Amina Cachalia

Amina Cachalia

1930 — 2013

Afrique du Sud

PolitiqueSociétéXXe siècleXXe siècle — ère de la décolonisation et des luttes pour les droits civiques (1930-2013)

Militante anti-apartheid sud-africaine d'origine indienne, Amina Cachalia a consacré sa vie à la lutte contre la ségrégation raciale en Afrique du Sud. Proche de Nelson Mandela et de l'ANC, elle fut une figure du Congrès des femmes sud-africaines.

Faits marquants

  • Née en 1930 dans une famille indienne militante en Afrique du Sud
  • Membre active de l'African National Congress (ANC) et du Congrès des femmes sud-africaines dès les années 1950
  • Signataire de la Charte de la liberté (Freedom Charter) en 1955
  • Soumise à des interdictions et restrictions par le régime d'apartheid pendant des décennies
  • Décédée en 2013, saluée par Jacob Zuma comme une icône de la lutte anti-apartheid

Œuvres & réalisations

Fondation de la Fédération des femmes sud-africaines (1954)

Amina Cachalia fut l'une des fondatrices de cette organisation multiraciale pionnière. Elle contribua à la rédaction de la Charte des femmes, premier texte réclamant l'égalité des droits pour toutes les Sud-Africaines sans distinction de race.

Participation à la Campagne de désobéissance civile (1952)

Amina s'engagea dans cette résistance pacifique organisée conjointement par l'ANC et le Congrès indien, qui inspira les mouvements des droits civiques à travers le monde et renforça la coalition multiraciale anti-apartheid.

Engagement au sein du Congrès indien de Transvaal (Années 1950-1960)

Aux côtés de son mari Yusuf Cachalia, Amina travailla à mobiliser la communauté indienne d'Afrique du Sud dans la lutte commune contre l'apartheid, incarnant l'alliance stratégique entre les différentes communautés opprimées.

Mémoires et témoignages oraux (Années 2000-2010)

Dans ses dernières années, Amina Cachalia témoigna abondamment sur l'histoire de la lutte anti-apartheid, fournissant une mémoire précieuse de cette période pour les historiens et les nouvelles générations sud-africaines.

Activisme post-apartheid et engagement civique (Après 1994)

Après les premières élections démocratiques, Amina continua à s'engager dans la société civile sud-africaine pour les droits des femmes et l'égalité, veillant à ce que les idéaux de la lutte anti-apartheid soient traduits en réalités.

Anecdotes

Amina Cachalia et Nelson Mandela entretenaient une amitié profonde qui dura toute leur vie. Lorsque Mandela fut libéré en 1990 après 27 ans de prison, il rendit visite à Amina parmi ses premiers gestes en liberté. Elle témoigna que cette amitié, née dans le combat commun contre l'apartheid, avait résisté à toutes les années de séparation forcée.

En 1952, Amina participa activement à la Campagne de désobéissance civile (Defiance Campaign) aux côtés de l'ANC et du Congrès indien. Les militants refusaient délibérément d'obéir aux lois ségrégationnistes et se faisaient arrêter volontairement pour remplir les prisons et dénoncer l'injustice du régime. Amina fut parmi les nombreuses femmes qui bravèrent les interdictions en entrant dans des zones réservées aux Blancs.

Amina fut l'une des fondatrices de la Fédération des femmes sud-africaines en 1954. Cette organisation multiraciale rédigea la Charte des femmes, un texte pionnier réclamant l'égalité des droits pour toutes les femmes sans distinction de race. Ce document inspira directement la Charte de la liberté adoptée l'année suivante au Congrès du peuple de Kliptown.

Le gouvernement d'apartheid imposa à Amina Cachalia des ordres d'interdiction (banning orders) à plusieurs reprises, lui interdisant de participer à des réunions, de voyager librement et de s'exprimer publiquement. Malgré ces restrictions sévères, elle continua à soutenir le mouvement de résistance de manière discrète, en maintenant les réseaux de solidarité depuis son foyer de Johannesburg.

Issue d'une famille indienne engagée — son père Molvi I.A. Cachalia était lui-même militant — Amina épousa Yusuf Cachalia, figure majeure du Congrès indien de Transvaal. Leur foyer devint un lieu de rencontre et de résistance, fréquenté par les grandes figures de la lutte anti-apartheid. Cette double appartenance, à la communauté indienne et au mouvement multiracial de l'ANC, fit d'elle un symbole de l'unité dans la résistance.

Sources primaires

La Charte des femmes (Women's Charter) (Avril 1954)
We, the women of South Africa, wives and mothers, working women and housewives, Africans, Indians, Coloured and European women — we speak here together, for the first time united in our purpose, to tell of our aims, our desires and our feelings.
La Charte de la liberté (Freedom Charter) (26 juin 1955)
We, the People of South Africa, declare for all our country and the world to know: that South Africa belongs to all who live in it, black and white, and that no government can justly claim authority unless it is based on the will of all the people.
Déclaration du Congrès national africain sur la Campagne de désobéissance civile (1952)
The campaign is directed against unjust laws. Its immediate aims are the repeal of the pass laws, the stock limitation laws, the Group Areas Act, the Separate Representation of Voters Act, the Suppression of Communism Act and certain regulations made under the Veterinary Act.
Discours de Nelson Mandela à la libération d'Amina Cachalia (hommage funèbre) (2013)
Amina was a remarkable woman — strong, courageous and deeply committed to freedom and equality. She never wavered in her dedication to our struggle, even when subjected to banning orders and constant harassment by the apartheid government.

Lieux clés

Johannesburg, Afrique du Sud

Ville natale d'Amina Cachalia et cœur économique de l'Afrique du Sud. C'est là qu'elle grandit, milita et passa l'essentiel de sa vie, au sein d'une communauté indienne fortement engagée contre l'apartheid.

Kliptown, Soweto

Lieu où fut adopté le 26 juin 1955 la Charte de la liberté lors du Congrès du peuple, en présence de milliers de délégués de toutes races. Ce texte que défendait Amina reste le symbole de la lutte multiraciale contre l'apartheid.

Union Buildings, Pretoria

Siège du gouvernement sud-africain, devant lequel 20 000 femmes marchèrent en août 1956 pour protester contre les lois sur les laissez-passer. Cet événement majeur s'inscrit dans la lutte à laquelle Amina contribuait.

Île de Robben Island

Prison où Nelson Mandela, ami proche d'Amina, fut incarcéré pendant 18 de ses 27 années de détention. Ce lieu symbolise la séparation imposée aux militants par le régime d'apartheid.

Lenasia, Johannesburg

Quartier de Johannesburg assigné à la communauté indienne en application du Group Areas Act. Amina et sa famille y vécurent, dans une ségrégation imposée mais qui renforça aussi la solidarité communautaire.

Galerie

All Our Mothers (Rebecca Kotane), Soweto (2013) Archival ink on archival paper, Image 58x39cm, Paper 71,5x51,5 cm Edition of 6

All Our Mothers (Rebecca Kotane), Soweto (2013) Archival ink on archival paper, Image 58x39cm, Paper 71,5x51,5 cm Edition of 6

Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Suewilliamson

Voir aussi