Gelée de groseilles du jardin
Le jus de groseilles fraîchement pressées, cuit avec son poids de sucre jusqu'au point de prise, puis coulé dans des pots. Une gelée d'un rouge translucide, vive et acidulée, pour les tartines et les goûters.
Le jus de groseilles fraîchement pressées, cuit avec son poids de sucre jusqu'au point de prise, puis coulé dans des pots. Une gelée d'un rouge translucide, vive et acidulée, pour les tartines et les goûters.
Les groseilles de juillet, dans le jardin de ma mère, pendaient en grappes claires comme de petits lampions de verre. On les égrenait à la fourchette, on en tirait un jus couleur de rubis qu'il fallait peser, car la gelée ne pardonne pas l'à-peu-près : autant de sucre que de jus, pas davantage. Maman surveillait la bassine de cuivre, guettant l'instant où la goutte fige sur l'assiette froide ; un instant trop tard, et tout était perdu. Ces pots-là, rangés au frais, nous rendaient l'été en plein cœur de l'hiver, sur une tartine beurrée.
- •Groseilles rouges du jardin — pleine corbeille (fruit)
- •Sucre — autant que de jus (prise et conservation)
Gelée de groseilles du jardin
Le jus de groseilles fraîchement pressées, cuit avec son poids de sucre jusqu'au point de prise, puis coulé dans des pots. Une gelée d'un rouge translucide, vive et acidulée, pour les tartines et les goûters.
Pourquoi ce plat ? Le jardin de Sido, à Saint-Sauveur, débordait de fruits rouges et d'arbustes que Colette a chantés toute sa vie. Mettre en gelée les groseilles de juillet pour les garder jusqu'à l'hiver est le geste de conservation domestique le plus typique de ce monde d'enfance.
Les groseilles de juillet, dans le jardin de ma mère, pendaient en grappes claires comme de petits lampions de verre. On les égrenait à la fourchette, on en tirait un jus couleur de rubis qu'il fallait peser, car la gelée ne pardonne pas l'à-peu-près : autant de sucre que de jus, pas davantage. Maman surveillait la bassine de cuivre, guettant l'instant où la goutte fige sur l'assiette froide ; un instant trop tard, et tout était perdu. Ces pots-là, rangés au frais, nous rendaient l'été en plein cœur de l'hiver, sur une tartine beurrée.
Ingrédients (version d’époque)
- Groseilles rouges du jardin — pleine corbeille (fruit)
- Sucre — autant que de jus (prise et conservation)
Ingrédients
- Groseilles rouges — 2 kg (pour le jus) (fruit)
- Sucre cristallisé — même poids que le jus obtenu (prise et conservation)
- Jus de citron — 1/2 (facultatif) (aide à la prise)
Préparation
- Rincer les groseilles, les mettre dans une bassine avec un fond d'eau et chauffer doucement jusqu'à ce qu'elles éclatent.
- Verser dans un linge ou une étamine et laisser le jus s'égoutter sans presser (pour une gelée bien claire).
- Peser le jus recueilli et ajouter le même poids de sucre.
- Porter à ébullition vive en écumant, jusqu'au point de prise : une goutte déposée sur une assiette froide doit figer.
- Couler aussitôt dans des pots ébouillantés, fermer et retourner jusqu'à refroidissement.
Comment on faisait : La gelée se faisait dans une grande bassine de cuivre, dont le métal favorise une cuisson rapide et une belle couleur. Sans thermomètre, on jugeait la prise « à l'assiette froide » ou « à la nappe » sur l'écumoire. C'était le grand rituel de l'été, qui remplissait le garde-manger pour toute l'année.
Le twist contemporain : Parfumer un pot d'un soupçon de fleur de sureau ou d'une feuille de verveine du jardin, pour une gelée signée.
Colette · Charactorium