Copi (1939-1987) est un écrivain, dramaturge et dessinateur argentin d'expression française. Figure de l'avant-garde parisienne, il mêle humour féroce, provocation et théâtre de l'absurde.
Copi(1939 — 1987)
Copi
Argentine
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Naît en 1939 à Buenos Aires dans une famille de la haute bourgeoisie liée à la presse (journal Crítica)
- S'installe à Paris au début des années 1960 et adopte le français comme langue de création
- Publie à partir de 1964 la bande dessinée 'La Femme assise' dans Le Nouvel Observateur
- Écrit et joue un théâtre provocateur et absurde (L'Homosexuel ou la difficulté de s'exprimer, 1971 ; Les Quatre Jumelles, 1973)
- Meurt du sida à Paris en 1987
Œuvres & réalisations
Série de dessins d'humour publiés dans la presse, mettant en scène une petite femme sur sa chaise. Devenue un classique de la BD absurde.
Pièce de théâtre installant son univers de folie douce et de dialogue absurde. Une de ses premières œuvres scéniques majeures.
Comédie provocatrice sur l'identité et le désir, emblématique de son théâtre transgressif et burlesque.
Monologue délirant de science-fiction que Copi interprétait lui-même. Performance solo devenue culte.
Roman mêlant exil, mémoire familiale argentine et fantaisie débridée. Illustre sa veine romanesque.
Roman fantastique et satirique où des rats parisiens deviennent les héros grinçants d'une fable urbaine.
Pièce à l'humour noir et au fantastique, l'un de ses grands succès théâtraux des années 1980.
Ultime pièce, comédie tendre et cruelle sur un comédien mourant à l'hôpital. Écho de sa propre maladie.
Anecdotes
Copi s'appelait en réalité Raúl Damonte Botana. Le surnom « Copi » lui venait de sa grand-mère, qui l'appelait ainsi tendrement quand il était enfant en Argentine. Il a gardé ce diminutif toute sa vie, y compris comme signature d'artiste.
Il venait d'une famille de presse célèbre : son grand-père Natalio Botana avait fondé Crítica, l'un des plus grands journaux argentins. La politique forçant sa famille à l'exil, Copi passa une partie de son enfance à voyager, ce qui explique qu'il ait grandi entre l'espagnol et le français.
Chaque semaine, les lecteurs du Nouvel Observateur retrouvaient son dessin d'une petite femme assise sur une chaise, dialoguant seule ou avec un canard. Cette « Femme assise » devint un personnage culte de la bande dessinée d'humour absurde des années 1960.
Copi écrivait ses pièces directement en français, une langue qui n'était pas sa langue maternelle. Il en jouait avec un humour féroce, mêlant travestissement, provocation et fantastique, ce qui faisait de ses spectacles de véritables scandales joyeux.
Il fut l'une des figures du FHAR (Front homosexuel d'action révolutionnaire) dans le Paris du début des années 1970, mêlant son art de la dérision à un engagement pour la liberté et la visibilité homosexuelles.
Sources primaires
Pièce où Copi installe son univers de solitude, de folie douce et de dialogue absurde, caractéristique de son théâtre de dérision.
Une petite femme sur sa chaise devise avec un canard sur la vie, la mort et l'ennui, dans des saynètes muettes et loufoques.
Comédie provocatrice située en Sibérie, où le travestissement et le grotesque servent une réflexion mordante sur l'identité et le désir.
Roman où Copi déploie sa veine argentine, entre exil, mémoire familiale et fantaisie débridée.
Dernière pièce de Copi, comédie sur un comédien mourant à l'hôpital, écrite alors qu'il était lui-même malade.
Lieux clés
Ville natale de Copi, où il grandit dans une célèbre famille de la presse. Ses racines argentines nourrissent toute son œuvre.
Ville d'adoption où Copi s'installe au début des années 1960 et mène toute sa carrière d'écrivain, dessinateur et homme de théâtre. Il y meurt en 1987.
Ville de l'autre rive du Río de la Plata où la famille de Copi séjourna lors de ses exils politiques successifs.
Petites salles de la rive gauche où furent créées ses pièces provocatrices dans les années 1960-1980. Elles étaient le laboratoire de son théâtre de dérision.
Grand cimetière parisien où de nombreuses figures des arts reposent, dans la ville qui fut le théâtre de toute la carrière de Copi.
Objets typiques

Outils du dessinateur de presse avec lesquels Copi croquait ses saynètes hebdomadaires. Son trait simple et nerveux servait un humour absurde.

Objet-signature de son personnage de BD : une petite femme perpétuellement assise sur sa chaise. La chaise devient le décor unique et absurde de ses dialogues.

Robes, perruques et maquillages que Copi portait dans ses spectacles. Le travestissement était au cœur de son théâtre provocateur et libérateur.

Outil sur lequel Copi rédigeait ses pièces et romans directement en français. Il y forgeait une langue inventive, drôle et volontairement décalée.
📷 Domaine public · Wikimedia Commons ↗
Interlocuteur récurrent et muet de la Femme assise dans ses dessins. Ce canard incarne l'absurde et le non-sens de ses dialogues.

Hebdomadaire parisien qui publia longtemps les dessins de Copi. Il fit connaître son humour à un large public cultivé.
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Vie quotidienne
Matin
Copi commençait souvent sa journée tard, en artiste noctambule. Le matin, il retrouvait sa planche à dessin pour préparer le croquis hebdomadaire attendu par les journaux.
Après-midi
L'après-midi était consacré à l'écriture de ses pièces et romans, tapés directement en français sur sa machine à écrire. Il fréquentait aussi les cafés parisiens, lieux d'échange de l'avant-garde.
Soir
Le soir, il rejoignait les petits théâtres de la rive gauche pour répéter ou jouer. Copi aimait la scène, où il incarnait lui-même ses personnages travestis et outranciers.
Alimentation
En bohème parisien, il partageait les repas de bistrot et de café, arrosés de discussions animées. Ses origines argentines le rattachaient aussi aux saveurs du Río de la Plata, comme le maté et la viande grillée.
Vêtements
Dans la vie, Copi affichait l'allure décontractée des artistes parisiens des années 1960-1970. Sur scène, il se transformait, adoptant robes, perruques et maquillages provocateurs.
Habitat
Il vivait dans des appartements parisiens, au cœur d'une ville qu'il avait choisie comme patrie artistique. Son logement était celui d'un écrivain exilé, entre deux cultures et deux langues.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
La Femme assise
années 1960
La Journée d'une rêveuse
1968
L'Homosexuel ou la difficulté de s'exprimer
1971
Loretta Strong
1974
La Vie est un tango
1979
La Cité des rats
1981
La Nuit de Madame Lucienne
1985






