Dorothy Ashby est une harpiste et compositrice de jazz américaine, considérée comme l'une des pionnières ayant imposé la harpe comme instrument soliste à part entière dans le jazz. Active des années 1950 aux années 1980, elle a fusionné jazz, musiques du monde et soul.
Dorothy Ashby(1932 — 1986)
Dorothy Ashby
États-Unis
7 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née le 6 août 1932 à Détroit dans une famille de musiciens
- Publie son album phare 'Afro-Harping' en 1968, mêlant jazz, funk et sonorités exotiques
- Impose la harpe, instrument rare dans le jazz, comme instrument d'improvisation soliste
- Très demandée comme musicienne de studio dans les années 1970 (Stevie Wonder, Bill Withers)
- Décède le 13 avril 1986 à Santa Monica (Californie)
Œuvres & réalisations
Son premier album sous son nom, qui impose la harpe comme instrument soliste de jazz à part entière.
Enregistré avec le flûtiste Frank Wess pour Prestige ; un dialogue raffiné entre harpe et flûte sur des bases de hard bop.
Deuxième collaboration avec Frank Wess, confirmant sa place dans le jazz de la côte est.
Son disque le plus célèbre, produit par Richard Evans : un mélange de jazz, de funk, de soul et de sonorités africaines, très échantillonné plus tard par les producteurs de hip-hop.
Album prolongeant la veine soul-jazz d'« Afro-Harping », avec reprises de tubes de l'époque.
Œuvre la plus aventureuse : elle y chante, joue du koto et s'inspire de la poésie persane d'Omar Khayyam.
Sa participation à ce chef-d'œuvre de la soul, notamment sur « If It's Magic », illustre son statut de musicienne de studio de premier plan.
Compositions écrites pour la troupe de théâtre afro-américaine qu'elle a cofondée à Detroit avec son mari John Ashby.
Anecdotes
Dorothy Ashby aimait dire qu'elle avait trois handicaps pour percer dans le jazz : être une femme, être noire, et jouer d'un instrument que presque personne n'associait à cette musique. La harpe était alors vue comme un instrument de salon, classique et « féminin » ; elle a passé des années à convaincre le public et les musiciens qu'on pouvait swinguer avec.
Elle a grandi à Detroit dans une famille de musiciens : son père, Wiley Thompson, était guitariste de jazz et invitait souvent des musiciens à la maison. La petite Dorothy apprenait en les écoutant, et commença par le piano et le saxophone au célèbre lycée Cass Technical avant de tomber amoureuse de la harpe.
En 1970, elle enregistre « The Rubaiyat of Dorothy Ashby », un album inspiré d'un recueil de poèmes persans du Moyen Âge, le Rubaiyat d'Omar Khayyam. Sur ce disque, elle chante et joue aussi du koto, une cithare japonaise à treize cordes : un mélange audacieux de jazz, de soul et de musiques du monde, très en avance sur son temps.
On entend la harpe de Dorothy Ashby sur l'un des albums les plus célèbres de la soul : « Songs in the Key of Life » de Stevie Wonder (1976), notamment sur le morceau « If It's Magic ». Recherchée comme musicienne de studio, elle a ainsi fait entendre son instrument à des millions d'auditeurs qui ne l'auraient jamais croisée dans un club de jazz.
Avec son mari John Ashby, percussionniste et auteur, elle a fondé à Detroit une troupe de théâtre afro-américaine, les Ashby Players, pour laquelle elle composait la musique. Elle a aussi animé une émission de radio, prouvant qu'elle était autant artiste qu'entrepreneuse culturelle de sa communauté.
Sources primaires
J'avais comme trois handicaps : être une femme, être noire, et jouer d'un instrument que les gens — et surtout les musiciens — n'arrivaient pas à imaginer dans le jazz.
Premier enregistrement entièrement consacré à la harpe comme instrument soliste de jazz : Dorothy Ashby y improvise comme le ferait un saxophoniste ou un pianiste, accompagnée d'une rythmique de jazz.
Album emblématique mêlant harpe, cordes, percussions et groove funk ; il fait dialoguer le jazz avec la soul et les sonorités africaines, et reste son disque le plus écouté.
Dorothy Ashby est créditée à la harpe sur l'album, notamment sur la chanson « If It's Magic », preuve de sa reconnaissance comme musicienne de studio de premier plan.
Lieux clés
Sa ville natale, où elle grandit dans une famille de musiciens et débute sa carrière. Berceau de la Motown et capitale de la soul.
Lycée réputé pour son programme musical, où elle étudie le piano et le saxophone aux côtés de futurs grands noms du jazz de Detroit.
C'est pour le label Cadet, à Chicago, qu'elle enregistre son album le plus célèbre, « Afro-Harping », en 1968.
Elle y grave à la fin des années 1950 des albums avec le flûtiste Frank Wess, comme « Hip Harp » et « In a Minor Groove ».
Installée en Californie, elle devient une musicienne de studio recherchée pour la pop et la soul, et y meurt en 1986.
Objets typiques

Son instrument de prédilection, à 47 cordes et 7 pédales. Elle en a fait, contre tous les préjugés, un véritable instrument soliste de jazz.

Cithare japonaise à treize cordes qu'elle intègre sur l'album « The Rubaiyat of Dorothy Ashby », ouvrant le jazz aux musiques du monde.

Premier instrument étudié au lycée Cass Technical de Detroit ; il lui donne les bases d'harmonie qui nourriront son jeu de harpe.

Instrument qu'elle pratique aussi dans sa jeunesse ; son influence se sent dans sa façon d'improviser des lignes mélodiques à la harpe.

Format des albums de jazz de l'époque, sur lequel paraissent ses enregistrements comme « Afro-Harping » ou « Dorothy's Harp ».

Feuilles sur lesquelles elle écrit ses compositions et arrangements, y compris la musique pour la troupe des Ashby Players.
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Vie quotidienne
Matin
La matinée d'une harpiste professionnelle commence par de longues heures d'exercices techniques : la harpe exige un travail quotidien des doigts et des pédales. Dorothy Ashby y ajoutait l'écriture de ses arrangements et compositions.
Après-midi
L'après-midi était souvent consacré aux répétitions avec ses musiciens ou aux séances d'enregistrement en studio. Comme musicienne très demandée, elle enchaînait les sessions pour d'autres artistes de jazz, de soul et de pop.
Soir
Le soir, place aux concerts : clubs de jazz, salles de spectacle et, à Detroit, les représentations de sa troupe des Ashby Players. Transporter et accorder une grande harpe de concert faisait partie du rituel avant de monter sur scène.
Alimentation
Comme la plupart des Américains de classe moyenne de son temps, elle se nourrissait d'une cuisine quotidienne ordinaire. La vie de musicienne en tournée imposait souvent des repas pris sur le pouce, entre deux trajets et deux concerts.
Vêtements
Sur scène, elle portait des tenues élégantes, robes soignées et coiffures soignées typiques des artistes de jazz et de soul des années 1950 à 1970. En studio, la tenue était plus simple et pratique.
Habitat
Elle vit d'abord à Detroit, ville industrielle et capitale de la musique noire américaine, avant de s'installer en Californie, près de Los Angeles, pour se rapprocher des studios d'enregistrement où elle travaillait.






