Iris Murdoch
Iris Murdoch
1919 — 1999
Irlande, Royaume-Uni
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Faits marquants
Œuvres & réalisations
Premier essai philosophique majeur en langue anglaise sur Jean-Paul Sartre. Murdoch y introduit l'existentialisme français au public britannique tout en formulant ses premières critiques de la vision sartrienne du moi.
Premier roman d'Iris Murdoch, immédiatement classé parmi les meilleurs premiers romans britanniques de l'après-guerre. L'œuvre explore les thèmes du langage, de l'identité et de la liberté à travers un personnage errant dans Paris et Londres.
Roman sur une communauté laïque vivant près d'une abbaye, qui explore les tensions entre foi, sexualité, morale et hypocrisie. Considéré comme l'un de ses chefs-d'œuvre, il illustre sa méthode : mettre les grandes questions philosophiques dans des situations concrètes.
Son œuvre philosophique la plus célèbre et la plus lue, composée de trois essais. Murdoch y critique le subjectivisme moral moderne et propose une éthique fondée sur l'attention désintéressée à la réalité et la notion platonicienne du Bien.
Roman couronné par le Booker Prize. Narré par un metteur en scène à la retraite hanté par un amour de jeunesse, il explore l'obsession, l'illusion et l'incapacité à voir les autres tels qu'ils sont — thème central de toute l'œuvre de Murdoch.
Essai philosophique issu de sa leçon inaugurale à Oxford, dans lequel Murdoch examine le paradoxe de la relation de Platon à l'art. Elle y défend l'idée que la grande littérature est une forme de connaissance morale irremplaçable.
Sa grande synthèse philosophique, fruit de décennies de réflexion. Murdoch y défend une métaphysique humaniste contre le relativisme postmoderne, affirmant la réalité du bien moral et la possibilité d'une vie vertueuse.
Anecdotes
Iris Murdoch a traversé l'Europe dévastée après la Seconde Guerre mondiale en travaillant pour l'UNRRA (Administration des Nations Unies pour le secours et la réhabilitation) en Autriche et en Belgique. Elle y côtoya des milliers de réfugiés et de personnes déplacées, une expérience qui marqua profondément sa vision de la condition humaine et nourrit ses romans.
Grande amoureuse des langues, Iris Murdoch maîtrisait le français, l'allemand et le russe. Elle fut l'une des premières philosophes britanniques à lire Sartre et Simone de Beauvoir en version originale, et publia dès 1953 l'un des premiers livres en langue anglaise consacrés à Sartre, alors que l'existentialisme était encore inconnu au Royaume-Uni.
Iris Murdoch entretenait une relation passionnée avec l'écriture : elle rédigeait ses romans à la main, dans des carnets, sans jamais utiliser de machine à écrire ni d'ordinateur. Elle pouvait produire un roman entier en quelques mois, s'immergeant totalement dans ses personnages au point de pleurer à leur mort.
Atteinte de la maladie d'Alzheimer à la fin de sa vie, Iris Murdoch perdit progressivement la maîtrise du langage qui avait fait sa grandeur. Son mari, le critique littéraire John Bayley, raconta cette période dans un livre bouleversant, 'Iris', adapté au cinéma en 2001, avec Judi Dench dans le rôle principal — une interprétation qui lui valut un Oscar.
En 1978, son roman 'La Mer, la Mer' remporta le Booker Prize, la plus haute récompense littéraire britannique. Pourtant Murdoch refusa toujours de se laisser enfermer dans une étiquette : elle se considérait à la fois philosophe et romancière, deux vocations qu'elle jugeait indissociables pour explorer les grandes questions morales de son époque.
Sources primaires
Sartre's novels and plays are philosophical in a fairly obvious sense — they are written to illustrate a philosophy. But Sartre is also a novelist in a deeper sense: his philosophical writings themselves have a novelistic quality.
The foundation of morality is the same as the foundation of realism, namely the ability to perceive what is truly before one instead of what is a consoling fiction.
Je pense que la philosophie et la littérature ne sont pas deux chemins séparés vers la vérité, mais deux façons de voir la même chose — la complexité irréductible de l'être humain.
Art is the most educational thing we have, not because it teaches us facts or rules, but because it teaches us how to see. A good novel extends our knowledge of what it is to be human.
Plato feared art because art can touch the soul at its most vulnerable point, at the point where it is most deeply itself. He understood art's power better than most of its defenders.
Lieux clés
Ville natale d'Iris Murdoch, née le 15 juillet 1919. Bien qu'elle ait grandi en Angleterre, son identité irlandaise a toujours été une source d'interrogation identitaire qui traverse certains de ses romans.
Murdoch y enseigna la philosophie de 1948 à 1963. Ce cadre universitaire d'élite fut le cœur de sa vie intellectuelle, où elle forma des générations d'étudiants en philosophie morale.
Après la guerre, Murdoch travailla pour l'UNRRA en Autriche occupée, côtoyant la misère des réfugiés et les ruines de l'Europe. Cette expérience marquante nourrit sa sensibilité aux questions du mal, de la souffrance et de la responsabilité morale.
C'est à Cambridge qu'Iris Murdoch eut l'opportunité de suivre des séminaires de Wittgenstein en 1947, une rencontre intellectuelle déterminante pour sa philosophie du langage et de la conscience.
Village de campagne anglaise où Iris Murdoch et son mari John Bayley vécurent de nombreuses années dans une maison entourée d'un jardin. Ce cadre rural calme fut le lieu de la plupart de ses grandes œuvres romanesques.
