Portrait de Iris Murdoch

Iris Murdoch

Iris Murdoch

1919 — 1999

Irlande, Royaume-Uni

PhilosophieLettresPhilosopheÉcrivain(e)XXe siècle

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Faits marquants

    Œuvres & réalisations

    Sartre, Romantic Rationalist (1953)

    Premier essai philosophique majeur en langue anglaise sur Jean-Paul Sartre. Murdoch y introduit l'existentialisme français au public britannique tout en formulant ses premières critiques de la vision sartrienne du moi.

    Under the Net (Sous le filet) (1954)

    Premier roman d'Iris Murdoch, immédiatement classé parmi les meilleurs premiers romans britanniques de l'après-guerre. L'œuvre explore les thèmes du langage, de l'identité et de la liberté à travers un personnage errant dans Paris et Londres.

    The Bell (La Cloche) (1958)

    Roman sur une communauté laïque vivant près d'une abbaye, qui explore les tensions entre foi, sexualité, morale et hypocrisie. Considéré comme l'un de ses chefs-d'œuvre, il illustre sa méthode : mettre les grandes questions philosophiques dans des situations concrètes.

    The Sovereignty of Good (La Souveraineté du Bien) (1970)

    Son œuvre philosophique la plus célèbre et la plus lue, composée de trois essais. Murdoch y critique le subjectivisme moral moderne et propose une éthique fondée sur l'attention désintéressée à la réalité et la notion platonicienne du Bien.

    The Sea, the Sea (La Mer, la Mer) (1978)

    Roman couronné par le Booker Prize. Narré par un metteur en scène à la retraite hanté par un amour de jeunesse, il explore l'obsession, l'illusion et l'incapacité à voir les autres tels qu'ils sont — thème central de toute l'œuvre de Murdoch.

    The Fire and the Sun: Why Plato Banished the Artists (1977)

    Essai philosophique issu de sa leçon inaugurale à Oxford, dans lequel Murdoch examine le paradoxe de la relation de Platon à l'art. Elle y défend l'idée que la grande littérature est une forme de connaissance morale irremplaçable.

    Metaphysics as a Guide to Morals (1992)

    Sa grande synthèse philosophique, fruit de décennies de réflexion. Murdoch y défend une métaphysique humaniste contre le relativisme postmoderne, affirmant la réalité du bien moral et la possibilité d'une vie vertueuse.

    Anecdotes

    Iris Murdoch a traversé l'Europe dévastée après la Seconde Guerre mondiale en travaillant pour l'UNRRA (Administration des Nations Unies pour le secours et la réhabilitation) en Autriche et en Belgique. Elle y côtoya des milliers de réfugiés et de personnes déplacées, une expérience qui marqua profondément sa vision de la condition humaine et nourrit ses romans.

    Grande amoureuse des langues, Iris Murdoch maîtrisait le français, l'allemand et le russe. Elle fut l'une des premières philosophes britanniques à lire Sartre et Simone de Beauvoir en version originale, et publia dès 1953 l'un des premiers livres en langue anglaise consacrés à Sartre, alors que l'existentialisme était encore inconnu au Royaume-Uni.

    Iris Murdoch entretenait une relation passionnée avec l'écriture : elle rédigeait ses romans à la main, dans des carnets, sans jamais utiliser de machine à écrire ni d'ordinateur. Elle pouvait produire un roman entier en quelques mois, s'immergeant totalement dans ses personnages au point de pleurer à leur mort.

    Atteinte de la maladie d'Alzheimer à la fin de sa vie, Iris Murdoch perdit progressivement la maîtrise du langage qui avait fait sa grandeur. Son mari, le critique littéraire John Bayley, raconta cette période dans un livre bouleversant, 'Iris', adapté au cinéma en 2001, avec Judi Dench dans le rôle principal — une interprétation qui lui valut un Oscar.

    En 1978, son roman 'La Mer, la Mer' remporta le Booker Prize, la plus haute récompense littéraire britannique. Pourtant Murdoch refusa toujours de se laisser enfermer dans une étiquette : elle se considérait à la fois philosophe et romancière, deux vocations qu'elle jugeait indissociables pour explorer les grandes questions morales de son époque.

