Galette de millet et la pâte de geôle (rotika d'orge)
Une galette épaisse et rustique d'orge ou de millet, à peine salée, cuite sur une pierre chaude. Sèche, un rien amère, elle se conserve et se mange du bout des doigts dans la pénombre.
Une galette épaisse et rustique d'orge ou de millet, à peine salée, cuite sur une pierre chaude. Sèche, un rien amère, elle se conserve et se mange du bout des doigts dans la pénombre.
Ne te détourne pas de cette galette grise, voyageur. Ce fut mon pain pendant des saisons sans nombre. Le geôlier la posait à terre sans un mot : de l'orge écrasée, un peu d'eau, le sel le plus rude, cuite sur la pierre du foyer. Point de beurre, point de miel — seulement de quoi tenir debout. J'y mordais en pensant au riz parfumé de mon enfance, et je gardais la moitié, par habitude de mère, pour un enfant qu'on ne me laisserait pas garder.
- •Farine d'orge (ou millet) — deux poignées (base)
- •Eau — ce qu'il faut (liant)
- •Sel gemme — une maigre pincée (assaisonnement)
Galette de millet et la pâte de geôle (rotika d'orge)
Une galette épaisse et rustique d'orge ou de millet, à peine salée, cuite sur une pierre chaude. Sèche, un rien amère, elle se conserve et se mange du bout des doigts dans la pénombre.
Pourquoi ce plat ? Dans la prison de Kamsa, Devaki ne reçoit plus les mets raffinés de Mathura mais la nourriture frugale des geôliers : une galette grossière de céréale, sans ghee ni douceur. Ce pain pauvre, qui se garde et se transporte, raconte sa déchéance de princesse à prisonnière, et la patience d'une mère qui attend la délivrance.
Ne te détourne pas de cette galette grise, voyageur. Ce fut mon pain pendant des saisons sans nombre. Le geôlier la posait à terre sans un mot : de l'orge écrasée, un peu d'eau, le sel le plus rude, cuite sur la pierre du foyer. Point de beurre, point de miel — seulement de quoi tenir debout. J'y mordais en pensant au riz parfumé de mon enfance, et je gardais la moitié, par habitude de mère, pour un enfant qu'on ne me laisserait pas garder.
Ingrédients (version d’époque)
- Farine d'orge (ou millet) — deux poignées (base)
- Eau — ce qu'il faut (liant)
- Sel gemme — une maigre pincée (assaisonnement)
Ingrédients
- Farine d'orge ou de millet (bajra) — 150 g (base)
- Eau tiède — environ 90 ml (liant)
- Sel — 1 pincée (assaisonnement)
- Un peu de farine de blé — 2 c. à soupe (facilite le façonnage (optionnel))
Préparation
- Mélanger la farine et le sel, ajouter l'eau tiède peu à peu jusqu'à une pâte ferme et non collante.
- Pétrir 5 min puis laisser reposer 15 min sous un linge.
- Diviser en boules et les aplatir à la main ou au rouleau en galettes épaisses.
- Cuire sur une pierre ou une poêle en fonte très chaude, sans matière grasse, 2 à 3 min par face jusqu'à ce que des taches brunes apparaissent.
- Servir nature pour rester fidèle à la geôle… ou avec un peu de ghee pour adoucir l'évocation.
Comment on faisait : Avant la généralisation du blé tendre, l'orge et les millets étaient les céréales du quotidien et des pauvres dans l'Inde ancienne. Les galettes non levées, cuites sur pierre ou sur tava, se conservaient et se transportaient facilement — nourriture de prison, de voyage ou de paysan, par opposition au riz blanc des nobles.
Le twist contemporain : Servie tiède avec un trait de ghee et une pincée de sel fumé : une 'galette de l'attente' qui dit toute l'histoire en une bouchée.
Devaki · Charactorium