porte à celle qui ne peut plus rien avaler de solide.
Pourquoi ce plat ? Claire fut souvent malade et alitée durant les vingt-huit dernières années de sa vie, à cause de jeûnes excessifs ; François lui-même dut lui ordonner de manger pour préserver sa santé. L'eau d'orge — la « tisane » des médecins médiévaux — était le réconfort doux que l'on donnait aux corps affaiblis.
Ne crains rien pour moi, ma fille, mais puisque Frère François l'a ordonné, je boirai. Fais bouillir longuement l'orge dans l'eau, jusqu'à ce qu'elle rende toute sa douceur, puis passe le bouillon dans un linge propre. Une larme de miel, un zeste pour la senteur, et porte-le-moi tiède. J'ai trop demandé à ce pauvre corps ; il faut, dit-on, le ménager un peu pour mieux servir Dieu encore quelque temps.
Ingrédients (version d’époque)
- Orge mondé — une poignée (base de la décoction médicinale)
- Eau de source — plein un pot (support)
- Miel — une cuillerée (douceur et réconfort)
- Écorce de citron ou de cédrat — un éclat (parfum (agrume connu en Italie médiévale))
Ingrédients
- Orge perlé — 80 g (base de la tisane)
- Eau — 1,5 litre (décoction)
- Miel — 1 à 2 c. à café (adoucir)
- Zeste de citron non traité — 1 lamelle (parfum)
Préparation
- Rincez l'orge à l'eau froide.
- Portez l'eau à ébullition, ajoutez l'orge et le zeste de citron, baissez le feu et laissez frémir 40 minutes à couvert.
- Filtrez à travers un linge ou une passoire fine pour ne garder que le liquide nacré (gardez l'orge cuit pour une soupe).
- Laissez tiédir, puis incorporez le miel hors du feu pour préserver ses arômes.
- Buvez tiède, à petites gorgées ; se conserve un jour au frais.
Comment on faisait : La ptisane d'orge (du grec ptisanê) traverse toute la médecine antique et médiévale, d'Hippocrate à l'École de Salerne : on la donnait aux fébriles et aux convalescents pour « rafraîchir » et nourrir doucement. Le miel, seul édulcorant disponible avant le sucre de canne raffiné, en faisait un remède aussi bien qu'une boisson. Les infirmeries de couvent en préparaient couramment.
Le twist contemporain : Servie glacée avec beaucoup de zeste et une feuille de menthe, cette acqua d'orzo devient une « orgeat » médiévale rafraîchissante, ancêtre lointain de nos sirops d'orgeat.
Sources : Regimen sanitatis Salernitanum (École de Salerne, XIIe-XIIIe s.) · Légende de sainte Claire (Legenda Sanctae Clarae Virginis), 1255
Claire d'Assise · Charactorium