    Sources primaires

    Sartre, Romantic Rationalist (1953)
    Sartre's novels and plays are philosophical in a fairly obvious sense — they are written to illustrate a philosophy. But Sartre is also a novelist in a deeper sense: his philosophical writings themselves have a novelistic quality.
    The Sovereignty of Good (1970)
    The foundation of morality is the same as the foundation of realism, namely the ability to perceive what is truly before one instead of what is a consoling fiction.
    Lettre Ă  Raymond Queneau (correspondance personnelle) (1947)
    Je pense que la philosophie et la littérature ne sont pas deux chemins séparés vers la vérité, mais deux façons de voir la même chose — la complexité irréductible de l'être humain.
    Metaphysics as a Guide to Morals (1992)
    Art is the most educational thing we have, not because it teaches us facts or rules, but because it teaches us how to see. A good novel extends our knowledge of what it is to be human.
    The Fire and the Sun: Why Plato Banished the Artists (1977)
    Plato feared art because art can touch the soul at its most vulnerable point, at the point where it is most deeply itself. He understood art's power better than most of its defenders.

    Lieux clés

    Dublin, Irlande

    Ville natale d'Iris Murdoch, née le 15 juillet 1919. Bien qu'elle ait grandi en Angleterre, son identité irlandaise a toujours été une source d'interrogation identitaire qui traverse certains de ses romans.

    St Anne's College, Oxford

    Murdoch y enseigna la philosophie de 1948 à 1963. Ce cadre universitaire d'élite fut le cœur de sa vie intellectuelle, où elle forma des générations d'étudiants en philosophie morale.

    Vienne, Autriche

    Après la guerre, Murdoch travailla pour l'UNRRA en Autriche occupée, côtoyant la misère des réfugiés et les ruines de l'Europe. Cette expérience marquante nourrit sa sensibilité aux questions du mal, de la souffrance et de la responsabilité morale.

    Cambridge, Angleterre

    C'est à Cambridge qu'Iris Murdoch eut l'opportunité de suivre des séminaires de Wittgenstein en 1947, une rencontre intellectuelle déterminante pour sa philosophie du langage et de la conscience.

    Steeple Aston, Oxfordshire

    Village de campagne anglaise où Iris Murdoch et son mari John Bayley vécurent de nombreuses années dans une maison entourée d'un jardin. Ce cadre rural calme fut le lieu de la plupart de ses grandes œuvres romanesques.

    Objets typiques

    Carnet de notes manuscrit

    Iris Murdoch rédigeait tous ses romans à la main dans des carnets. Elle refusa toujours les machines à écrire et les ordinateurs, considérant que l'écriture manuscrite maintenait un lien essentiel entre la pensée et la page.

    Exemplaire annoté des œuvres de Platon

    Philosophe platonicienne convaincue, Murdoch gardait toujours près d'elle des éditions annotées des dialogues de Platon. Sa pensée éthique s'appuie directement sur la notion platonicienne du Bien.

    Stylo Ă  encre

    Instrument indispensable de son quotidien d'écrivaine, le stylo à encre était pour Murdoch le seul outil digne de la création littéraire, prolongement naturel de la main et de la pensée.

    Bicyclette

    Iris Murdoch se déplaçait à bicyclette dans les rues d'Oxford pendant toute sa carrière d'enseignante. Cette image d'elle pédalant entre les collèges est restée emblématique dans la mémoire oxonienne.

    Revues philosophiques (Mind, Philosophy)

    Lectrice assidue des revues philosophiques britanniques, Murdoch y publia plusieurs articles importants et y suivait les débats sur l'éthique, la métaphysique et le langage qui animaient Oxford dans les années 1950-1970.

    Portrait photographique de Wittgenstein

    Iris Murdoch avait une grande admiration pour Ludwig Wittgenstein qu'elle avait brièvement côtoyé à Cambridge. Sa philosophie du langage influença sa réflexion sur les limites de ce que les mots peuvent dire de l'expérience morale.

    Programmes scolaires

    LycéePhilosophie
    LycéeAnglais

    Vocabulaire & tags

    Vocabulaire clé

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    Iris MurdochphilosophielettresphilosophePenseurecrivainÉcrivainfeminismeFéminisme, droits des femmes

    Vie quotidienne

    Matin

    Iris Murdoch se levait tôt et commençait sa journée par une longue promenade, souvent à bicyclette dans les rues d'Oxford ou dans la campagne environnante. Elle consacrait ensuite les premières heures de la matinée à l'écriture dans son carnet, avant que les obligations universitaires ne commencent.