Objets typiques
Iris Murdoch rédigeait tous ses romans à la main dans des carnets. Elle refusa toujours les machines à écrire et les ordinateurs, considérant que l'écriture manuscrite maintenait un lien essentiel entre la pensée et la page.
Philosophe platonicienne convaincue, Murdoch gardait toujours près d'elle des éditions annotées des dialogues de Platon. Sa pensée éthique s'appuie directement sur la notion platonicienne du Bien.
Instrument indispensable de son quotidien d'écrivaine, le stylo à encre était pour Murdoch le seul outil digne de la création littéraire, prolongement naturel de la main et de la pensée.
Iris Murdoch se déplaçait à bicyclette dans les rues d'Oxford pendant toute sa carrière d'enseignante. Cette image d'elle pédalant entre les collèges est restée emblématique dans la mémoire oxonienne.
Lectrice assidue des revues philosophiques britanniques, Murdoch y publia plusieurs articles importants et y suivait les débats sur l'éthique, la métaphysique et le langage qui animaient Oxford dans les années 1950-1970.
Iris Murdoch avait une grande admiration pour Ludwig Wittgenstein qu'elle avait brièvement côtoyé à Cambridge. Sa philosophie du langage influença sa réflexion sur les limites de ce que les mots peuvent dire de l'expérience morale.
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Vie quotidienne
Matin
Iris Murdoch se levait tôt et commençait sa journée par une longue promenade, souvent à bicyclette dans les rues d'Oxford ou dans la campagne environnante. Elle consacrait ensuite les premières heures de la matinée à l'écriture dans son carnet, avant que les obligations universitaires ne commencent.
Après-midi
Les après-midis étaient consacrés à l'enseignement et aux tutorials philosophiques avec ses étudiants de St Anne's College. Elle recevait les élèves dans son bureau encombré de livres, les interrogeant avec une rigueur bienveillante sur Platon, Kant ou les philosophes analytiques du moment.
Soir
Les soirées se passaient souvent en compagnie de son mari John Bayley et d'amis intellectuels — philosophes, écrivains, artistes — autour d'un dîner simple et de longues discussions. Elle lisait tard le soir, dans un fauteuil de cuir, avant de reprendre son carnet pour noter une idée ou un fragment de dialogue.
Alimentation
Iris Murdoch avait un rapport assez indifférent à la nourriture, préférant les repas simples et sans façon. Elle aimait le thé, bien sûr, comme tout Britannique de son époque, et appréciait les dîners conviviaux sans chercher la gastronomie — l'essentiel étant la conversation.
VĂŞtements
Murdoch s'habillait simplement, sans souci particulier pour la mode. Elle portait volontiers des vêtements pratiques — pulls de laine, jupes droites, manteaux sobres — reflétant sa personnalité studieuse et peu préoccupée par les apparences sociales.
Habitat
Elle vécut longtemps dans une maison de Steeple Aston, village de l'Oxfordshire, avec son mari John Bayley. La maison, décrite par ce dernier comme joyeusement chaotique — livres et manuscrits partout, jardin touffu —, était l'écrin parfait d'une vie entièrement dédiée à la pensée et à l'écriture.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Galerie
Transactions of the Wisconsin Academy of Sciences, Arts, and Letters
Cormac McCarthy & Stephen King , the Problem of Evil & Patristics
University of Stirling 2
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RIT NandE 1978 Feb9 Complete
Panel Iris Murdoch - Chiswick, London and Beyond (52349588537)
30 Charlbury Road, Oxford, with blue plaque to Iris Murdoch - geograph.org.uk - 8084214
Detecting Dementia Using Lexical Analysis - Terry Pratchett’s Discworld Tells a More Personal Story
Style visuel
Une esthétique britannique intellectuelle et austère : pierres dorées d'Oxford sous des ciels gris, intérieurs studieux chargés de livres, jardins anglais envahis de roses — un monde à la fois savant et profondément humain.
Prompt IA
Mid-twentieth century British academic aesthetic: muted grey English skies over honey-coloured Oxford limestone colleges, Tudor and Victorian architecture, overgrown English country gardens with roses and ivy, cluttered book-lined studies with Persian rugs, worn leather armchairs and reading lamps casting warm pools of light, black-and-white photography style reminiscent of 1950s Britain, ink-stained manuscripts, portraits in the manner of Lucian Freud, rainy London streets, earthy autumnal palette, tweed and sensible woollen clothing, a timeless intellectual atmosphere.
Ambiance sonore
Les sons feutrés d'Oxford — bibliothèques, cloches, vélos sur les pavés — mêlés au silence habité d'une maison de campagne anglaise où s'écrit, à la plume, une œuvre philosophique et romanesque.
Prompt IA
Quiet English academic environment: the soft rustle of pages turning in a stone-walled Oxford library, distant church bells marking the hours, the creak of a bicycle on cobblestones, a typewriter clacking faintly in a neighboring room, rain pattering on tall sash windows, the murmur of philosophical debate in a senior common room, the scratch of a fountain pen on paper, birdsong in an English country garden, the distant sound of a cello being practiced, and the low hum of a coal fire in a Victorian sitting room.
Source du portrait
Wikimedia Commons — domaine public — Spudgun67 — 2024
Aller plus loin
Références
Ĺ’uvres
Sartre, Romantic Rationalist
1953
Under the Net (Sous le filet)
1954
The Bell (La Cloche)
1958
The Sovereignty of Good (La Souveraineté du Bien)
1970
The Sea, the Sea (La Mer, la Mer)
1978
The Fire and the Sun: Why Plato Banished the Artists
1977
Metaphysics as a Guide to Morals
1992



