Elsie MacGill (1905-1980) est une ingénieure aéronautique canadienne, première femme au monde à obtenir un diplôme dans cette discipline. Surnommée la « Reine des Hurricane », elle dirigea la production d'avions de chasse durant la Seconde Guerre mondiale et fut une militante féministe.
Elsie MacGill(1905 — 1980)
Elsie MacGill
Canada
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- 1927 : première femme diplômée en génie électrique de l'Université de Toronto
- 1929 : première femme au monde à obtenir un diplôme d'ingénieure aéronautique (Université du Michigan)
- Années 1938-1943 : ingénieure en chef chez Canadian Car and Foundry, elle supervise la production du chasseur Hawker Hurricane, ce qui lui vaut le surnom de « Reine des Hurricane »
- 1967-1970 : membre de la Commission royale d'enquête sur la situation de la femme au Canada
- 1971 : faite Officière de l'Ordre du Canada
Œuvres & réalisations
Première femme à obtenir ce diplôme à l'université de Toronto, ouvrant la voie aux Canadiennes dans l'ingénierie.
Première femme au monde diplômée en génie aéronautique, un domaine alors entièrement masculin.
Avion d'entraînement qu'elle conçut intégralement, faisant d'elle la première femme à concevoir un avion mis en production.
Direction technique de la fabrication de plus de mille Hurricane à Fort William, avec des adaptations pour le climat hivernal.
Biographie de sa mère, la juge Helen Gregory MacGill, témoignant de son engagement pour la mémoire des pionnières.
Contribution comme commissaire à un rapport fondateur pour l'égalité des sexes au Canada.
Anecdotes
En 1929, à l'université du Michigan, Elsie MacGill devint la première femme au monde à obtenir un diplôme de génie aéronautique. Sa mère, Helen Gregory MacGill, avait été la première femme juge de Colombie-Britannique : dans cette famille, les « premières » féminines se transmettaient comme un héritage.
La même année, elle fut frappée par la poliomyélite et dut réapprendre à marcher avec des cannes. Loin de l'arrêter, elle continua de monter à bord des avions qu'elle concevait pour les essais en vol, car elle voulait constater elle-même le comportement de chaque appareil.
En 1942, le magazine américain True Comics lui consacra une bande dessinée intitulée « Queen of the Hurricanes » (la Reine des Hurricane). Il était rare qu'une ingénieure réelle devienne l'héroïne d'un comic destiné à la jeunesse en pleine guerre.
À l'usine de Fort William, elle dirigeait une équipe de plusieurs milliers d'ouvriers et d'ouvrières qui fabriquaient des chasseurs Hawker Hurricane. Pour les adapter au climat canadien, ses équipes mirent au point des modifications comme des skis d'atterrissage et des systèmes de dégivrage permettant de décoller sur la neige.
De 1967 à 1970, elle siégea à la Commission royale d'enquête sur la situation de la femme au Canada. Ses prises de position en faveur de l'égalité salariale, des congés de maternité et de l'accès des femmes aux métiers techniques marquèrent ses dernières années de militantisme.
Sources primaires
La bande dessinée présente Elsie MacGill comme l'ingénieure en chef dirigeant la production des avions de chasse Hurricane au Canada, surnommée la « Reine des Hurricane ».
Elsie MacGill y retrace la vie de sa mère, première femme nommée juge en Colombie-Britannique, et son combat pour les droits juridiques des femmes et des enfants.
Le rapport, auquel MacGill a contribué comme commissaire, formule des recommandations sur l'égalité salariale, l'accès des femmes à l'emploi et à l'éducation.
Lieux clés
Ville natale d'Elsie MacGill, où elle grandit dans une famille engagée pour les droits des femmes.
Établissement où elle obtint en 1929 son diplôme de génie aéronautique, première femme au monde dans cette discipline.
Site de l'usine Canadian Car and Foundry où elle dirigea la conception et la production massive des chasseurs Hurricane.
Lieu de l'usine Fairchild Aircraft où elle débuta sa carrière d'ingénieure aéronautique au milieu des années 1930.
Capitale où siégea la Commission royale d'enquête sur la situation de la femme, à laquelle elle participa.
Ville où Elsie MacGill mourut en 1980.
Objets typiques

Avion de chasse britannique dont MacGill supervisa la fabrication en série au Canada pendant la guerre. Plus de mille exemplaires sortirent de son usine.

Avion d'entraînement biplan conçu par Elsie MacGill. Il fait d'elle la première femme au monde à concevoir un avion ayant été mis en production.

Instrument de calcul mécanique utilisé par les ingénieurs avant l'apparition des calculatrices. MacGill s'en servait pour ses calculs de résistance et d'aérodynamique.
📷 CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons ↗
Plan incliné équipé de règles et d'équerres sur lequel les ingénieurs traçaient les plans des appareils. C'était le poste de travail central du bureau d'études.

Après sa poliomyélite, Elsie MacGill se déplaçait à l'aide de cannes. Elles devinrent indissociables de son image d'ingénieure au travail dans les ateliers.

Patins remplaçant les roues pour permettre aux chasseurs de décoller et atterrir sur la neige. Ils faisaient partie des modifications hivernales mises au point par son équipe.
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Vie quotidienne
Matin
Pendant la guerre, sa journée commençait tôt à l'usine de Fort William, où elle traversait les ateliers à l'aide de ses cannes. Elle faisait le point sur les chaînes de montage des Hurricane et sur les problèmes techniques signalés la veille.
Après-midi
L'après-midi se passait souvent au bureau d'études, penchée sur la table à dessin, à vérifier des plans et des calculs aérodynamiques. Il lui arrivait aussi de monter à bord d'un appareil pour un vol d'essai.
Soir
Le soir, elle rédigeait des rapports techniques et, plus tard dans sa vie, des articles et des prises de position sur les droits des femmes. Elle entretenait une correspondance nourrie avec des associations féminines.
Alimentation
Son alimentation était celle d'une professionnelle canadienne urbaine du milieu du XXe siècle : repas simples, pain, viandes, légumes et thé ou café, souvent pris rapidement entre deux réunions.
Vêtements
Au travail, elle portait des tenues sobres et pratiques adaptées au milieu industriel : tailleurs, jupes et chemisiers, parfois une blouse en atelier. Ses cannes faisaient partie de sa silhouette familière.
Habitat
Elle vivait en ville, près de ses lieux de travail successifs au Québec puis en Ontario, dans des logements urbains modernes. Après la guerre, elle s'installa à Toronto où elle ouvrit son propre cabinet de conseil.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Diplôme de génie électrique (université de Toronto)
1927
Diplôme de génie aéronautique (université du Michigan)
1929
Maple Leaf Trainer II
1939
Production des chasseurs Hawker Hurricane
1939-1943
My Mother, the Judge (biographie)
1955
Travaux de la Commission royale sur la situation de la femme
1967-1970