    Après-midi

    Les après-midis étaient consacrés à l'enseignement et aux tutorials philosophiques avec ses étudiants de St Anne's College. Elle recevait les élèves dans son bureau encombré de livres, les interrogeant avec une rigueur bienveillante sur Platon, Kant ou les philosophes analytiques du moment.

    Soir

    Les soirées se passaient souvent en compagnie de son mari John Bayley et d'amis intellectuels — philosophes, écrivains, artistes — autour d'un dîner simple et de longues discussions. Elle lisait tard le soir, dans un fauteuil de cuir, avant de reprendre son carnet pour noter une idée ou un fragment de dialogue.

    Alimentation

    Iris Murdoch avait un rapport assez indifférent à la nourriture, préférant les repas simples et sans façon. Elle aimait le thé, bien sûr, comme tout Britannique de son époque, et appréciait les dîners conviviaux sans chercher la gastronomie — l'essentiel étant la conversation.

    VĂŞtements

    Murdoch s'habillait simplement, sans souci particulier pour la mode. Elle portait volontiers des vêtements pratiques — pulls de laine, jupes droites, manteaux sobres — reflétant sa personnalité studieuse et peu préoccupée par les apparences sociales.

    Habitat

    Elle vécut longtemps dans une maison de Steeple Aston, village de l'Oxfordshire, avec son mari John Bayley. La maison, décrite par ce dernier comme joyeusement chaotique — livres et manuscrits partout, jardin touffu —, était l'écrin parfait d'une vie entièrement dédiée à la pensée et à l'écriture.

    Frise contextuelle

    1919Naissance d'Iris Murdoch à Dublin, dans une famille irlandaise protestante installée à Londres.
    1938Entrée à Somerville College, Oxford, où elle étudie les lettres classiques, l'histoire ancienne et la philosophie.
    1939Début de la Seconde Guerre mondiale : Murdoch s'engage politiquement et rejoint brièvement le Parti communiste britannique.
    1944Elle travaille au Trésor britannique à Londres pendant la guerre, gérant des dossiers administratifs liés à l'effort de guerre.
    1945Fin de la Seconde Guerre mondiale : Murdoch rejoint l'UNRRA en Autriche et en Belgique pour aider les réfugiés déplacés.
    1947Elle obtient une bourse à Cambridge pour étudier la philosophie avec Ludwig Wittgenstein, une rencontre intellectuelle décisive.
    1948Murdoch devient tutrice de philosophie à St Anne's College, Oxford — poste qu'elle occupera jusqu'en 1963.
    1953Publication de 'Sartre, Romantic Rationalist', premier ouvrage philosophique majeur en anglais sur Jean-Paul Sartre.
    1954Publication de 'Under the Net', son premier roman, immédiatement salué par la critique britannique.
    1956Mariage avec le critique littéraire et universitaire John Bayley, son compagnon jusqu'à la fin de sa vie.
    1970Publication de 'The Sovereignty of Good', son œuvre philosophique la plus influente sur l'éthique et la bonté.
    1978Son roman 'La Mer, la Mer' (The Sea, the Sea) remporte le Booker Prize, consacrant son statut de grande romancière.
    1987Iris Murdoch est faite Dame de l'Empire britannique (DBE) pour sa contribution à la littérature et à la philosophie.
    1995Diagnostic de la maladie d'Alzheimer ; elle publiera un dernier roman, 'Jackson's Dilemma', avant de perdre l'usage de l'écriture.
    1999Décès d'Iris Murdoch à Oxford le 8 février, à l'âge de 79 ans.

