Elinor Ostrom (1933-2012) est une économiste et politologue américaine. Première femme à recevoir le prix Nobel d'économie en 2009, elle a montré comment des communautés peuvent gérer durablement des ressources partagées (les « biens communs ») sans recourir ni à l'État ni au marché privé.
Elinor Ostrom(1933 — 2012)
Elinor Ostrom
États-Unis
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née le 7 août 1933 à Los Angeles, morte le 12 juin 2012 à Bloomington (Indiana)
- Publie en 1990 son ouvrage majeur Governing the Commons (La Gouvernance des biens communs)
- Reçoit en 2009 le prix Nobel d'économie, première femme à obtenir cette distinction
- Démontre que des collectivités locales peuvent gérer durablement des ressources communes par l'auto-organisation
- Cofonde avec son mari Vincent Ostrom l'« école de Bloomington » d'analyse institutionnelle
Œuvres & réalisations
Son livre le plus célèbre, qui démontre que des communautés peuvent gérer durablement des ressources partagées. Il fonde tout un champ de recherche sur les biens communs.
Centre de recherche interdisciplinaire à Bloomington, cofondé avec Vincent Ostrom, devenu un pôle international d'étude des institutions et de la gouvernance.
Ensemble de règles tirées de ses enquêtes de terrain, expliquant à quelles conditions une ressource partagée peut être gérée durablement par ses usagers.
Ouvrage présentant son cadre d'analyse (le « cadre IAD ») pour comprendre la diversité des règles et institutions humaines.
Première femme à recevoir cette distinction, pour son analyse de la gouvernance économique, en particulier des biens communs.
Elle développe l'idée d'une gouvernance « polycentrique » : plusieurs centres de décision à différents niveaux, plutôt qu'une autorité unique, pour gérer des problèmes complexes comme le climat.
Anecdotes
En 2009, Elinor Ostrom devient la première (et longtemps la seule) femme à recevoir le prix Nobel d'économie, alors qu'elle n'avait pas de doctorat en économie mais en science politique. La nouvelle la surprend tellement qu'elle pense d'abord à un canular téléphonique.
Adolescente, on lui déconseille les cours d'algèbre car elle est une fille. Elle racontera plus tard que, bègue dans son enfance, elle a rejoint l'équipe de débat de son lycée pour surmonter ses difficultés — un entraînement à l'argumentation qui servira toute sa carrière.
Pour démontrer sa thèse, elle ne s'est pas contentée de modèles théoriques : elle a parcouru le monde pour observer concrètement des pêcheurs turcs, des systèmes d'irrigation au Népal et des alpages suisses gérés en commun depuis des siècles sans s'effondrer.
Refusée par plusieurs universités pour un doctorat en économie, elle se tourne vers la science politique à UCLA. Avec son mari Vincent Ostrom, elle fonde à Bloomington un atelier de recherche resté célèbre, le « Workshop in Political Theory and Policy Analysis ».
Le magazine Time l'a classée parmi les 100 personnes les plus influentes du monde en 2012, l'année même de sa mort. Elle a continué à enseigner et écrire jusqu'à ses derniers mois, malgré un cancer.
Sources primaires
Ni l'État ni le marché n'ont systématiquement réussi à permettre aux individus de soutenir un usage productif et durable des systèmes de ressources naturelles sur le long terme.
Les usagers de ressources construisent fréquemment eux-mêmes des règles et des institutions pour gérer leurs ressources communes, contredisant l'idée que la tragédie des communs serait inévitable.
Hardin affirmait que la liberté d'accès aux communs mène à la ruine de tous ; Ostrom a montré par l'enquête de terrain que ce verdict n'était pas une loi universelle.
Le prix est attribué à Elinor Ostrom pour son analyse de la gouvernance économique, et en particulier des biens communs.
Lieux clés
Ville où Elinor Ostrom naît en 1933 et grandit pendant la Grande Dépression.
Université où elle obtient sa licence puis son doctorat en science politique, après avoir été détournée de l'économie.
Université où elle enseigne et fonde avec son mari le célèbre Workshop in Political Theory and Policy Analysis.
Ville où elle reçoit le prix Nobel d'économie en décembre 2009.
Terrain d'enquête emblématique où elle observe des systèmes d'irrigation gérés en commun par les paysans depuis des générations.
Objets typiques

Cahier où elle consignait ses observations directes sur les pêcheries, forêts et systèmes d'irrigation gérés en commun à travers le monde. Symbole de sa méthode empirique, fondée sur l'observation du réel plutôt que sur la seule théorie.

Médaille remise par l'Académie royale des sciences de Suède en 2009. Elle consacre la reconnaissance internationale de ses travaux sur la gouvernance des biens communs.

Réseaux de canaux gérés collectivement par des paysans, comme au Népal, qu'elle a étudiés en détail. Exemple concret de bien commun administré durablement par ses usagers eux-mêmes.

Synthèse des règles qu'elle a dégagées pour qu'une communauté gère durablement une ressource partagée (limites claires, sanctions graduées, résolution des conflits…). Outil théorique devenu une référence mondiale.

Outils de travail quotidiens d'une chercheuse prolifique qui a publié des centaines d'articles et plusieurs livres. Ils ont accompagné le passage de sa génération à l'informatique.
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Vie quotidienne
Matin
Universitaire infatigable, Elinor Ostrom commençait tôt, lisant des articles et préparant ses cours et séminaires. Les matinées étaient souvent consacrées à la recherche et à l'écriture dans son bureau du Workshop à Bloomington.
Après-midi
Ses après-midi mêlaient réunions avec doctorants et collègues, encadrement de recherches et débats au sein de son atelier interdisciplinaire. Elle accordait une grande importance au travail collectif et à la discussion d'égal à égal avec les étudiants.
Soir
Le soir, elle poursuivait ses lectures et sa correspondance scientifique, partageant souvent sa réflexion avec son mari Vincent, lui aussi politologue. Les soirées prolongeaient un dialogue intellectuel permanent au sein du couple.
Alimentation
Comme une universitaire américaine de la classe moyenne de son époque, son alimentation était ordinaire et sans particularité notable. Lors de ses enquêtes de terrain, elle partageait les repas des communautés qu'elle étudiait, du Népal à la Turquie.
Vêtements
Elle portait les tenues sobres et pratiques d'une professeure d'université de la seconde moitié du XXe siècle. Son apparence était discrète, conforme au milieu académique nord-américain.
Habitat
Elle vivait à Bloomington, dans l'Indiana, à proximité de l'université où elle a passé l'essentiel de sa carrière. Son foyer et son lieu de travail formaient un environnement intellectuel partagé avec son mari.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Governing the Commons: The Evolution of Institutions for Collective Action
1990
Fondation du Workshop in Political Theory and Policy Analysis
1973
Les « huit principes de conception » des communs
1990
Understanding Institutional Diversity
2005
Prix Nobel d'économie
2009
Governing the Commons (théorie de la gouvernance polycentrique)
années 1990-2000






