Ie kunyit jahe — décoction de curcuma et gingembre
Boisson chaude, amère et piquante, à base de racines réputées fortifiantes. Plus remède que plaisir, mais réconfort réel dans le froid humide de la jungle.
Boisson chaude, amère et piquante, à base de racines réputées fortifiantes. Plus remède que plaisir, mais réconfort réel dans le froid humide de la jungle.
La forêt qui nous cachait nous rendait aussi malades — la fièvre, les os qui brûlent, les yeux qui se voilent. Nous n'avions pas de médecin, seulement ce que Dieu fait pousser : la racine jaune, le gingembre, un peu d'acide de tamarin. On la buvait amère, bien chaude, et l'on remerciait le Ciel d'avoir encore la force de tenir le rencong. Bois-la sans grimacer, petit : ce qui soigne n'a pas à être doux.
- •Curcuma frais — une racine (base, anti-fièvre traditionnel)
- •Gingembre frais — un gros morceau (réchauffant)
- •Pulpe de tamarin — un peu (acidité)
- •Sucre de palme (aren) — selon disponibilité (adoucir à peine)
- •Eau de source — ce qu'il faut (infusion)
Ie kunyit jahe — décoction de curcuma et gingembre
Boisson chaude, amère et piquante, à base de racines réputées fortifiantes. Plus remède que plaisir, mais réconfort réel dans le froid humide de la jungle.
Pourquoi ce plat ? Capturée en 1905, Cut Nyak Dhien était minée par la maladie et les yeux affaiblis après des années de guérilla. Dans la forêt, les herbes médicinales traditionnelles étaient la seule pharmacie : une décoction de curcuma, de gingembre et de tamarin, réputée contre la fièvre et les maux du corps, accompagnait les combattants épuisés.
La forêt qui nous cachait nous rendait aussi malades — la fièvre, les os qui brûlent, les yeux qui se voilent. Nous n'avions pas de médecin, seulement ce que Dieu fait pousser : la racine jaune, le gingembre, un peu d'acide de tamarin. On la buvait amère, bien chaude, et l'on remerciait le Ciel d'avoir encore la force de tenir le rencong. Bois-la sans grimacer, petit : ce qui soigne n'a pas à être doux.
Ingrédients (version d’époque)
- Curcuma frais — une racine (base, anti-fièvre traditionnel)
- Gingembre frais — un gros morceau (réchauffant)
- Pulpe de tamarin — un peu (acidité)
- Sucre de palme (aren) — selon disponibilité (adoucir à peine)
- Eau de source — ce qu'il faut (infusion)
Ingrédients
- Curcuma frais — 4 cm (base)
- Gingembre frais — 5 cm (piquant chaud)
- Pâte de tamarin — 1 c. à c. (acidité)
- Sucre de palme ou de canne — 1 à 2 c. à c. (facultatif) (léger adoucissant)
- Eau — 500 ml (infusion)
Préparation
- Écraser légèrement le curcuma et le gingembre épluchés.
- Les faire frémir dans l'eau une dizaine de minutes.
- Délayer le tamarin, ajouter et laisser infuser encore quelques minutes.
- Sucrer très légèrement si l'amertume est trop forte.
- Filtrer et boire bien chaud.
Comment on faisait : L'usage du curcuma et du gingembre comme remèdes contre les fièvres et les maux digestifs est attesté de longue date dans tout l'archipel malais. Faute de médecine occidentale, les combattants de la jungle s'appuyaient sur cette pharmacopée végétale ; le détail exact des préparations de la guérilla acehnaise n'est cependant pas documenté.
Le twist contemporain : Servie glacée avec une rondelle de citron vert, elle devient un « tonic jaune » rafraîchissant, cousin du jamu indonésien aujourd'hui à la mode.
Cut Nyak Dhien · Charactorium