    Vocabulaire d'époque

    Existentialisme — Courant philosophique né en France (Sartre, Beauvoir, Camus) qui affirme que l'existence précède l'essence : l'être humain se définit par ses choix. Murdoch fut l'une des premières à introduire et critiquer cette pensée au Royaume-Uni.
    Tutorial (système oxonien) — Méthode d'enseignement propre aux universités d'Oxford et Cambridge : l'étudiant rencontre son tuteur seul ou en binôme chaque semaine pour discuter d'un essai qu'il a rédigé. Murdoch pratiqua cet enseignement intensif pendant quinze ans.
    UNRRA — United Nations Relief and Rehabilitation Administration — organisation internationale créée en 1943 pour aider les populations déplacées et les réfugiés après la Seconde Guerre mondiale. Murdoch y travailla en Autriche et en Belgique en 1945-1946.
    Philosophie analytique — Courant philosophique dominant dans les universités anglo-saxonnes du XXe siècle, qui applique des méthodes logiques et linguistiques à l'analyse des problèmes philosophiques. Murdoch dialogua avec ce courant tout en s'en distinguant par ses préoccupations morales et métaphysiques.
    Booker Prize — Prix littéraire britannique le plus prestigieux, décerné chaque année depuis 1969 au meilleur roman de langue anglaise publié au Royaume-Uni. Iris Murdoch le remporta en 1978 pour 'La Mer, la Mer'.
    Platonisme moral — Position philosophique qui affirme, à la suite de Platon, que le Bien est une réalité objective et non une simple construction subjective. Murdoch défendit cette idée contre le relativisme moral dominant dans la philosophie du XXe siècle.
    Maladie d'Alzheimer — Maladie neurodégénérative qui détruit progressivement la mémoire et les fonctions cognitives. Diagnostiquée chez Iris Murdoch en 1995, elle priva l'une des plus grandes plumes du XXe siècle de la maîtrise du langage qui avait fait toute sa vie.
    Dame Commander of the British Empire (DBE) — Titre honorifique britannique équivalent à un titre de chevalerie pour les femmes, décerné par la Couronne pour services rendus à la nation. Iris Murdoch reçut cette distinction en 1987 pour sa contribution à la littérature et à la philosophie.
    Humanisme laïc — Courant de pensée qui place l'être humain, sa dignité et sa raison au centre de toute réflexion morale, sans référence nécessaire au religieux. Murdoch en fut une représentante majeure, bien que profondément attentive à la dimension spirituelle de l'expérience humaine.

    Galerie

    
Transactions of the Wisconsin Academy of Sciences, Arts, and Letters

    Transactions of the Wisconsin Academy of Sciences, Arts, and Letters

    Cormac McCarthy & Stephen King , the Problem of Evil & Patristics

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    University of Stirling 2

    University of Stirling 2

    20201121-DSC02246

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    RIT NandE 1978 Feb9 Complete

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    Panel Iris Murdoch - Chiswick, London and Beyond (52349588537)

    Panel Iris Murdoch - Chiswick, London and Beyond (52349588537)

    30 Charlbury Road, Oxford, with blue plaque to Iris Murdoch - geograph.org.uk - 8084214

    30 Charlbury Road, Oxford, with blue plaque to Iris Murdoch - geograph.org.uk - 8084214

    Detecting Dementia Using Lexical Analysis - Terry Pratchett’s Discworld Tells a More Personal Story

    Detecting Dementia Using Lexical Analysis - Terry Pratchett’s Discworld Tells a More Personal Story

    Style visuel

    Une esthétique britannique intellectuelle et austère : pierres dorées d'Oxford sous des ciels gris, intérieurs studieux chargés de livres, jardins anglais envahis de roses — un monde à la fois savant et profondément humain.

    #C8B89A
    #4A5568
    #2D3748
    #8B7355
    #6B8E9F
    Prompt IA
    Mid-twentieth century British academic aesthetic: muted grey English skies over honey-coloured Oxford limestone colleges, Tudor and Victorian architecture, overgrown English country gardens with roses and ivy, cluttered book-lined studies with Persian rugs, worn leather armchairs and reading lamps casting warm pools of light, black-and-white photography style reminiscent of 1950s Britain, ink-stained manuscripts, portraits in the manner of Lucian Freud, rainy London streets, earthy autumnal palette, tweed and sensible woollen clothing, a timeless intellectual atmosphere.

    Ambiance sonore

    Les sons feutrés d'Oxford — bibliothèques, cloches, vélos sur les pavés — mêlés au silence habité d'une maison de campagne anglaise où s'écrit, à la plume, une œuvre philosophique et romanesque.

    Prompt IA
    Quiet English academic environment: the soft rustle of pages turning in a stone-walled Oxford library, distant church bells marking the hours, the creak of a bicycle on cobblestones, a typewriter clacking faintly in a neighboring room, rain pattering on tall sash windows, the murmur of philosophical debate in a senior common room, the scratch of a fountain pen on paper, birdsong in an English country garden, the distant sound of a cello being practiced, and the low hum of a coal fire in a Victorian sitting room.

    Source du portrait

    Wikimedia Commons — domaine public — Spudgun67 — 2024