Elizabeth Anscombe
G. E. M. Anscombe
1919 — 2001
Royaume-Uni
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Faits marquants
Œuvres & réalisations
Son œuvre majeure, fondatrice de la philosophie de l'action moderne. Anscombe y analyse la notion d'intention, distinguant action intentionnelle et comportement causalement déterminé, avec une influence considérable sur la philosophie analytique et l'éthique.
Article court mais révolutionnaire dans lequel Anscombe forge le terme 'conséquentialisme', critique les théories morales modernes et appelle à un retour à l'éthique aristotélicienne des vertus, redéfinissant l'agenda de la philosophie morale anglophone.
Introduction savante et rigoureuse au Tractatus logico-philosophicus de Wittgenstein. Ce livre demeure l'une des meilleures portes d'entrée à l'œuvre du philosophe autrichien et témoigne de la profondeur du travail d'Anscombe en tant qu'interprète.
Traduction en anglais de l'œuvre posthume majeure de Wittgenstein, réalisée à partir de ses manuscrits. Ce travail titanesque d'éditrice et de traductrice a rendu accessible au monde anglophone la philosophie du langage ordinaire de Wittgenstein.
Recueil de l'ensemble de ses articles philosophiques, couvrant la métaphysique, la philosophie de l'action, l'éthique et la philosophie de l'esprit. Constitue la référence principale pour étudier la pensée d'Anscombe dans sa globalité.
Pamphlet dans lequel Anscombe justifie son vote contre le doctorat honorifique accordé à Harry Truman, au nom de la doctrine de la guerre juste. Texte court mais d'une grande force argumentative sur la responsabilité morale des dirigeants politiques.
Anecdotes
Lors d'une conférence à Oxford dans les années 1950, Anscombe s'opposa publiquement à la décision d'accorder un doctorat honorifique à Harry Truman, président américain qui avait ordonné les bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki. Elle fut l'une des rares voix académiques à voter contre, arguant qu'honorer un homme responsable de la mort délibérée de civils innocents était moralement inacceptable.
Élève et amie proche de Ludwig Wittgenstein, Anscombe fut l'une des rares personnes à qui le philosophe autrichien faisait entièrement confiance. À la mort de Wittgenstein en 1951, il la désigna comme l'une de ses trois exécuteurs testamentaires littéraires, lui confiant la tâche immense de traduire et publier ses œuvres posthumes, dont les célèbres Investigations philosophiques.
Anscombe était connue pour sa personnalité directe et sans concession. Elle portait souvent un monocle et fumait le cigare, ce qui était particulièrement inhabituel pour une femme de son époque. En cours, elle n'hésitait pas à remettre en place les étudiants qui formulaient des arguments qu'elle jugeait insuffisamment rigoureux, parfois avec une franchise qui intimidait ses interlocuteurs.
Catholique pratiquante convaincue, Anscombe s'opposa fermement à la contraception artificielle et défendit publiquement l'encyclique Humanae Vitae de 1968. Cette position lui valut des critiques sévères, même dans les milieux catholiques progressistes. Mère de sept enfants, elle estimait que sa vie personnelle devait être cohérente avec ses convictions philosophiques et morales.
Son article de 1958, 'Modern Moral Philosophy', est considéré comme l'un des textes fondateurs de l'éthique de la vertu contemporaine. Dans cet essai, elle forgea le terme 'conséquentialisme' pour critiquer les théories morales qui justifient les actes uniquement par leurs résultats, ouvrant ainsi un débat philosophique qui structure encore aujourd'hui l'enseignement de l'éthique dans les universités du monde entier.
Sources primaires
The question 'why?' is not a request for causes; it is a request for reasons. When I ask why you did something, I am asking for your reason, not for a causal explanation of your behavior.
The concepts of obligation, and duty—moral obligation and moral duty, that is to say—and of what is morally right and wrong, and of the moral sense of 'ought', ought to be jettisoned if this is psychologically possible.
For men to choose to kill the innocent as a means to their ends is always murder, and murder is one of the worst of human actions. So that Mr. Truman's decision to use the atom bomb is objectively the decision of a mass murderer.
Causality is not the same thing as necessity. The discovery of a cause does not entail the discovery of a law-like necessity governing events.
Lieux clés
C'est à Oxford qu'Anscombe fit ses études supérieures et se convertit au catholicisme. Elle y développa les bases de sa pensée philosophique et rencontra les grands esprits analytiques de son temps.
Anscombe suivit les séminaires de Wittgenstein à Cambridge dans les années 1940 et y occupa une chaire de philosophie de 1970 à 1986, succédant à une longue lignée de penseurs analytiques. C'est là qu'elle mourut en 2001.
Anscombe se rendit plusieurs fois à Rome dans le cadre de ses réflexions sur l'éthique catholique et sa défense de l'enseignement de l'Église. Son engagement auprès des milieux intellectuels catholiques était reconnu jusqu'au Saint-Siège.
La grande bibliothèque d'Oxford fut un lieu de travail essentiel pour Anscombe lors de ses recherches et de la préparation de ses traductions et éditions des œuvres de Wittgenstein.
Ville natale d'Elizabeth Anscombe, née le 18 mars 1919. Ses origines irlandaises et son éducation catholique influencèrent durablement son rapport à la tradition et à la morale.
Objets typiques
Anscombe portait fréquemment un monocle, accessoire qui lui donnait une allure singulière dans les milieux académiques. Ce détail vestimentaire reflétait son indifférence aux conventions sociales et son caractère affirmé.
Grande fumeuse de cigares, Anscombe en allumait régulièrement lors de ses séances de travail et de ses discussions philosophiques. Ce geste, très inhabituel pour une femme de l'époque, soulignait sa volonté de ne pas se soumettre aux attentes sociales liées au genre.
En tant qu'exécutrice testamentaire de Wittgenstein, Anscombe avait accès aux carnets et manuscrits inédits du philosophe. Elle passa des années à les déchiffrer, les traduire et les préparer pour la publication, un travail d'éditrice scientifique colossal.
Catholique pratiquante, Anscombe priait quotidiennement et portait son chapelet. Sa foi était indissociable de sa réflexion philosophique sur l'éthique, la volonté et l'intention morale.
Comme la plupart des intellectuels de sa génération, Anscombe rédigeait ses articles et ouvrages à la machine à écrire. Ses textes, souvent denses et techniques, étaient le fruit d'un travail de reformulation minutieux.
Ses cours magistraux, réputés pour leur rigueur et leur densité, se déroulaient face à un tableau noir sur lequel elle décomposait ses arguments logiques. Ses étudiants la décrivaient comme une enseignante exigeante mais d'une clarté intellectuelle rare.
Programmes scolaires
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Vie quotidienne
Matin
Anscombe commençait sa journée par la messe quotidienne, pratique spirituelle centrale dans sa vie. Elle rentrait ensuite chez elle pour un petit-déjeuner simple avant de se plonger dans ses travaux de rédaction ou de traduction, généralement à sa machine à écrire, dans le calme du matin.
Après-midi
Ses après-midis étaient consacrés à l'enseignement et aux séminaires philosophiques à Oxford puis à Cambridge. Elle menait des discussions intenses avec ses étudiants et collègues, n'hésitant pas à défier les arguments qu'elle estimait insuffisamment rigoureux, parfois pendant des heures.
Soir
Le soir, Anscombe retrouvait sa famille nombreuse — elle était mère de sept enfants — partageant le repas dans une vie domestique active. Elle continuait souvent à lire et à annoter des textes philosophiques tard dans la nuit, un cigare à la main.
Alimentation
Anscombe avait une alimentation simple et peu préoccupée par les raffinements culinaires, typique de la classe intellectuelle britannique de l'après-guerre. Elle ne séparait pas les préoccupations de la table des débats philosophiques, accueillant souvent collègues et étudiants à dîner.
VĂŞtements
Elle portait des tenues pratiques et sobres, souvent sombres, peu soucieuses de la mode. Son monocle, accessoire peu commun pour une femme, et son cigare étaient ses attributs les plus reconnaissables, lui conférant une présence singulière dans les milieux académiques britanniques.
Habitat
Anscombe vécut dans des logements de style victorien et édouardien, typiques des quartiers résidentiels proches des universités d'Oxford et Cambridge. Son foyer était animé par ses sept enfants et son mari, le philosophe Peter Geach, créant une atmosphère à la fois intellectuelle et familiale.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie

Wittgenstein notes 1914
Elisabeth Anscombe

Ludwig Wittgenstein - Philosophical Investigations, 1953

Wittgenstein, Notebooks 1914-1916, illustration from 1915-06-11

Wittgenstein, Notebooks 1914-1916, illustration from 1914-11-15
Style visuel
Atmosphère austère et intellectuelle des colleges britanniques des années 1940-1970 : architecture gothique en pierre, bibliothèques sombres, lumière froide sur des notes philosophiques manuscrites, contrastes forts en noir et blanc.
Prompt IA
Black and white academic photography of mid-20th century Britain, austere stone architecture of Oxford and Cambridge colleges, Gothic revival library interiors with high ceilings and dark oak shelves, narrow leaded windows casting dramatic light on manuscript pages, a scholar in practical dark clothing with a monocle, cigar smoke curling in lamplight, dense handwritten philosophical notes on foolscap paper, a chessboard-patterned floor, Catholic devotional objects — rosary, crucifix — alongside analytical philosophy texts.
Ambiance sonore
Sons feutrés des colleges d'Oxford et Cambridge : froissement de manuscrits, cliquetis de machine à écrire, craie sur tableau noir, discussions philosophiques en salles de séminaire, et carillon d'une horloge universitaire.
Prompt IA
Quiet academic atmosphere of a 1950s Oxford or Cambridge college: the soft rustling of manuscript pages being turned, the rhythmic clacking of a typewriter, chalk scratching on a blackboard, muffled debates echoing through stone corridors, the distant chime of a university clock tower, occasional birdsong through leaded windows, the low murmur of a seminar discussion, the creak of wooden library shelves, a faint whiff of pipe tobacco in an old common room.
Source du portrait
Wikimedia Commons — CC BY-SA 3.0 — Albarluque — 2014
Aller plus loin
Références
Ĺ’uvres
Modern Moral Philosophy
1958
An Introduction to Wittgenstein's Tractatus
1959
Traduction des Recherches philosophiques de Wittgenstein (Philosophical Investigations)
1953
Collected Philosophical Papers (3 volumes)
1981
Mr Truman's Degree
1958


