Minestra di ceci e bietole — la pitance des jours de fête
Un potage épais et doré de pois chiches longuement mijotés avec des blettes et un peu d'huile d'olive, parfumé à la sauge et au romarin du jardin du couvent. Réconfortant sans être riche, c'est la « fête » telle que la concevait une Pauvre Dame.
Un potage épais et doré de pois chiches longuement mijotés avec des blettes et un peu d'huile d'olive, parfumé à la sauge et au romarin du jardin du couvent. Réconfortant sans être riche, c'est la « fête » telle que la concevait une Pauvre Dame.
En ce jour de la Nativité, ma sœur, la règle permet un peu plus à nos écuelles, et je rends grâce. J'ai mis tremper les pois chiches dès la veille des vêpres, puis je les ai laissés cuire tout le jour près des braises avec les blettes du potager et un brin de romarin. Un filet d'huile d'olive y est versé, comme on verse un don : sobrement, mais de bon cœur. Mange, et souviens-toi que même la joie chez nous garde l'odeur de la pauvreté bien-aimée.
- •Pois chiches secs — une bonne poignée par sœur (protéine du carême et des fêtes)
- •Blettes (bietole) — une botte du jardin (légume-feuille de saison)
- •Huile d'olive d'Ombrie — un filet (le luxe permis des jours de fête)
- •Ail — deux gousses (aromate)
- •Sauge et romarin — quelques brins (parfum du jardin claustral)
- •Sel — selon goût (assaisonnement)
Minestra di ceci e bietole — la pitance des jours de fête
Un potage épais et doré de pois chiches longuement mijotés avec des blettes et un peu d'huile d'olive, parfumé à la sauge et au romarin du jardin du couvent. Réconfortant sans être riche, c'est la « fête » telle que la concevait une Pauvre Dame.
Pourquoi ce plat ? Les jours de grande fête liturgique (Noël, Pâques, la Saint-François), la règle relâchait un peu le jeûne : une pitance plus nourrissante était permise. Une soupe épaisse de pois chiches et de blettes, rehaussée d'huile, était un luxe sobre digne du calendrier des Clarisses.
En ce jour de la Nativité, ma sœur, la règle permet un peu plus à nos écuelles, et je rends grâce. J'ai mis tremper les pois chiches dès la veille des vêpres, puis je les ai laissés cuire tout le jour près des braises avec les blettes du potager et un brin de romarin. Un filet d'huile d'olive y est versé, comme on verse un don : sobrement, mais de bon cœur. Mange, et souviens-toi que même la joie chez nous garde l'odeur de la pauvreté bien-aimée.
Ingrédients (version d’époque)
- Pois chiches secs — une bonne poignée par sœur (protéine du carême et des fêtes)
- Blettes (bietole) — une botte du jardin (légume-feuille de saison)
- Huile d'olive d'Ombrie — un filet (le luxe permis des jours de fête)
- Ail — deux gousses (aromate)
- Sauge et romarin — quelques brins (parfum du jardin claustral)
- Sel — selon goût (assaisonnement)
Ingrédients
- Pois chiches secs — 250 g (trempés une nuit) (base de la soupe)
- Blettes — 400 g (feuilles et côtes) (légume vert)
- Huile d'olive vierge extra — 4 c. à soupe (liant et goût)
- Ail — 2 gousses (aromate)
- Oignon — 1 petit (fond)
- Sauge — 4 feuilles (parfum)
- Romarin — 1 brin (parfum)
- Sel — selon goût (assaisonnement)
Préparation
- Égouttez les pois chiches trempés, couvrez-les d'eau froide et faites cuire 1 h 30 à 2 h à petits bouillons (sans sel d'abord, pour qu'ils s'attendrissent).
- Dans une autre marmite, faites blondir l'oignon et l'ail émincés dans l'huile d'olive avec la sauge et le romarin.
- Lavez les blettes, séparez les côtes (à mettre en premier) des feuilles, et ajoutez-les au fond aromatique.
- Versez les pois chiches avec une louche de leur eau de cuisson, salez, et laissez mijoter 20 minutes.
- Écrasez grossièrement une partie des pois chiches à la fourchette pour épaissir la soupe.
- Servez bien chaud dans une écuelle de terre, avec un dernier filet d'huile d'olive crue et des morceaux de pane d'orzo.
Comment on faisait : Pois chiches, fèves et lentilles formaient la « viande des pauvres » médiévale, autorisée pendant les jeûnes où la chair était interdite. Dans les couvents, les légumineuses du grenier et les herbes du jardin clos (hortus) faisaient l'ordinaire ; l'huile d'olive, coûteuse, marquait les jours de relâche du jeûne. Aucune tomate, aucun haricot du Nouveau Monde : l'Italie du XIIIe siècle les ignore encore.
Le twist contemporain : Un tour de moulin à poivre long et quelques côtes de blette juste saisies pour la couleur transforment cette humble minestra en assiette de bistronomie « cucina povera ».
Sources : Massimo Montanari, La faim et l'abondance. Histoire de l'alimentation en Europe · Bruno Laurioux, Manger au Moyen Âge
Claire d'Assise · Charactorium